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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

détournement

Réfléchir à son asservissement, voire tenter de se comprendre et de se situer, voilà sans doute des activités d'homme libre. Cet homme-là est suspect dans un monde qui doit bosser, se divertir*  et se taire.

 



* : Se divertir vient de divertere, se distraire vient de distrahere; ces deux verbes latins veulent dire détourner de soi.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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M
Sans vouloir jouer à l’arbitre au dessus de la mêlée, il me semble que nous avons là, avec Jean-Christophe et Yog deux approches du monde irréconciliables selon Fichte (commentant Kant, j’en reparlerai si l’on veut) et il faut respecter les points de vue, tout étant relatif. Mais d’abord, Jean-Christophe et Yog, j’aimerais vous remercier de la peine que vous prenez à vos contributions écrites de qualité, que ce soit pour commenter ce modeste flash ou surtout dans vos blogs de toute grande classe. En créant le mien il y a quelques semaines je ne me doutais pas qu’il conduirait si vite si loin et que j’y ferais de si belles rencontres.<br /> De retour au sujet, remarquez que je parlais moins d’asservissement que de détournement de soi. Que la liberté individuelle permettant aux corps de se déplacer et de choisir où se poser soit ou non une concession, voire une libéralité française, n’était pas mon sujet. Je suis sûrement moins bon que Jean-Christophe dans un tel débat et je le laisse à ses certitudes que je respecte (tout en doutant que les Français restent dans leurs banlieues pas choix et que nous puissions arpenter en toute liberté la presqu’île d’Antibes et les plages qui la lèchent, et cela même si nous avions réellement choisi entre la cravate à la Défense et le bonnet pashtoun au Larzac).<br /> Assagioli, disciple quelque peu dissident de Freud et inventeur de la psycho-synthèse constatait :  "[…] Mais et même beaucoup de personnes érudites ne prennent pas la peine de s’observer et de discriminer; ils dérivent à la surface du et s’identifient avec ses vagues successives, avec les contenus changeant de leur conscience*. "<br /> Il cherchait à "désidentifier ", à rendre libre de cette liberté dont parle Yog avec talent. Je ne sais si Assagioli et Yog y sont arrivés, je le souhaite.<br /> Personnellement je subodore simplement (et c’est là toute la raison de mon blog, chers amis) que pour y parvenir il faut sans doute d’abord réaliser (et plus ardu encore : admettre) que l’on est soi-même un de ces « hommes de la rue » dont parle Assagioli. Ensuite, bien se jurer que l’on ne nous y reprendra plus; cesser d’être distrait et de se "détourner de soi"; décider que la route est belle et l’appeler méditation.<br />  <br />  <br />  <br />  <br /> * : Psychosynthesis, Turnstone Press Limited, Wellingborough, 1984, p. 18
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Y
Le problème n'est pas un problème de société, mais un problème individuel. L'asservissement dont il est question, c'est celui qu'exercent sur nous les stimulis psychosensoriels. L'acte extérieur importe peu finalement, c'est l'attitude intérieure qui est importante. Car, qui ne subit pas l'assaut de ses propres pensées, de ses propres désirs et qui souffrent de ne pouvoir atteindre ses projections mentales ? La liberté ne se situe pas au niveau d'un régime politique (même si c'est important) dans ce cas présent, mais bien au niveau de son univers intérieur. La libération consiste à ne plus subir la souffrance, les désirs, les pensées. C'est devenir le maitre de sa propre maison.Lorsque les publicistes nous bombardent d'images, c'est bien un besoin qu'il crée, en sachant bien psychologiquement où il faut attaquer. Avoir soif de posséder, c'est bien subir son désir d'avoir. A-t-on besoin d'autant de choses inutiles ?Mettre fin à l'asservissement, c'est comprendre en profondeur notre conditionnement, notre fonctionnement mental, l'origine de nos désirs et la finalité de tout ça. Alors, lorsque la transformation intérieure est achevé, les attitudes extérieures changent sensiblement. Mais celui qui est libéré, ne se montre pas ou plutôt il passe inaperçu dans le tumulte de la vie quotidienne.
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J
Notre société française reste un monde de liberté ou chacun est libre de travailler, de consommer, de se divertir ou de parler. J'aime cette vie, la consomme goulûment et en suis heureux. A l'opposé, personne ne me reprocherait d'aller élever des chèvres dans le Larzac et de vivre avec trois francs six sous si l'envie m'en prenait. Y a t-il asservissement ? Je ne crois pas. En tout cas rassure toi, tu ne me parait suspect. A bientôt.
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