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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

réalisation

L'Orient a longtemps pensé (depuis le sixième siècle avant Jésus Christ en fait, siècle qui constitue ce que d'aucuns ont appelé la période axiale de l'humanité) que la non-souffrance réside dans le non-désir. L'Occident, lui, ne s'est construit une philosophie claire que beaucoup plus tard. Il s'est mis à penser qu'au contraire le bonheur est dans l'assouvissement des désirs et dans la liberté de les réaliser.
Il semblerait que seule la méditation (une invention de l'Orient) permette d'accéder à la découverte (par les Occidentaux) ou à la redécouverte (par les Orientaux) que la souffrance vient bien du désir (une vérité sans doute intemporelle et universelle, énoncée avec la plus grande perfection par le Bouddha).
Méditer permettrait de considérer enfin le non-assouvissement du désir comme une action positive, de l'ordre de la sagesse plutôt que de la punition. Ce n'est pas rien ce changement de perspective.




P.S.: Le billet du 19 décembre 2007, très philosophique, parlait d'inclusion.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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S
merci geshooku pour ce témoignage, j'ai cru devenir folle il y a 3 ans quand j'ai rencontré Jésus devant moi, après une retraite dans un centre boudhiste. Ma vie a basculé ce jour de novembre où tout est devenu clair et surtout simple. Chaque jour de ma vie depuis, je médite en le laissant prendre toute la place. Ce n'est pas toujours facile, mais la vie elle l'est. Mes rapports avec mon mari, mes enfants et mes collègues sont pacifiés. Mais le plus surprenant, c'est que depuis que je médite ainsi (en étant passer par le zazen pendant 12 ans qui m'a énormément appris) je suis dans l'action et surtout en vérité : je ne laisse passer aucune injustice, aucun humiliation, vis à vis d'un étranger ou d'un proche. Nous sommes bien les mains de Dieu pour parfaire sa création. Et merci à Jean pour son éclairage.
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J
Je ne suis pas catholique .Mais je comprends totalement ce que propose Geshooku .Sa méditation est très différente de la mienne , mais au delà des différences apparentes , on peut faire de grands rapprochements .Avant d'aller plus loin , avant de rejeter comme vous le faites , il faut d'abord réfléchir , au dela des formes de méditations différentes selon les religions  , à ce qu'est l'essence de la méditation dans toutes les religions .Il y a de nombreux objectifs .La méditation doit d'abord nous faire prendre conscience de l'imperfection de notre savoir , de notre façon de voir la vie .La méditation , dans un premier temps nous fait prendre conscience de tounos conditionnements dus à nottre societe , à notre éducation .Puis , une fois que nous avons pris la mesure de nos limitations , voir le fossé entre ce que nous sommes et ce que nous pourrions être , essayer de guérir .Dans les voies dualistes comme le chrisuianisme , on fait appel à un repère , à un être humain déifié .Quand Geshooku dit que méditer c'est laisser Jésus entrer dans son coeur  , lui laisser prendre toute la place , il veut dire que son égo limité , son jugement faussé , il les rejete , se met en position d'élimination de son égo .Qu'il a l'humilité de se dissoudre devant l'Absolu .Vous faites souvent référence aux Orientaux .Ne voyez vous pas qu'au dela de différences apparentes Geshooku fait ce que demandent les orientaux ?Quand Geshooku aide son prochain , ne voyez vous pas qu'il suit la démarche orientale de ceux qui veulent se libérer de l'égoisme , de l'attachement au monde extérieur ?Quand Geshooku se sera effacé devant son Jésus , que restera t il en lui ?Le SILENCE , l'Absolu .Le vrai silence !Celui dont vous parlez beaucoup !Si Geshooku va au terme  de sa démarche , il  ne parlera pas de ce silence , il le VIVRA .
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M
<br /> Beaucoup de sagesse dans votre éclairage. Merci.<br /> <br /> <br />
G
MEDITER c'est tout simplement laisser JESUS entrer en nous pour lui laisser toute la place. Dès lors la vie est simple, et l'action prend forme. Nous sommes les mains de Dieu, la méditation n'a pas de limite ni de champ. Travailler, aider son prochain, s'investistir dans notre société : tout cela est MEDITATION, tout cela nous permet de laisser agir JESUS en nous pour toucher l'autre.
