FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
4 Octobre 2007
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Ne pas nettoyer le miroir (comme Shen-hsiu), mais casser la vitre (comme Hui-neng)*.
*: Hui-neng, le sixième patriarche du bouddhisme, avait raison, me semble-t-il. Cette fulgurance lui doit beaucoup. Pour ceux qui réservent leur opinion sur ce point, voici de quoi étoffer
(étouffer, diront certains) leur réflexion:
1) D’abord relire ce billet précédent et éventuellement ses très instructifs commentaires.
2) Ce dilemne est fort important pour le méditant: le chemin de l’éveil au réel est-il celui de l’effort, de « l’être-Soi » ou du « non effort »?
Effort :
Le maître Shen-hsiu (école dite du Nord ou encore du « faire quelque chose ») enseignait que la triple discipline (un concept dont il était l’inventeur) était faite de précepte
(sila), de méditation (dhyana) et de connaissance transcendantale (prajna). Pour lui, le précepte consistait à ne pas faire de mal; la
connaissance, à faire tout ce qui est bon et la méditation, à purifier le mental.
Être-Soi :
Hui-neng répondit à Chi-ch'eng (un disciple de Shen-hsiu) qui lui expliquait ce qui précède que le Mental (considéré par lui comme « Soi-être ») était
exempt de toute impureté, et que chaque pensée en réalité était donc de l'ordre de la connaissance transcendantale. Il ajouta qu’on était éveillé à ce « Soi-être » de façon abrupte et
qu’il n’y avait rien de tel qu’une réalisation graduelle. (D’où la suggestion dans la fulgurance introductive de casser la vitre plutôt que de l'épousseter.)
Non-effort :
D. T. Suzuki mentionne aussi une troisième conception ou école (dite du « non effort ») qui interprétait la triple discipline de la façon suivante: « Quand les pensées fausses ne
viennent pas, c’est le précepte; quand les pensées fausses n’adviennent plus, c’est la méditation; quand la non-existence des pensées fausses est perçue, c’est la connaissance
transcendantale. »
Tout ceci est fortement résumé. Je me suis inspiré essentiellement de l’ouvrage de D. T. Suzuki The Zen Doctrine of No-Mind (Rider & Company, London, 1969), pour détailler cette
fulgurance concise et par trop sibylline.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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