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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

talents

Tant qu’à être oublié un jour, il vaut peut-être mieux n’être jamais connu de son vivant. Quel désappointement pour tous ceux qui se sont crus aimés d’être oubliés après leur mort ! Cela ne veut-il pas dire qu’ils étaient connus, non pour leur talent, mais pour le talent qu’ils avaient à croire en leur talent ?

C’est aussi que tout ce temps qu’ils ont perdu à jeter de la poudre aux yeux, ils auraient peut-être pu en faire un meilleur usage ! Par exemple en étant de ceux qui ne font que regarder le temps qui passe et qui en jouissent, le sachant compté. Ou encore en tirant profit de leur inspiration de créateur (philosophe, poète, essayiste, romancier, peintre, sculpteur, photographe, etc) pour en faire un sadhana et le parfaire même, je veux dire par là en faire une œuvre vraiment authentique et aboutie car à l’abri de toute dénaturation, de toute « distraction », totalement impliquée donc, et surtout non calculée en vue d’une renommée* ou d’un profit matériel ou même spirituel, tel l’homme sage parmi les hommes, le yogi, celui qui, selon la Bhagavadgita (en IV, 18), est celui qui voit la véritable action dans l’inaction, entendez par là dans l’action désintéressée, libérée de toute chaîne, de toute servitude, de tout désir de récompense. [Certes il faudra qu’ils se confrontent parfois avec le sentiment déplaisant qu’il n’aurait pas été si mal d’être connu, oubliant tout ce qu’ils auront gagné à ne pas l’être, mais cette bataille fait partie de leur sadhana (et le rend peut-être encore plus fructueux), une façon de la rendre moins dure étant de se dire que le monde ne vaut peut-être pas la peine de vouloir composer pour lui une œuvre impérissable, d’autant plus qu’il semble de moins en moins promis à vivre encore longtemps, au vu du triste sort qu'il réserve à son environnement.]

 

 

 

: Et pour cela, quand il s’agit simplement d’écriture, un blog cantonné dans un coin du web dont on ne cherche pas à s’extraire à tout prix est l’idéal, car non seulement il ne faut y faire aucune concession éditoriale, mais il est bien moins onéreux à publier qu’un livre et est bien plus accessible et pratique. Pour des écrits philosophiques par exemple, pas besoin de chapitres, de table des matières, de glossaire, un moteur de recherche suffit, permettant de naviguer à toute allure et de se perdre voluptueusement. (Pour les autres créateurs sans grandes ambitions aussi, peintres, sculpteurs, plasticiens, photographes, le blog est intéressant aussi.)

P. S. : Dans le  billet du 17 avril 2024 il était question d’une énigme.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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