FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
26 Juin 2025
Bien que délicieuses, c’est deux activités humaines inestimables demandent du courage : voyager et philosopher.
La première, car elle comprend des risques, y compris celui de nous faire changer d’avis. « Voyager c’est découvrir que tout le monde se trompe sur les autres pays », disait Aldous Huxley. C’est aussi nous rendre modeste car, comme l’avait remarqué Flaubert « On voit mieux la place minuscule que l’on occupe dans le monde. » Mais plus unanimement, tout voyage, aussi risqué soit-il, en vaudra d’abord la peine parce qu’il nous rendra moins bête : « Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en ont lu qu’une page », disait Saint Augustin.
La seconde, car elle demande une insatisfaction et une remise en questions constante. « À ce dont un esprit se satisfait, on mesure la grandeur de sa perte », disait Hegel, corroborant en cela Kant : « L’intelligence d’un individu se mesure à la quantité d’incertitudes qu’il peut supporter et non de certitudes qui l’habitent. »
Notons qu’en ce qui concerne Kant, ce n’est sans doute pas le meilleur avocat à convoquer lorsqu’il s’agit de rapprocher voyage et philosophie. Non seulement il ne voyageait jamais, mais il n’était pas non plus dénué de ces certitudes qu’il critiquait chez les autres.
Ce qui nous amène à une conclusion sous forme d’hypothèse : en toutes choses, les exceptions sans doute existent. Même si voyager et philosopher sont à conseiller sans retenue, on trouvera parfois sur sa route des voyageurs intolérants et dans sa bibliothèque des philosophes pour qui voyager aurait été bien nécessaire.
P. S. : Dans le billet du 26 juin 2007 il était question d’irréalités.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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