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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

courage

Nous n’avons sans doute à remercier personne pour notre vie. Aucun créateur d’univers, aucun procréateur lambda ne paraît digne de reconnaissance.

Chaque plainte que l’on formule au cours de notre vie de souffrance est une gifle que l’on donne à nos géniteurs.

Certes, on voudrait gifler le moins possible, et pour ce faire méditer semble être le meilleur antidote à la souffrance (quoique la lucidité ait ses inconvénients). On voudrait peut-être aussi pardonner, mais ne serait-ce pas là pure pleutrerie, quand on vit sur une planète où un Bouddha nous a amplement prévenu que vie et souffrance étaient indissociables pour le plus grand nombre?

Bouddha à Trarbach, au Musée du Bouddha

Bouddha à Trarbach, au Musée du Bouddha

Son geste le signifie (le dharma chakra mudra), ce bouddha explique la roue du dharma (dont les quatre nobles vérités, la première de celles-ci, importantissime, étant que la vie est souffrance).

P.S.: Le billet du 26 août 2006, un des premiers de ce blog, posait la question essentielle.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Frédéric 28/08/2013 10:03

Il n'y a certainement personne à remercier où à pardonner. Même les géniteurs. Car qui remercierait de ne pas être venu, ses géniteurs qui ne le procréent pas (sic) ? ;o)
En même temps il me semble qu'on peut être dans un état de "grâce", c'est à dire d'acceptation de la vie, comme un merci à l'univers (sans donner à celui ci une place extérieure ou supérieur à nous) ou à la vie. En tout cas c'est ma façon de vivre,"malgré tous les magrés" ;o)

marc Delforge 30/08/2013 19:33

A bien relire le dernier commentaire (toujours pertinent, ses commentaires) de Frédéric je ne vais pas suivre son judicieux conseil de privilégier le silence aux mots toujours trompeurs car je me rends compte que ma réponse à Saint Songe pourrait être aussi pour lui.
De plus, il n'est bien entendu pas question dans mon propos de se plaindre de "sa" vie" mais de se révolter contre la souffrance qui est l'apanage de toute vie et de déplorer que la constatation de Cioran: "le vide aurait suffi" n'ait pas été "entendue". Je précise que je ne donne à "vide" d'autre définition que celle que cette phrase suggère: "ce qui aurait suffi", rien de théorique donc.
Mais tout ceci nous éloigne du propos originel de ce billet qui mérite (peut-être) d'être à présent relu.
Chaleureusement,
Marc

Marc Delforge 29/08/2013 08:59

N.B.: La réponse précédente est pour Saint Songe.

Marc Delforge 29/08/2013 08:57

Je faisais allusion à toutes les souffrances, pas seulement aux souffrances psychologiques qui nous poursuivent (comme celle que vous décrivez fort bien en exemple): la perte d’un être cher, la douleur physique, etc. et plus méthodiquement ce que le Bouddha a découvert par lui-même lorsqu’il s’est échappé du palais où le cantonnait son père pour lui faire croire que le monde était parfait comme ce lieu et qu’il était digne que l’on s’y reproduise: la naissance, la vie elle-même avec la maladie, la misère et la litanie de tous les malheurs possibles, la vieillesse et la mort (et j’ajouterais : douleur de ne jamais savoir pourquoi nous aurons eu à endurer tout cela ; pourquoi cette vie plutôt que le rien ; pourquoi celle-ci a t-elle ce goût amer (sauf exceptions, nous sommes bien d’accord, exceptions confirmant la règle) alors qu’un créateur puissant et bon aurait pu nous donner une existence heureuse (ou rien du tout si c’est impossible étant donné le caractère de finitude de toute vie?)

Frédéric 29/08/2013 06:11

Les mots sont forts utiles et souvent de fortes limites aussi qui enferment.
Qu'entend-on par vide ? Si on entend par "vivre, tout simplement", sans rien rajouter de conceptuel par dessus, c'est sûr, si on entend par "désespérance" (ce que je ne dis pas que Cioran voulait dire dans ces mots) je ne vois pas pourquoi.
Pourquoi y aurait-il à désespérer de la vie ? Pourquoi y aurait-il à espérer ?

Ce que je voulais dire c'est que le fait de "remercier" ou nous plaindre de la vie, me semble une question sans sens. Une amie me disait une fois (suite à une maladie neuro-musculaire qui me touche) "tu dois être en colère que ce te soit arrivé". Mais je n'ai pas compris sa question. Pour moi elle n'a aucun sens.

Difficile de s'exprimer ainsi, de pouvoir échanger, s'entendre, se comprendre.
C'est pourquoi le silence, même si on pense qu'il ne permet pas de communiquer, permet d'éviter de dire des conneries, alors je vais me taire ;o)

Saint-Songe 28/08/2013 18:33

A quelle (s) autre (s) souffrance (s) faites-vous allusion ?
Quant au "mental" (comment pourrait-il être heureux" ?) : en ne sachant rien justement de qui est à sa portée (ex : vous rencontrez un homme simplement vêtu dans le bus que vous prenez régulièrement, sans y prêter une attention particulière, ni même à porter un iota de jugement, sauf de le reconnaître visuellement, car vous savez qu'il vit dans la même ville que vous, donc, chaque fois que vous le rencontrez dans ce bus, votre mental ne s'en préoccupe nullement (rien ne le fait souffir , rien ne l'envie , il est c'est tout (mental)...Puis un beau jour, vous rencontrez le même homme, celui que vous avez l'habitude de voir dans ce bus de ligne régulière, il est avec des hommes influents et importants de la ville, car il est une sommité !..là, le mental se met en branle : jalousie, envie, désir de le connaître au mieux pour que cet homme vous flatte et vous honore d'une situation plus importante que celle que vous avez quand vous alliez travailler , par le bus où montez donc ce même homme , colère de ne pas être à travailler à ses côtés, etc, comprenez -vous ? Là, le mental dresse des tas de plans insensés, inexistants, impossibles : je vais aller lui parler pour qu'il me place ne haut de l'échelle sociale, à cet homme à qui votre mental n'avait jamais éveillé la moindre curiosité tous les jours de toutes les semaines de chaque année où vous prîtes le bus dans lequel était cet homme de haute renommée sociale (en ville) mais totalement simple (dans le bus !), très ordinaire, limite paysan bosniaque, dirions-nous ! voilà, je crois que le mental est heureux quand il n'a pas toutes les données, toutes les informations afin qu'il s'éveille à toutes les nocivités organiques et émotions négatives... Je le crois...

Saint-Songe 27/08/2013 19:00

Les souffrances non résolues partent en vrille dans un psychisme perturbé jusqu'à plus, difficile de se désaissir du tourbillon mental
qui produit tout ce mal (fausses pensées, illusion, menterie à soi-
même, fausses croyances, mauvais rôle, imbécillité, cruauté
envers soi-même, méchanceté, perversité, débilité quasi, colère et
orgueil démesuré, dédoublement de la personnalité, délirium tremens, dérive sexuelle, autisme, possession, psychodrame, etc...)

Marc Delforge 28/08/2013 17:17

Les souffrances non résolues: pas moins insupportables que les autres.