FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
9 Mars 2021
Le temps semble nous manquer de plus en plus quand nous avançons en âge. Puis arrive une époque où nous n’avons plus aucun doute : le temps est précieux. Nous vivons alors avec ce regret constant de ne plus être insoucieux et non comptable des heures, comme ce fut le cas longtemps dans nos vies. Mais ça c’était « avant ».
Si l’aménagement de l'espace (épuré, propre, lumineux, rangé) et la gestion journalière du temps sont des aides précieuses pour bien vivre lorsque la vie se fait plus calme, cela n’élimine pas totalement cette sourde angoisse qui nous habite alors, car on sait de façon lancinante que nos jours sont comptés et que, un peu comme Évariste Gallois jetant des formules mathématiques sur papier la veille d’un duel, nous avons envie de crier « je n’ai pas le temps, je n’ai pas le temps... » Il nous reste encore tant à créer et tout à comprendre de cette vie avant de le quitter.
Le seul moment où cette impression s’estompe, c’est peut-être quand on s’assied en silence. Alors, ce goût de regret disparaît pour un temps, si l’on peut dire. Et l’on se sent reprendre son souffle, ne plus se précipiter, ne plus courir après le temps, mais bien cheminer avec lui. Chaque respiration est celle d’un seconde qui ne passe plus inaperçue, une seconde que l’on déguste à fond et qui dure dix mille ans.
S’asseoir en silence, c’est en avoir pour son argent de cette vie si précieuse, c’est en faire usage, tout simplement.
P. S. : Dans le billet du 9 mars 2016 il était question d’une série d’erreurs.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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