méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Mardi 25 mars 2008
Quand je suis en Inde, ma première question à tout homme saint est la suivante:
- A voir le spectacle de la rue, ici et ailleurs, Mahatmaji, il semble que le Bouddha ait eu raison de constater que la vie est souffrance. Vous êtes hindou et la non-dualité (advaïta védanta) ne vous est pas étrangère. Ce spectacle est donc illusoire pour vous et je vous comprends quelque peu. J’ai l’intuition, moi aussi, qu’il y a autre chose, une Réalité Ultime (Brahman) fort différente de cela. Mais ce que je ne peux comprendre, c’est pourquoi cette illusion (maya) qui la dissimule a le goût de la souffrance. Pourquoi pas celui de l’extase, tant qu’à faire*?
La question  surprend toujours et soit on ne me répond rien, soit on me cite par cœur quelque passage de la Gita ou d’un autre livre sacré qui révèle qu’on n’a jamais réfléchi - ou osé réfléchir - à la question.
Stendhal, lui, semble l’avoir fait. Il lui a tout au moins donné une réponse, puisqu’offusqué par cette souffrance criante qu’à toute époque on voit partout, il aurait dit: « L’unique excuse de Dieu est qu’il n’existe pas** ».
Et vous, quelle excuse donnez-vous à Dieu pour sa création bâclée, en apparence tout au moins?
Vous avez toutes les vacances pour réfléchir à la question. C'est le devoir de Pâques que je vous propose. Merci déjà pour votre réponse, même tardive.




*: Une décision facile à prendre apparemment pour un complexe "créateur-création" réputé tout puissant.
**: Référence trouvée sur le web et non garantie.
P.S.: Le billet du 25 mars 2007 posait une question brève mais pertinente, ô combien.
par Marc publié dans : devoir de vacances
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Dimanche 30 décembre 2007
Petit devoir de vacances pour retrouver les amis et en connaître de nouveaux.
Pour vous, méditer ce serait:
a) Faire un peu plus que penser.
b) Faire un peu moins que penser.
c) Tout autre chose. Mais quoi ?
Choisissez et commentez éventuellement.
Vous avez quelques jours (et même plus) pour répondre. Merci d’avance.




P.S.: « C’est quoi pour vous, une vie enviable? »: L’enquête proposée ici il y a juste un an avait passionné. Peut-être connaissiez-vous déjà ce blog et y aviez-vous participé. Pour en relire les résultats, cliquez d'abord ici: enquête.
par Marc publié dans : devoir de vacances
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Mardi 30 octobre 2007

Pour ce devoir de vacances d’automne, considérez d’abord, chers amis, ces réflexions glanées au fil de lectures:

« Un observateur impartial venu d’une planète plus évoluée, et qui d’un coup d’œil considèrerait cette histoire [de l’homo sapiens] de Cro-Magnon à Auschwitz, conclurait sans nul doute que notre espèce est un produit biologique admirable à certains égards, mais dans l’ensemble profondément morbide, et que les conséquences de sa maladie mentale l’emportent de beaucoup sur ses réussites culturelles s’il s’agit d’évaluer ses chances de survie. »
(Arthur Koestler, Janus, Calmann-Lévy, 1979, p.15)

« Dans « Tout change parce que rien ne change », il [J. F. Kahn] bouleverse les idées reçues que nous caressions il n'y a guère encore à propos de la notion de progrès. Il faut dire qu'elle en prend un coup, ces temps-ci. La moindre allusion à des lendemains qui pourraient encore chanter se heurte à l'incrédulité et à l'hilarité générales. Qu'il puisse y avoir un sens à l'histoire laisse sceptique le plus confiant. »
(Jacques De Decker, le Soir du 27/07/1994)

« Par ailleurs, évidemment que dans les années 80, on savait que c’était bien parti pour ne pas s’arranger. Mais il y avait encore des gens qui pouvaient croire le contraire, alors qu’aujourd’hui, il faut être balaise en optimisme pour imaginer que les décennies à venir vont être pimpantes. »
(Interview de Virginie Despentes par Philippe Manche, le Soir du 14 & 15/08/2007)

