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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

surprises

2/2
 …De la même façon que le
hatha yoga pratiqué « à l’occidentale » ouvre parfois sur un monde que l’on ne soupçonnait pas au départ, la pratique méditative de l’assise peut sans doute apporter d’autres résultats que ceux escomptés dans l’effort et déboucher sur cette autre rive évoquée plus tôt. Mais pour cela, chut! Il ne faut rien dire…
Selon Dogen, c’est le moine Xiangyan Zhexian qui atteignit l’éveil en projetant un caillou contre un pilier en bambou de sa hutte et qui, alors, lança à son maître Dagui Dayuan, resté loin de là: « Maître Dagui, si autrefois vous m’aviez expliqué, comment l’événement actuel aurait-il pu avoir lieu? Votre bienveillance dépasse en profondeur celle d’un père et d’une mère!* »
Tout est peut-être là, dans l’oubli conscient et inconscient du désir, dans le non-désir.




* : Extrait de La Vision Immédiate de Dogen, traduction et commentaire par Bernard Faure, Editions Le Mail, Paris 1987, p. 124. Cette histoire est très peu connue et pour cause : elle suggère que le désir d’atteindre l’éveil est le plus sûr obstacle à celui-ci et met dès lors en doute l’utilité même de l’enseignement spirituel à vocation libératrice. On la retrouve pourtant au moins une fois ailleurs (et curieusement sous la plume d’un dignitaire): dans les essais zen de l’Abbé Zenkei Shibayama intitulés A Flower does not talk (Ch. E. Tuttle Company, Tokyo, Japon, 1975, p. 107 et suivantes). Là, Xiangyan Zhexian s’appelle  Kyogen et son maître, Isan.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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E
Je vais utiliser des termes un peu bateaux simplement pour expliquer en quoi je crois.Je crois en un désir intense, passioné, qui envahit tout instant en parallèle avec un acceptation profonde et un lâcher-prise sur le résultat de l'action née du désir...
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P
Si le plus sur moyen de ne pas atteindre l'éveil est de le désirer, faut-il le laisser naître (venir) en nous?<br /> "Chut!, vas-tu me répondre, il ne faut rien dire.", auquel cas, on rejoint Pascal et ses élus.<br /> Elu, élite : seuls ne l'atteignent que quelques uns (désignés pour l'un, bienheureux pour les autres).
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M
Je n’ai rien contre l’élitisme (si c’est la seule alternative à la médiocrité) mais ici ce « Chut, il ne faut rien dire... » ne signifie pas que l'on veuille garder le gâteau pour soi seul. D’ailleurs, plus que probablement, aucun « je » n’en a.
J
Oublier le désir, dans le non désir ? N'est-ce pas une action consciente ?
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M
C’est que dans la phrase : « Tout est peut-être là, dans l’oubli conscient et inconscient du désir, dans le non-désir. », il faut comprendre oubli comme un état et non comme une détermination, détermination qui relèverait bien sûr, elle, de « l’action consciente ».