FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
30 Juin 2025
« Si la vie et l’existence étaient un état agréable, tout le monde irait de mauvais gré au-devant de l’état inconscient du sommeil et en sortirait avec plaisir. Mais c’est tout le contraire qui se passe : tout le monde a plaisir à aller se coucher et se lève à contrecœur*. »
Au lever, il m’est revenu cette évidence que seul Schopenhauer pouvait voir, pour la comprendre enfin. Et bien qu’il fasse beau ce matin et que la vie soit belle, je me suis rappelé qu’il ne faut pas se laisser aller à l’euphorie. C’est pendant les cinq délicieuses minutes après le coucher et les cinq horribles avant le lever que quelqu’un « à qui on ne la fait pas », un philosophe donc, doit complètement réaliser qu’au fond, la vie étant majoritairement souffrance et la compagnie des humains souvent décevante, nous n’aimons pas la journée autant que la nuit, la naissance autant que le décès, la vie autant que la mort, bref que le vide aurait suffi**.
* : Extrait des manuscrits d’Arthur Schopenhauer dans le Magazine littéraire de janvier 1995 (Petit bréviaire cynique)
** : Voir le livre de photographies de Cioran l'élan vers le pire, par Irmeli Jung, Ed. Gallimard, 1988, non paginé.
P.S. : Dans le billet du 30 juin 2007 il était question d’un choix pour dialecticiens.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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