« A travers une modeste peinture accrochée à côté, où un triste cabot se laisse submerger par la pluie, l’artiste rappelle ce que l’on voudrait oublier: décidément il fait un temps de chien. Un temps à ne pas mettre une utopie dehors. Ce monde qui semble étourdiment s’élancer vers sa fin, Ardouvin sait merveilleusement en cristalliser le dernier souffle ; […] »
(Article du Monde du 27/10/2007 d’Emmanuelle Lequeux sur l’artiste Pierre Ardouvin)

Et vous, qu’ajouteriez-vous à ce florilège? Que pensez-vous du pessimisme de l’époque?

Mais surtout, surtout, pour vous qui n’ignorez pas que tout est mental - « Une chose dont on ne parle pas n'a jamais existé », disait a contrario Oscar Wilde -, le fait que l’on suggère de plus en plus ouvertement qu’est venu le temps de la fin de l’homme, qu’implique-t-il? Les pensées que nous émettons se matérialisent-elles toujours quelque part, comme le pense le poète Julos Beaucarne? Sommes-nous descendus en enfer parce que, comme Rimbaud, nous nous y croyons (et chacun sait que l’on ne sort pas de l’enfer)? Et que penser de l’observation d’Eliphas Levi  « Nous voudrions faire observer que tout ce qui porte un nom existe; on peut prononcer des paroles en vain, mais ces paroles en elles-mêmes ne sauraient être vaines, et le langage a toujours un sens  » si ce nom prononcé est fin - notre fin, par notre faute?

S’agissant d’un devoir de vacances, vous avez quinze bons jours pour affûter vos réflexions et éclairer notre - dernière ? - lanterne…

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Mercredi 1 août 2007

Version TF1 de la sagesse, entendue dans une publicité pour un « achat-passion »: « Les meilleures choses ne sont pas celles que l’on possède mais celles qui vous possèdent. »
Votre version à vous? Les meilleurs choses sont-elles payantes et si oui, jusqu’à quel prix iriez-vous? Il est évident qu’il ne faut prendre ces « choses » trop littéralement pour affûter votre réponse …
Tout le monde peut participer à ce "devoir de vacances" et vous avez quinze jours pour réfléchir. Quel plaisir ce sera de vous lire…

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Samedi 19 mai 2007

Indémontrables mais vraisemblables, ces fulgurances emboîtées:
Toute pensée est reliée au temps. Elle le génère, puis s’appuie sur lui et le consolide.
Tout silence introduit le présent*.




*: On peut proposer le quatrième postulat (et même d'autres encore). Un devoir de week-end en quelque sorte.

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Mardi 10 avril 2007

Comme devoir de vacances, je vous propose cette fois de nous faire part des questions lancinantes que vous vous posez et auxquelles vous n’avez jamais eu de réponse. Une question par commentaire, s’il vous plaît. (Voir quelques exemples dès les premiers commentaires.)
Vous êtes aussi invités à répondre aux questions posées auxquelles vous avez, vous, une réponse. Votre interlocuteur vous en sera reconnaissant. Une réponse par commentaire, là aussi, s’il vous plaît. Mentionnez toujours le numéro du commentaire contenant la question à laquelle vous répondez. Notez que vous pouvez confirmer qu’une question évoquée vous taraude aussi. Notez également qu’il ne s’agit pas de donnant, donnant: vous pouvez ne faire que poser des questions ou que donner des réponses. Notez enfin que ceci n’étant pas un blog politique (Dieu merci), il est souhaitable d’éviter les questions qui vous soulagent mais auxquelles vous connaissez la réponse, telles que: Pourquoi la France va-t-elle très bientôt voter contre elle-même en élisant un président liberticide et xénophobe? Des questions comme ça n’ont pas d’intérêt ici…
Vous avez dix jours pour méditer là-dessus et contribuer. Grand merci d'avance. Il ne sera tiré aucune conclusion de l’enquête, ce devoir étant irréductible à des simplifications d’ordre statistique. L’intérêt est dans l’interaction entre celui qui questionne et celui qui répond (d’où la nécessité de bien préciser à quoi l’on répond): il s’agit de s'ouvrir aux questionnements collectifs et de se rendre mutuellement service.

