Pour la plupart des pratiquants du hatha yoga traditionnel indien, cette discipline vise à préparer leur corps (sa souplesse, sa respiration) et à accumuler une énergie
suffisante pour maîtriser quelque peu leur mental. Ils en récoltent surtout les fruits durant la longue assise en silence qui clôture leur séance journalière, leur sadhana. Mais
il s’agirait là d’une vision triviale, exotérique de la chose.
Certains verraient et iraient plus loin. La maîtrise en question deviendrait d’abord bâillonnement total, temporaire certes mais total. L’étape suivante (correspondant à une pénétration encore plus
ésotérique de la conscience) serait celle où le mental peut s’éteindre quasi à volonté. Seuls certains yogis y parviendraient: Assis par exemple en face d’un paysage, celui-ci les
enchante et les ravit à eux-mêmes. Pendant quelques instants d’éternité, plus rien ne compte que cet autre univers dans lequel ils ont pris place… Ils ne pensent plus, même s’ils savent que ce qu’ils vivent est rare…