Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

émerveillement

En 1906, sur le chemin de retour d’une excursion pédestre de plusieurs jours en Suisse, Hermann Hesse décide de faire un détour par un village dont le nom lui rappelle certaines choses. Peu importe lesquelles ici, et le contexte ne doit même pas être précisé pour retirer l’essence du dernier paragraphe de sa narration:

« Nous avons omis de visiter les curiosités touristiques de la région. Nous n’avons pas vu l’intérieur de l’ancien château, ni les nouveaux bâtiments avec leurs jardins, ni le paysage qui se découvre depuis le haut de la montagne. A Vaduz nous avons passé notre temps à contempler les grands poissons rouges - peut-être le bibliothécaire Leigdeber les avait-il déjà nourris - à reconnaître parmi eux le roi et sa petite couronne, à nous demander si cette silencieuse procession était une parade triomphale ou encore un cortège. »

Cette chute brillante ne demande pas de commentaire pour les lecteurs de H. Hesse qui comme Boileau écrivait merveilleusement et savait que "qui ne sut se borner ne sut jamais écrire".

Mais nous n’aurons pas cette élégance car la blogosphère n’est pas la littérature où la grâce et le style sont affaires de « soustraire plutôt qu’ajouter » (Gide). Insistons donc lourdement: En voyage, tout bouleversement de programme pour la plus insignifiante raison est bienvenu et il est bien moins nécessaire de tout voir (une préoccupation de touristes!) que de bien voir ce qui nous importe. Ne fût-ce que de vieux poissons qui ne se montrent qu’au voyageur resté immobile le temps qu’il faut pour qu’on l’oublie, et qui resteront gravés dans sa mémoire bien après que le nom même de l’étang aura été oublié. « Nous devons regarder longtemps avant de voir », disait Thoreau, cet autre contemplateur du monde.

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 24 juin 2007 il était question d’élévation.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 1

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article