FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
4 Mai 2026
Penser qu’à toute chose malheur est bon est à mon humble avis la condition indispensable pour une vie heureuse. Pourvu qu’il ne nous tue pas, tout malheur nous rend plus fort*. La preuve : ceux qui ont échappé à la mort n’ont plus peur de rien, plus même d’elle quand elle reviendra, et cela malgré l’amour qu’ils ont maintenant de la vie et la grande valeur qu’ils lui attribuent enfin.
D’autre part, tel malheur, s’il n’avait pas eu lieu, peut-être nous en aurait-il en fait connaître un plus grand encore... plus tard. Alors pourquoi trop se plaindre que nos vies en soient tissées?
Enfin (si l’on peut dire), la mort elle-même n’est peut-être pas l’infortune que l’on croit. Que ce serait-il passé si nous avions vécu encore un peu ? Peut-être aurions-nous connu un malheur encore plus intense avant de "quitter notre corps" (comme disent les hindous)! Sans compter que s’il n’y a plus rien après cette vie, pas de dieu vengeur pour nous accueillir et nous attribuer un nouveau rôle de supplicié, nous serions alors morts trop tard.
* : On pense ici bien entendu à Nietzsche et à son fameux « A L’ÉCOLE DE GUERRE DE LA VIE. -- Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort. » dans le Crépuscule des Idoles, (au § 8), aujourd’hui repris à toutes les sauces médiatiques. (Quant à moi, bien avant son succès, je lui dois ma première pensée lorsqu’on en 2005 dans un ashram indien je me fis la promesse de devenir intrépide si jamais je réchappais de ma paralysie subite.)
On pense aussi à cette théorie du toast brûlé popularisée sur Tiktok selon laquelle les mauvaises choses surviennent pour de bonnes raisons.
P. S. : Dans le billet du 4 mai 2009 il était question de franchissements.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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