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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

méditations

Dans le billet du 29 avril de cette année il était dit que la méditation qui advient fortuitement paraît plus profonde, plus extatique que celle que l’on a planifiée.

Mais on pourrait aussi se poser la question de savoir quelle est la plus souhaitable, si tant est que cette question ait un sens.

C’est en tout cas une question proche de celle-là que je me posai, un matin de juin, à Ballstad, dans l’archipel des Lofoten, au sortir d’une longue rêverie matinale passée à observer une mouette, un mug de café à la main.

méditations

Je me rendis soudain compte que les minutes avaient passé et que je n’en avais rien su car j’avais été totalement absorbé par cet oiseau et absent à moi-même. Et je me demandai si toute contemplation comme celle-ci (un objet de contemplation n’est pas nécessaire, l’absence peut être purement de l’ordre du rêve éveillé) dont on se rend compte a posteriori était tout aussi (sinon plus car ici le « je » était absent) souhaitable que ces moments de grand silence où l’on est conscient d’exister, d’être conscient et d’être heureux (sat chit ananda) mais qui nécessitent la pensée de vivre bel et bien tout cela.

J’y réfléchis longuement (avec un autre café) et comme souvent, conclut la réflexion dans mon carnet (carnet qui est toujours à portée de main) par un: « A méditer! »

P.S.: Dans le billet du 7 août 2010 il était question de rapprochement.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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F
je verrai bien tous tes carnets, avec à chaque fois la date et l'heure et le lieu et en face d'annoté à chaque fois et exclusivement : à méditer ! ;o)<br /> Nous ne sommes certainement pas souvent en méditation quand nous méditons car JE médite or peut être faut il laisser faire la méditation toute seule, peut être que c'est ce que faisait cette mouette ;o))
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M
Cette mouette méditait, voilà la seule chose sûre dans tout ceci. <br /> Concernant ta suggestion, je la retiens... pour la méditer, bien sûr. En fait c’est ce que je fais depuis longtemps, méditer ce genre de chose: non pas pour en arriver à dater et situer puis ne rien mettre qu’un « A méditer! », mais pour en arriver à ne plus rien écrire du tout, à ne même pas avoir de quoi écrire près de moi - ce que déconseillait quand même, note bien, Jack Kerouac qui suggéra à Gary Snyder et à Michael McClure d'avoir toujours de quoi recueillir la fugitive inspiration. (Personnellement je pense que creuser une inspiration se fait mieux en la mettant par écrit - ce qui est lui rendre justice en quelque sorte-, autre chose, bien entendu, est de la publier ensuite.)<br /> En août 2009, j’avais pensé arrêter ce blog (commencé trois ans plus tôt pour des raisons privées qui m’avaient donné beaucoup de temps libre, alors qu’au départ je n’avais pas pensé écrire pour quiconque d’autre que pour moi, ce que je faisais depuis toujours) :<br /> http://fautedemieux.over-blog.com/article-35116821.html <br /> car comme disait si bien La Bruyère : « C’est une grande misère de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. »<br /> Et Michaux me confortait dans cette idée d’arrêter:<br /> « Plus tu auras réussi à écrire (si tu écris), plus éloigné tu seras de l'accomplissement du pur, fort, originel désir, celui, fondamental de ne pas laisser de trace.<br /> Quelle satisfaction la vaudrait? Ecrivain, tu fais tout le contraire, laborieusement le contraire! » (Henri Michaux, Poteaux d'angle, Gallimard, 1981, p. 57)<br /> Mais, moins radical, Jimenez me fit hésiter par ces mots:<br /> « Ecrire n'est qu'une préparation pour ne plus écrire, pour l'état de grâce poétique, intellectuel ou sensitif. Devenir soi-même poésie, non plus poète. »<br /> (Lettre à Luis Cernuda de 1943, Juan Ramon Jimenez, prix nobel en 1956, dans Le Monde du 18/8/89)<br /> Et ce furent H. D. Thoreau et G. Greene qui firent pencher la balance dans le sens des mots plutôt que du silence car, disait le premier:<br /> « Ecrivez pendant que le feu est en vous. Quand le fermier fait un trou au fer rouge dans un joug, il porte le tison rapidement du feu au bois, car, à chaque minute, le tison devient moins apte à le transpercer. Il faut s'en servir à l'instant, sinon il devient inutile. L'écrivain qui remet à plus tard la transcription de ses pensées se sert d'un tison refroidi. Il n'enflammera pas son public ».<br /> H. D. Thoreau. Un philosophe dans les bois. Pages de journal, 1837 -1861. Vent d'Ouest. Seghers 1967. Pp. 124 &amp; 125<br /> Quant au second:<br /> « L'écriture est une forme de thérapie; je me demande parfois comment tous ceux qui n'écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et à la peur panique qui sont inhérentes à la situation humaine. »<br /> (Graham Greene. Les chemins de l'évasion. Ed. Laffont. P. 274.)<br /> Finalement, il faut peut-être avoir l’humilité de son irrémédiable imperfection, pensai-je, et accepter que l’« on écrit parce qu'on n'a pas assez de caractère pour ne pas écrire. » (Karl Kraus)<br /> Mais de tous ces conseils trouvés dans la littérature, celui qui m’a paru le plus utile car le plus ambigu (laissant ainsi l’esprit dans un éternel suspens) a été celui de Wittgenstein:<br /> « Mon ouvrage comporte deux parties: celle qui est présentée ici, et tout le reste que je n'ai pas écrit. Et c'est justement cette seconde partie qui importe. » (Présentation de Tractatus logico-philosophicus par Wittgenstein lui-même selon T. Ben Jalloun dans le Monde du 18/9/98)<br /> Toutes ces réflexions ne valent-elles pas aussi pour nous, utilisateurs d'un web qui nous donne quelques lecteurs assez magnanimes pour nous lire?
S
Que s'est-il ainsi &quot;passé&quot; entre le premier et le deuxième &quot;café&quot; ?<br /> Vous confirme que la &quot;contemplation&quot; non programmée (ou &quot;planifiée&quot;) est la meilleure, car déjà déconnectée de &quot;la projection&quot; de devoir la commencer/finir, déjà sans objet de pensée préparée, toute à l'intuitif de l'instant pas même décidé, là ; méditer, là. Sans plus.
Répondre
S
Il faut laisser pisser le mérinos, de fait, on peut dire, suite à votre &quot;expérience&quot; : faire pipi, c'est méditer.<br /> Que sont exactement ces fameux &quot;Lofoten&quot; ? Bungalow de repos, où ça ?<br /> Bon 8 Août
M
Pour être tout à fait clair, entre le premier et le second café je pense que j'ai été faire pipi. Et c'est peut-être en entendant le jet que j'ai eu l'intuition qu'il valait mieux laisser la réponse en suspens, attentant que celle-ci surgisse de fulgurante façon un autre matin lumineux aux Lofoten, ou grâce à une suggestion extérieure, ce que vous venez de faire et pour laquelle je vous remercie.