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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

résignation

"Le mérite de ne fût-ce qu’une seule assise en zazen

efface les innombrables péchés accumulés dans le passé

Où sont alors les mauvais chemins pour nous égarer ?

Le Pays Pur ne peut être loin."

Passant outre le côté délicieusement suranné de ces vers (21 à 24 du Chant du Zazen, un poème attribué au japonais Hakuin (1685 – 1768)), on peut y humer quelque parfum d’universalité et d’intemporalité dans les deux derniers, vraisemblablement les plus forts de tout le chant.

Le pays pur ne peut être loin, mais cependant la plupart reste à sa porte. Tentons une explication, au risque de rendre un mauvais service au lecteur en l’égarant (quand même) quelque peu: Si le but est si prêt, c’est peut-être que pour l’atteindre il ne nous manque que l’éradication de tout effort en ce sens. Le hic c'est que si le méditant est informé de cela, il développera toujours (de façon inconsciente) un certaine forme de désir, de volonté d’atteindre le non-effort, ce qui rend le but inatteignable, le pays pur toujours un peu plus loin.

Ce non-effort doit sans doute venir par un autre chemin. Pour qu’il advienne, en Inde, certains parlent de se soumission. Ce qui revient là aussi, remarquez bien, à s’abandonner.

P.S.: Le billet du 6 septembre 2007 évoquait un remarquable paradoxe: réserve.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Saint-Songe 06/09/2013 17:31

lire : par une force (et non forte) de "fantômes ancestraux"...

Saint-Songe 07/09/2013 11:17

Cela répond merveilleusement à l'inquiétante interrogation du méditant qui s'injurerait tout le restant de sa vie à n'avoir pas su saisir sa chance en or massif devant ce but, là, juste devant lui , et, peut-être ne savait-il pas voir (en lui, autour et devant lui ?) les messages divins mal comprsi, mal interprétés, oui finalement : le but n'était qu'un masque, qu'une utopie, qu'un reflet de miroir , allez savoir !... qu'une apparence de fantôme ?... Un spectre ?.. Il n'avait que trois petits mètres pour aller le chercher, et, il cale, net , son kin hin s'arrêtant brusquement, comme un "moteur " de voiture (le corps : premier véhicule), pile net, comme j'ai noté : anéanti de stupeur !... Avait-il aussi vu ce qu'il n'était pas lui-même, aussi, en fait ?... Oui, votre réponse me convient bien.

marc Delforge 07/09/2013 09:39

Ce "blocage" n'est-il pas le moment suprême de libération? Celle-ci n'advient-elle pas avant elle-même? N'est-elle pas tout sauf ce qu'on pensait qu'elle serait? Qui est-il ce but à atteindre si ce n'est peut-être le but à ne plus atteindre?

Saint-Songe 06/09/2013 17:29

Alors comment comprenez-vous qu'au moment précis où il peut atteindre "le but" (tant désiré depuis des années) qui est là, à portée de main du méditant (marchant kin hin), brusquement "anéanti" par un blocage, le figeant sur place, face à ce but qu'il eût pu atteindre , en quelque pas seulement encore (comme un marathonien chuterait juste avant la ligne d'arrivée !??? Rageant, non, sentiment de forte culpabilité névrotique d'avoir , sinon échoué, été arrêté, stoppé net dans son élan, par une forte de "fantômes ancestraux", si on peut ici employer ce terme ?..Comment expliqueriez-vous cela : n'avoir pas saisi une chance inouïe de l'atteindre, ce ..."but fixé de longue haleine" ?..Mushotoku ?