Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

riposte

Esquisse d’une théorie de la vie: Il n'y aurait rien après elle. C'est-à-dire que la vie resterait (longtemps), et pareille à elle-même: souffrance, mais nous, qui avons vécu et souffert, nous ne serions pas condamner à renaître. C'est raisonnable, en somme, de penser cela. Car qui peut concevoir qu'il y ait logiquement une suite obligée aux existences? Nous naissons. Nous sommes ce que nous sommes par la loi du hasard (notre passé génétique c'est de la loterie et nous naissons blond ou noir, fort ou faible) mais aussi par les hasards de nos vies: jeunesse, éducation, etc. Pourquoi ce nous-là devrait-il renaître dans un enfer ou un paradis, ou renaître dans une autre peau gagnée (ou perdue) par nos karmas? Cela relève de la théorie pure, cette supposition. Une supposition bien plus improbable en somme - mais qui réfléchit avec un tel détachement des idées reçues et des préjugés largement véhiculés et considérés comme des certitudes acquises? - que celle qui consiste à penser qu'à notre mort, rien de nous ne subsiste, que tout s'évapore et que Dieu prend les dés et recommence (nous ne compterions plus pour lui) à jouer à son petit jeu cruel qui consiste à nous torturer le temps de notre vie (désir, frustration, souffrance, intuition que tout cela est vain, que l'on ne va nulle part, ou, que si l'on va quelque part, jamais on ne saura où, ni pourquoi).

Alors il nous faudrait tout revoir. Puisqu'il n'y a plus d'espoir qui tienne dans un au-delà, notre vie serait cet enfer que l'on peut tempérer en comprenant la deuxième noble vérité du Bouddha (pour rappel et en gros: la souffrance vient du désir). Notre vie serait notre paradis ou notre enfer, au choix, et en alternance entre le premier et le dernier souffle. La naissance serait punition, la mort serait soulagement, libération. Et entre les deux, eh bien, à nous d'avoir l'intelligence de patienter le moins douloureusement possible (grâce à la conclusion que l’aura tirée dans une mesure significative de la constatation bouddhique précitée). Entre les deux, à nous d'avoir l'intelligence de contrer le fort instinct de reproduction que ce dieu cruel nous octroie avec le plus extrême cynisme, en refusant de lui permettre de jouer avec nous (il nous a quand même accordé l'intelligence de comprendre la cause de notre souffrance - ce qui donne à penser qu'il n'est pas Absolument cruel, qu'il est capable d’une certaine pitié). La seule façon intelligente de vivre, serait alors de refuser de se reproduire. Serait-ce cela le seul acte vraiment héroïque qu’il nous soit possible d'accomplir dans nos vies?

Si nous refusions de nous reproduire, la souffrance ne serait-elle pas éliminée, Dieu ne serait-il pas vaincu? Ne serions-nous pas alors, nous, ses vainqueurs, plus Dieu que lui?

Il n'y a peut-être rien que la vie, la souffrance et la mort et Dieu qui attende qu'on le batte à son propre jeu, qu'on l'empêche de jouer. Ainsi il mourrait lui aussi. Peut-être est-ce ce qu'Il attend de nous, qu'on le libère de sa propre existence dont il me plaît de croire qu'elle ne le satisfait pas*.

Il n'y a peut-être pas d'autre vocation à notre existence humaine que de sciemment ne pas la reproduire.

*: Une concession qui apaise et rassure, mais que ne semble pas corroborer l'expérience.

P.S.: Le billet du 18 août 2008 parlait d’élévation.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article

ossiane 19/08/2013 13:16

wow magnifique

marc Delforge 21/08/2013 20:00

Si vous le dites...

Saint-Songe 18/08/2013 13:28

Riposte, justement : d’un théorie (non : une théorie)