FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
19 Octobre 2006
Gratifiez n’importe qui d’un « Salut! Alors? La vie est belle? » et vous aurez rarement droit à un oui franc et massif. C’est comme si nous avions appris à nous méfier du bonheur, à nous considérer comme n’en étant pas dignes.
Cela dit, il faut bien admettre - que cela soit facile ou non - que le sort des vivants n’est pas drôle : accidents, maladie, souffrance (et pour les organismes évolués, cela va bien plus loin que le corporel), vieillesse, mort, voilà notre lot. Le Bouddha avait fait cette terrible découverte dès sa première échappée du cocon familial et nous, nous le constatons également, surtout si nous avons atteint l’âge où « le génie de l’espèce à l’œuvre dans la sexualité* » fait un peu moins de nous des membres d’espèce (soucieuse de sa perpétuation) et un peu plus des individualités (ces humains quelque peu déconditionnés).
Ibsen disait que « chercher le bonheur dans cette vie, c'est là le véritable esprit de rébellion. »
Ne pas se résigner, se rebeller même, n’est ce pas au fond ce que fait celui qui s’assied et réfléchit?
* : Délicieuse formule schopenhauerienne
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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