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M
<br /> Des définitions qui ne sont pas les miennes, surtout quand tu fais référence à "Jésus". Désolé.<br /> <br /> <br />
M
Cette opposition Orient-Occident me paraît un peu forcée. Les anciens philosophes grecs n'étaient pas si éloignés que cela de leurs homologues indiens - je pense à Epicure, notamment, ou aux sceptiques. Et tous les penseurs indiens ne sont pas des promoteurs de l'ascétisme (par exemple, Kautilya, ou encore l'auteur des Kama-sutra, ou les rédacterurs anonymes de certains tantras).
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M
<br /> - C'est exact.<br /> - Epicure et tout d'abord Pythagore, le plus Indien des philosophes grecs. N'oublions pas non plus qu'il n'a pas fallu attendre Alexandre pour que les deux mondes se connaissent...<br /> - En Inde, bien sûr aussi que tous les Indiens ne sont pas ascètes.<br /> - Je suggérais des lignes de force, des tendances. Mais la caricature est à éviter. "Rien de trop" (médev agan), ou encore "de la mesure en toutes choses", disaient les Grecs.<br /> <br /> <br />
A
A son zénith le désir est sans ombre...Miditation...
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A
Il y a ce que les diverses philosophies(occidentales ou orientales...) enseignent, et il y a l'expérience. Je crois que c'est par l'expérience intime qu'on dé-couvre la validité ou l'invalidité des "savoirs"et des théories, quelles qu'elles soient;Ceçi dit, on de découvre jamais que ce qu'on est réellement prêt à "dé-couvrir", que cela soit en soi, ou hors soi...:-)
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M
<br /> Entièrement d'accord avec toi.<br /> <br /> <br />
.
On vantait à Zarathoustra un sage que l’on disait savant à parler du sommeil et de la vertu, et, à cause de cela, comblé d’honneurs et de récompenses, entouré de tous les jeunes gens qui se pressaient autour de sa chaire magistrale. C’est chez lui que se rendit Zarathoustra et, avec tous les jeunes gens, il s’assit devant sa chaire. Et le sage parla ainsi : Ayez en honneur le sommeil et respectez-le ! C’est la chose première. Et évitez tous ceux qui dorment mal et qui sont éveillés la nuit ! Le voleur lui-même a honte en présence du sommeil. Son pas se glisse toujours silencieux dans la nuit. Mais le veilleur de nuit est impudent et impudemment il porte son cor. Ce n’est pas une petite chose que de savoir dormir : il faut savoir veiller tout le jour pour pouvoir bien dormir. Dix fois dans la journée il faut que tu te surmontes toi-même : c’est la preuve d’une bonne fatigue et c’est un pavot pour l’âme. Dix fois il faut te réconcilier avec toi-même ; car s’il est amer de se surmonter, celui qui n’est pas réconcilié dort mal. Il te faut trouver dix vérités durant le jour ; autrement tu chercheras des vérités durant la nuit et ton âme restera affamée. Dix fois dans la journée il te faut rire et être joyeux : autrement tu seras dérangé la nuit par ton estomac, ce père de l’affliction. Peu de gens savent cela, mais il faut avoir toutes les vertus pour bien dormir. Porterai-je un faux témoignage ? Commettrai-je un adultère ? Convoiterai-je la servante de mon prochain ? Tout cela s’accorderait mal avec un bon sommeil. Et si l’on possède même toutes les vertus, il faut s’entendre à une chose : envoyer dormir à temps les vertus elles-mêmes. Il ne faut pas qu’elles se disputent entre elles, les gentilles petites femmes ! et encore à cause de toi, malheureux ! Paix avec Dieu et le prochain, ainsi le veut le bon sommeil. Et paix encore avec le diable du voisin. Autrement il te hantera de nuit. Honneur et obéissance à l’autorité, et même à l’autorité boiteuse ! Ainsi le veut le bon sommeil. Est-ce ma faute, si le pouvoir aime à marcher sur des jambes boiteuses ? Celui qui mène paître ses brebis sur la verte prairie sera toujours pour moi le meilleur berger : ainsi le veut le bon sommeil. Je ne veux ni beaucoup d’honneurs, ni de grands trésors : cela fait trop de bile. Mais on dort mal sans un bon renom et un petit trésor. J’aime mieux recevoir une petite société qu’une société méchante : pourtant il faut qu’elle arrive et qu’elle parte au bon moment : ainsi le veut le bon sommeil. Je prends grand plaisir aussi aux pauvres d’esprit : ils accélèrent le sommeil. Ils sont bienheureux, surtout quand on leur donne toujours raison. Ainsi