FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
Tout le monde court et personne n’a jamais l’impression d’arriver.Le méditant est l’essoufflé* qui dit: « Maintenant c’est fini, vous ne m’aurez pas pour une longueur de plus! » *: Cioran disait que « méditer est un aveu d’essoufflement ». (Aveux et Anathèmes,...
Ne rien faire est inutile, pense l’homme d’action.Qu’en pense celui qui se délecte de fermer les yeux, même au soleil, laissant à d’autres le soin de s’agiter sous prétexte de construire?
La différence qu’il y a entre un beau nuage et un nuage quelconque serait exactement celle qu’il y a entre l’attention et le regard distrait, entre le silence de la conscience et le chaos de la pensée.
Peut-être devrions-nous prendre la vie comme il faut prendre les pépins d’orange tombés sur le sol: ne pas essayer de les attraper « en force », mais simplement les toucher du doigt pour qu’ils y collent.
Le passé et le futur seraient contenus dans le présent. Il n’y aurait ni passé ni futur s’il n’y avait l’instant présent pour raviver le premier et imaginer le second - jusqu’à les recréer. Le présent serait la seule réalité.
Combien de temps s’asseoir en méditation?L’assise méditative s’inscrit-elle dans une perspective temporelle? N’est-ce pas par essence une non-activité? Alors comment une non-activité pourrait-elle être chronométrée? Le temps et l’activité ne sont-ils...
Arrivera un moment dans notre vie où nous émettrons notre dernière pensée. (Osons espérer que ce sera du calibre du « Ram, Ah Ram », de Gandhiji.) N’est-il pas hallucinant de considérer qu’on peut l'exhaler à tout moment, celle qui est déjà écrite dans...
1/4 L’extase serait un début, pas un but. Il faudrait l’assimiler, et cette assimilation serait le pont qu’il faudrait constamment établir entre deux réalités, l’une dans laquelle on est né, l’autre à laquelle on est né.
Chercheurs du chemin, le but est peut-être le chemin, le chemin est peut-être un non-chemin, le non-chemin est peut-être le non-chercheur.
1/3Et si dans le premier temps de la méditation, nous préparions le mental pour qu’il puisse tirer parti de l’ordre infiniment doux que nous lui donnerions au moment venu: maintenant fais ce que tu veux, pense ce que tu veux. (Ecrit à j-4 avant le "blackin"...
Aux silences de l’écoute et de l’observation, l’Occident a préféré le vacarme du « moi, je» et l’agitation du « moi d’abord ».L’Occident court sans avoir appris à marcher. Et il a pris le chemin du précipice.
La méditation: la respiration du ventre.
N’exister que par le regard du monde extérieur ou alors, être. Être depuis le centre de soi.
Le mental est le problème, il n’est pas la solution, ce serait trop facile. Le non-mental serait la solution.
Loin de l’empressement ou de la torpeur, méditer, c’est être dans le temps de soi-même. En phase avec l’univers.
Le leitmotiv du méditant: toujours moins. Moins de désirs, moins de pensées, moins de moi*. Méditer serait une épuration. *: Le moi crée sa continuité et donc le temps; le temps est à l’origine du désir, lui-même cause de la souffrance.
Transcender le paradoxe suivant: ne rien faire tout en vivant l’acte d’être assis. Faire de l’assise une non-assise, faire d’une action une non-action, faire ce qui est ne rien faire.
N’avoir pas de certitudes, même pas celle de n’avoir pas de certitudes.
Dans le silenceil y a les réponsesà toutes les questionsque l'on ne désire pas poser. (Ajouté sur le même support, quelques respirations plus tard)
Soudain le mental s’arrête. Et quand il se remet en marche, sa première activité est de constater que c’est comme une éternité qui vient de passer, alors que sur la montre - invention du mental - seulement quelques unités de cette sorte-là de temps se...
Tout problème mal posé est un ajournement de sa réponse.Toute pensée est un ajournement du silence.
Dans la toujours trop grande mesure où la comparaison est pertinente, tout le monde "nous" est supérieur. Qui pourrait être moins encore que personne (a no-body)?
Ne plus retourner au souffle ni aux battements de cœur. N’avoir aucune racine ni aucun abri pour les pensées.
1/3 Méditant, il n’y aurait rien à rechercher. Le seul problème serait le chercheur.
Insatisfaits comme nous le sommes, nous pouvons avoir envie de faire autre chose de notre vie. Ou alors de mieux faire la même chose. Mieux méditer, par exemple. Qui peut se vanter d’avoir épuisé le sujet?