FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
3 Août 2007
Le web offre parfois des surprises mémorables.
Hier soir par exemple, le festival de Verbier proposait de vivre en direct depuis l'écran d’ordinateur un concert que l’on n’oubliera pas de sitôt: dans une sobre église de montagne, Anoushka
Shankar, la fille du Pundit himself, une Sarasvati de 26 printemps et de toutes les candeurs, débarquée dans ce paradis pas seulement fiscal
que sont les Alpes suisses et bien prise en mains par les tablas de Tanmoy Bose, dialoguait à la cithare avec le violon d’une réincarnation de Yehudi Menuhi, Joshua Bell. Prodigieux!
On a eu droit à seulement du nectar: depuis la méditation de Tchaïkovski, jusqu’à une composition de Ravi Shankar, Vachaspati, créée à l’intention exclusive de ce couple de
surdoués et jouée là pour la première fois, en passant par d’autres soma, comme ce Mishra Pilu dont on fêtait les quarante ans, joué en ces temps bénis où les
fleurs disaient la paix et l’amour par Yehudi Menuhin et Ravi Shankar dans le cadre d’un fameux West meets East (à moins que ce ne soit l’inverse, comme le pensa un instant
Joshua Bell, quelque peu brouillé avec l’histoire, il faut dire qu’il ne doit pas avoir quarante ans, lui, ou alors depuis peu). De quoi donner envie de relire des passeurs de pont comme Verrier
Elwin, Lewis Thompson ou Allen Ginsberg, ces antithèses de Kipling qui prétendait que ces deux mondes-là ne se rencontreraient jamais…
Vous pouvez vivre ce concert (en streaming, pas de possibilité d’enregistrement) sur le site de medici-arts.tv. Et il y a là d’autres trésors à portée
d’oreille comme cette majestueuse cinquième symphonie de Sibelius dirigée par un E-P Salonen en grande forme (reportez-vous au 26/07 pour cela)…
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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