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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

vanité

Au fond, la création d’un chef-d’œuvre immortel est-elle motivée par autre chose que par le désir de ne pas connaître la mort (cette chose horrible que chacun, sans exception, craint plus que tout et cela, sans parfois même le savoir)?

Mais soyons raisonnables, ce désir n’est jamais rencontré et on meurt toujours un jour et pour toujours, et les œuvres éventuelles qui nous survivent un temps (ce ne sera jamais plus qu’un temps, au mieux pré-éternel, l’humanité, la terre, l’univers même étant appelés à disparaître) valent-elles vraiment la peine de tout sacrifier (l’extase, l’harmonie, la vacuité, le silence, et plus que tout, l’instant qui passe sans que l’on veuille qu’il produise) dans nos vies pour les produire? Voilà ce que je me demandais récemment à Florence.

Michel Ange se représentant dans la Pietà (cette sculpture se trouve au musée du Dôme à Florence, voyez plus bas) me semble être l’exemple parfait de cette préoccupation futile* d’immortalité, alors que l’on voit généralement dans cette œuvre de vieillesse, l’incarnation de la pitié d’un vieillard ayant enfin compris que la souffrance est le fait marquant du monde.

*: Cette futilité ne concerne bien entendu pas ses oeuvres.

P.S.: Dans le billet du 29 septembre 2009 il était question de réalisation.

vanité
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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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mabes 30/09/2013 13:42

peu importe non : chacun porte en soi de faire quelque chose et cela ne dépend pas de lui...

fée des agrumes 30/09/2013 11:50

L'égo ne supporte pas d'envisager sa fin et il s'illusionne comme il peut afin de croire en une pseudo éternité.

fée des agrumes 30/09/2013 11:50

ps: magnifique lecture que celle de Sénèque ;)

Saint-Songe 29/09/2013 21:32

A Florence, il eût fallu emmener le tout petit livre de Sénèque de la briéveté de la vie pour comprendre qu'il convient d'attendre la mort à chaque coin de rue, et n'importe où, pour savoir "bien vivre" l'instant d'un vécu qui n'est que.... "vanité" ... et "poursuite du vent" !... Revenir à soi : le juste milieu (la mort vient quand elle veut)... Accepter, admettre...tout ce qui ne dépend pas de nous...C'est tout.
B.

Saint-Songe 30/09/2013 13:32

Oh, il vous suffit d'ignorer la présence de toute foule (je sus ainsi lire Sénèque....dans le métro parisien !...Le paradoxe est stupéfiant, d'ailleurs, tous ces affolés qui courent et qui s'agitent en tout sens quand...je restais tranquille et quiet à lire cet admirable auteur (il fut riche, il pouvait alors un peu trop facilement nous enseigner de s'éloigner de l'argent, le bémol que je lui pose ...), mais oui, les feuilles tomberont et...vous le relirez !..tout fait sens, tout bouge !...Subtilement !... Bonne relecture prochaine... B.

marc Delforge 30/09/2013 09:35

A Florence je n'ai eu d'autre lecture qu'une grammaire d'italien et quelques journaux du soir.
Je ne peux lire Sénèque que dans un environnement exempt de touristes en nombre fellinien. Mais je vais relire Sénèque cet automne, votre suggestion est excellente.