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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

urgence

Dans La tentation de l’Occident, Malraux fait dire à Ling, jeune chinois informant par courrier son correspondant de la grandeur de l’Orient, la phrase la plus joliment  tournée, selon moi, de la littérature française: « […]; car la suprême beauté d’une civilisation affinée, c’est une attentive inculture du moi.* » Par ce moi-là qu’il fallait mépriser selon lui, Ling n’entendait bien entendu pas ce qui existe en nous de transcendant et sur la nature duquel Ramana Maharshi nous incitait à nous pencher sans relâche, non, il voulait plutôt évoquer ce « misérable petit tas de secret » (autre tournure malraucienne), que nous cachons avec tant de ténacité et qui nous rend si narcissique, fragile et vain.

Le retour vers « l’inculture du moi » que l’Orient aurait cultivée (jusqu’à récemment encore; c’en est bien fini, aux dernières nouvelles) est indispensable pour que survive l’homme métaphysique, spirituel et transcendantal*, et il y a urgence, cette inculture étant mise chaque jour plus à mal dans notre monde globalisé - c’est-à-dire pour l'essentiel anesthésié partout par une consommation aliénante et dévoreuse du temps qu’il faudrait consacrer à la réflexion et au silence, c’est-à-dire, au fond, à la révolte.

 

 

 

 

*: La Tentation de l'Occident, Grasset, 1926, Livre de poche, p. 80)

P.S.: Dans le billet du premier juillet 2010 il était question d’un incontestable privilège.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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