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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

dédramatisation

La mort ne serait rien. C’est d’être né qu’il faudrait se plaindre. Et se libérer.
La démarche méditative ne vise peut-être à rien d’autre qu’à cela. Celui qui la pratique et qui, en plus, se donne sans trop compter pour en rendre les à-côtés supportables, celui-là sans doute est bien parti.




P.S.: Dans le billet du 8 janvier 2007 je faisais part de mon inquiétude quant à l’évolution du climat.
Depuis lors le GIEC (IPCC en anglais) et Mr Gore ont reçu le plus beau de Nobel. Merveilleux! Mais hormis les mots (Paris, Valence, Stockholm, Nusa Dua, etc...), qu’a-t-on fait pour les maux?
Aujourd’hui, 8 janvier 2008, il fait 9 degrés à hauteur de la capitale de l’Europe. Le printemps est dans l'air, les bulbes pointent le nez. Cette dramatisation vieille d'un an n'est-elle plus pertinente?
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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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J
"C’est d’être né qu’il faudrait se plaindre. Et se libérer."J'aimerais tellement trouver les mots qui pourraient aider à comprendre la portée dramatique de ce choix métaphysique...Ce n'est pas la seule voie aussi,  je t'en conjure Marc, laisse la porte un tout petit peu entrebaillée à ce que j'avance.La vie est éternelle. On ne peut que l'aimer.Il ne s'agit pas d'aimer tout; mais la vie, distincte de ses modalités, ou plus exactement, l'existence.Bouddha a réduit l'existence à la souffrance, et voulant se défaire de l'une, il a cru bon de se défaire de l'autre...Arrache t-on une tête à cause d'un mal de dent ?
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M
Le Bouddha, cher Joruri, n'a pas fait que dénoncer la vie comme étant souffrance, il a aussi proposé un moyen d'en sortir (après avoir déniché la cause de cette souffrance: une argumentation de la plus haute lucidité)... non de la vie, mais de la souffrance. Cela dit, il y a une vraie originalité dans la pensée orientale: on n'y glorifie pas trop ce que l'on considère comme étant fait de bien peu d'amour au fond: la vie. (En Inde, ce qui est terrible dans la mort c'est même qu'elle implique une renaissance.) [Mais ne retrouve-t-on pas ces récriminations ailleurs aussi? Quelques pistes: « L'homme enfanté par la femme est bref de jours et gorgé de tracas. »(Job, 14, 1-2) « Quand nous venons au monde, nous pleurons d'être entrés sur cette grande scène de fous. »(Shakespeare. Le Roi Lear)  « La seule chose incompréhensible pour notre vision anthropomorphique du bien et du mal, c'est que cette biosphère soit un immense charnier où chaque espèce se nourrit de la souffrance, de la mort et de la chair d'autres espèces, le plus naturellement du monde. »(La vie antérieure, Henri Laborit, p. 262, Grasset)]  Merci beaucoup pour ta sollicitude, qui me touche.
T
La pertinence de cette reflexion n'est pas a démontrer, il faut viser haut, nous pauvres petits êtres dans un monde dirigé par d'autres petits qui ont eux ce que nous nous n'avons guere: argent, pouvoir..Mais nous sommes bien plus qu'eux! alors rebelons nous.Maintes revolutions par le passé ont fait change les choses et pourquoi pas celle des petits?
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M
En effet. Merci pour votre réflexion. Commençons tout de suite.
L
- Je me souviens d'un lama expliquant qu'il fallait faire attention à ne pas s'emporter lorsqu'on défend une cause (les écologistes aussi peuvent être trop passionnés).  Je me souviens aussi de lui me racontant une des vies de bouddha. Il aurait tué le conducteur du bateau à bord duquel il était car celui-ci projetait de tuer tous les passagers du bateau (le bouddha prenant alors sur lui le karma négatif). Comment faire la part des choses? - Alors que la vie doit être respectée, j'en arrive parfois presque à croire que le suicide devient respectable dans le contexte de destruction du monde par la masse d'hommes. Faire une grève de la faim pour proposer aux autres de moins manger pour que leurs enfants aient encore un peu?  - Oui, mais il ne faut pas essayer d’agir sur les autres, de changer les autres.  - Faudrait-il alors contempler la destruction de l’homme par l’homme et la maximalisation de la souffrance qui va avec ? Tous cela est très triste et très désemparant.
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M
Merci pour votre contribution.Comment faire la part des choses? L’équivalent en termes d’écologie de la métaphore de ce lama, n’est-ce pas un bateau qui va sombrer parce que chacun le saborde? Le dénoncer est déjà mieux que rien - tout silence ici est coupable. Mais c’est vrai aussi qu’il faut agir - vite, efficacement, mais sans violence, c’est entendu.Quant à ce pessimisme dont vous parlez, j’ai tenté de l’évoquer et d’en évaluer les conséquences dans ce billet intitulé: fin de nous.