FULGURANCES D’APRÈS SILENCE
5 Mai 2026
Puisque la vie nous a été imposée et non proposée, il n’est que justice que nous considérions comme un dû de l’avoir heureuse.
Hélas, même à voir ainsi les choses, ce n’est pas toujours le cas. Combien voudraient revenir une nouvelle fois à la vie quand on le leur demande sur leur lit de mort ? Et combien voudraient revenir un nombre infini de fois? Nietzsche, en août 1881 au rocher de Surlej (voyez la photo), fut un des premiers à se poser cette question et à en éprouver du vertige. On se demande même comment il a pu revenir à sa pension (située à 5 km de là en longeant le lac de Silvaplana) en portant une fulgurance si pesante.
Peut-être d’ailleurs la question germait-elle en lui depuis bien avant, et ce pourrait être alors la raison pour laquelle il ne se serait pas reproduit. Peut-être s’était-il déjà dit qu’en l’absence de possibilité de demander à sa progéniture si elle était d’accord de prendre corps (ne fût-ce qu’une fois), il eut été ingrat de répondre pour elle, sachant bien de surcroît, me semble-t-il, quelle réponse il aurait aimé qu’elle lui donne.
P. S. : Dans le billet du 5 mai 2008 il était question d’infortune.
Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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