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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

soudaineté

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Ne pas nettoyer le miroir (comme Shen-hsiu), mais casser la vitre (comme Hui-neng)*.




*: Hui-neng, le sixième patriarche du bouddhisme, avait raison, me semble-t-il. Cette fulgurance lui doit beaucoup. Pour ceux qui réservent leur opinion sur ce point, voici de quoi étoffer (étouffer, diront certains) leur réflexion:
1) D’abord relire ce billet précédent et éventuellement ses très instructifs commentaires.
2) Ce dilemne est fort important pour le méditant: le chemin de l’éveil au réel est-il celui de l’effort, de « l’être-Soi » ou du « non effort »?
Effort :
Le maître Shen-hsiu (école dite du Nord ou encore du « faire quelque chose ») enseignait que la triple discipline (un concept dont il était l’inventeur) était faite de précepte (sila), de méditation (dhyana) et de connaissance transcendantale (prajna). Pour lui, le précepte consistait à ne pas faire de mal; la connaissance, à faire tout ce qui est bon et la méditation, à purifier le mental.
Être-Soi :
Hui-neng  répondit à Chi-ch'eng (un disciple de Shen-hsiu) qui lui expliquait ce qui précède que le Mental (considéré par lui comme « Soi-être ») était exempt de toute impureté, et que chaque pensée en réalité était donc de l'ordre de la connaissance transcendantale. Il ajouta qu’on était éveillé à ce « Soi-être » de façon abrupte et qu’il n’y avait rien de tel qu’une réalisation graduelle. (D’où la suggestion dans la fulgurance introductive de casser la vitre plutôt que de l'épousseter.)
Non-effort :
D. T. Suzuki mentionne aussi une troisième conception ou école (dite du « non effort ») qui interprétait la triple discipline de la façon suivante: « Quand les pensées fausses ne viennent pas, c’est le précepte; quand les pensées fausses n’adviennent plus, c’est la méditation; quand la non-existence des pensées fausses est perçue, c’est la connaissance transcendantale. »
Tout ceci est fortement résumé. Je me suis inspiré essentiellement de l’ouvrage de D. T. Suzuki The Zen Doctrine of No-Mind (Rider & Company, London, 1969), pour détailler cette fulgurance concise et par trop sibylline.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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M
Intéressant de mettre en parallèle l'école du Sud et l'école du Nord... effectivement, Shen-Hsiu présente l'esprit tel un miroir qui s'il est parfaitement net ne reflètera que la Buddhi (on pourrait dire le Mental "supérieur"). C'est donc, à mon sens, un appel à la vigilance requise lors de l'assise dans le but (et l'effort) de ne pas agiter l'esprit (de ne pas laisser vagabonder le mental "inférieur")...Le point de vue, très net à mon sens, de Houei Neng laisse entendre que rien n'existe fondamentalement... le véritable esprit est non-esprit et comme tel ne peut être considéré comme objet de pensée, ou de "réflexion"... Ainsi peut-il dire :"... quand vous êtes engagé dans la réalisation du Soi, ne vous laissez plus entraîner dans des discussions. Si vous débattez sur ce qui précède ou ce qui va suivre, vous vous conduisez comme une personne aveuglée par l'illusion, vous n'êtes pas libéré du gain et de la perte, vous aggravez votre égotisme..."Je laisse bien sûr cet énoncé au grand Maître du Tch'an...  cependant il résonne en mes sens bien plus que le précédent...Très chaleureusement.
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M
Un écho est-il jamais fortuit?Merci, Muttifree, pour ta belle réflexion.Amitiés.