s’écoule le jour pour les vertueux. Quand vient la nuit je me garde bien d’appeler le sommeil ! Il ne veut pas être appelé, lui qui est le maître des vertus ! Mais je pense à ce que j’ai fait et pensé dans la journée. En ruminant mes pensées je m’interroge avec la patience d’une vache, et je me demande : quelles furent donc tes dix victoires sur toi-même ? Et quels furent les dix réconciliations, et les dix vérités, et les dix éclats de rire dont ton cœur s’est régalé ? En considérant cela, bercé de quarante pensées, soudain le sommeil s’empare de moi, le sommeil que je n’ai point appelé, le maître des vertus. Le sommeil me frappe sur les yeux, et mes yeux s’alourdissent. Le sommeil me touche la bouche, et ma bouche reste ouverte. En vérité, il se glisse chez moi d’un pied léger, le voleur que je préfère, il me vole mes pensées : j’en reste là debout, tout bête comme ce pupitre. Mais je ne suis pas debout longtemps que déjà je m’étends. – Lorsque Zarathoustra entendit ainsi parler le sage, il se mit à rire dans son cœur : car une lumière s’était levée en lui. Et il parla ainsi à son cœur et il lui dit : Ce sage me semble fou avec ses quarante pensées : mais je crois qu’il entend bien le sommeil. Bienheureux déjà celui qui habite auprès de ce sage ! Un tel sommeil est contagieux, même à travers un mur épais. Un charme se dégage même de sa chaire magistrale. Et ce n’est pas en vain que les jeunes gens étaient assis au pied du prédicateur de la vertu. Sa sagesse dit : veiller pour dormir. Et, en vérité, si la vie n’avait pas de sens et s’il fallait que je choisisse un non-sens, ce non-sens-là me semblerait le plus digne de mon choix. Maintenant je comprends ce que jadis on cherchait avant tout, lorsque l’on cherchait des maîtres de la vertu. C’est un bon sommeil que l’on cherchait et des vertus couronnées de pavots ! Pour tous ces sages de la chaire, ces sages tant vantés, la sagesse était le sommeil sans rêve : ils ne connaissaient pas de meilleur sens de la vie. De nos jours encore il y en a bien quelques autres qui ressemblent à ce prédicateur de la vertu, et ils ne sont pas toujours aussi honnêtes que lui : mais leur temps est passé. Ils ne seront pas debout longtemps que déjà ils seront étendus. Bienheureux les assoupis : car ils s’endormiront bientôt. – Ainsi parlait Zarathoustra.
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M
<br /> Mais qu'en est-il du voleur que tu préfères, toi?<br /> <br /> <br />
K
Quant à Bouddha, il a vite compris ( la voie du "milieu"), qu'il y a des désirs qu'il faut assouvir, ne serait-ce que les désir d'ordre naturel (  manger, dormir, etc...).
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M
<br /> Il aurait mis 49 jours (si je me souviens bien) pour sortir de son jeûne au pied du bodhi tree et manger le kheer que lui proposait une paysanne. L'éveil lui serait venu alors,<br /> lorsqu'il a abandonné consciemment et inconsciemment le désir d'atteindre l'éveil. Tout serait là...<br /> <br /> <br />
K
Je ne pense pas que les "philosophies orientales", enseignent le non-désir. Elles insistent plutôt sur le non désir de la "posséssion"......Elles ne vous disent pas de "ne pas désirer", car sans désir, nulle vie. La vie elle même se fortfie du désir, l'absence de ce dernièr mène tout droit à toutes sorte de dépressions et pour en finir au suicide. La pensée "orientale", vous enseigne simplement la finitude, et les dangers de vouloir posseder tout et à tout prix. Et c'est fondamentalement différent.
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M
<br /> D'où tiens-tu cela, cher ami? Peut-être ce serait bien de relire par exemple la deuxième noble vérité du Bouddha et ce que Patanjali dit du contentement (santosha).<br /> <br /> <br />
A
Mediter, entrer en soi, au plus profond pour "dé-couvrir" l'essence même du désir, ce n'est en rien le castrer de sa joie, ni du plaisir, c'est seulement dé-couvrir ce que nous sommes fondamentalement.C'est dé-couvrir aussi l'incandescence originelle qui le fonde, et la pleinitude d'Etre. A partir de LA, le désir, le plaisir ne sont que de tres pales reflets que l'on abandonne volontier.Un changement de perspective? Pas seulement! Un changement de paradigme....
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M
<br /> Changement de perspective, changement de paradigme...<br /> <br /> <br />