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Lundi 19 février 2007

Oscar Wilde disait: « Je ne voyage jamais sans mon journal intime. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train.* »
A le relire ce week-end, m’est venu l’idée de vous poser une question un rien bateau, j’en conviens, mais bien plaisante et à laquelle on a tous une réponse que l’on a envie de faire connaître.
La voilà, cette question (en guise de devoir de vacances): « Et vous? Vous vous embarquez pour un long voyage et vous devrez vous passer de votre bibliothèque pendant tout ce temps. Peut-être même ne reverrez-vous jamais vos livres. Lequel allez-vous emporter? »
Justifiez si possible votre choix et donnez-en les références de façon à ce que l’on puisse éventuellement se le procurer. Vous avez dix jours avant le recensement que vous trouverez en commentaire de ce billet. Merci de votre réponse (un seul ouvrage par commentaire, s’il vous plaît, mais rien ne vous empêche de revenir sur votre choix ou d’en proposer d’autres dans de nouveaux commentaires). Bonnes vacances de carnaval!





*: Oscar Wilde, Les Pensées, Le Cherche Midi Editeur, 1990, p.104

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Samedi 30 décembre 2006

Petit devoir de vacances comme en novembre, pour mieux se connaître et s’apprécier. Vous aurez dix jours pour répondre mais je suis au regret de vous dire qu’il n’y a pas de voyage à la montagne à gagner. Répondez quand même, de toute façon il n’y a pas de neige.

Après 30 ou 40 ans d’existence, peu d’entre nous ignorent encore que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, to say the least. Mais même si la souffrance est ce qui caractérise essentiellement la vie, comme l’avait magistralement  montré le Bouddha (dans sa première noble vérité où tout ou presque est dit, déjà), certains s’en tirent mieux que d’autres.
Quelques-uns même s’en tirent très bien et quand ils tirent leur ultime révérence, c’est sur une vie heureuse dans l’ensemble, littéralement enviable.
Littéralement enviable: voilà où j’aimerais en venir. J’aimerais vous demander: C’est quoi pour vous, une vie enviable? Avez-vous un modèle en la matière? Qui auriez-vous aimé être ? Qui a vécu une vie que vous enviez? Vous pouvez développer, citer la personne (publique ou non) à qui vous pensez ou évoquer ce qu’on a dit d’elle qui justifie votre choix. Merci de réfléchir à tout ça. Prenez votre temps pour répondre. Dix jours, cela permet quelques recherches dans sa mémoire et dans ses livres. On peut aussi consulter ses amis. Un beau sujet à l’apéro d'ailleurs, demain soir ou lundi midi…

 
Exemple de réponse:
Je donne la parole à Cioran. Qu’il me pardonne.
Cioran qui disait de Michaux (à Esther Seligson, en 1985): "Sa vie a été une réussite, puisqu’il a fait exactement ce qu’il a voulu. Il a écrit, approfondi. […] Pour moi, c’est le type même de l’homme accompli."

Autre exemple de réponse:… mais je l’écris en commentaire pour ne pas alourdir…

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Vendredi 3 novembre 2006

Permettez-moi de solliciter votre aide bienveillante pour répondre à ces deux questions surgies à l’heure de la douche, hier matin. Vous avez dix jours pour décider de vos couleurs et affûter (éventuellement) vos arguments. Les retardataires ne seront toutefois pas pénalisés. Les gagnants ne gagneront rien. Les autres, non plus. Mais nous verrons tous plus clair.

 

 

Méditer, c’est tenter d’expérimenter l’inexpérimentable*.
Et - parfois? toujours? jamais? - y parvenir.

 

 

 

 

* : Par l’ego. Illusoire, en Réalité, l’ego ? Ou réel en cela qu’il est générateur d’illusion ?


(Pour l'ego, je propose deux pistes issues de cultures différentes. Pour ne pas alourdir le texte vous les trouverez en commentaires.)

par Marc publié dans : devoir de vacances
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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