FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
3 Août 2026
Une légende que l’on m’a souvent répétée en Inde dit que quand le Bouddha comprit qu’il n’arriverait à rien par une trop sévère ascèse, il quitta sa place (asana) au pied de l’arbre bo et accepta le lait sucré au miel que lui offrait une bergère compatissante.
Que veut dire cette légende ?
Que l’éveil libérateur n’est pas au bout d’un chemin trop rude et qu’il vaut mieux opter, comme le Bouddha le fit, pour une voie moins extrême que celle qu’il avait d’abord choisie, une voie faite d’indéfectible volonté certes, mais aussi d’une certaine élégante désinvolture?
Ou qu’il ne faudrait pas être trop radical en refusant sa propre libération tant que l’on ne sera pas parvenu à libérer tout le vivant (comme prétend le faire le bodhisattva selon le bouddhisme mahayana) ?
Ou encore que c’est parce que le Bouddha avait compris au pied de cet arbre* de Bodhgaya, que venant de se libérer, le vivant l’était aussi (toute conscience du monde étant le monde), et qu'il pouvait donc considérer son boulot comme terminé (la version theravada de l’éveillé, appelé arhat) et boire l'élixir offert?
* : Une branche fut amenée au Sri lanka, à Anuradhapura, où celle-ci s’enracina et donne le plus bel arbre au monde, encore fêté à chaque pleine lune de mai.
P. S. : Précisément, dans le billet du 3 août 2008 on évoquait cette posture assise prônée par tout l’Orient : aventure.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog