P.S.: Le billet du 18 mai 2007 évoquait une bizarrerie du cerveau humain que déplore tout méditant.
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
P.S.: Le billet du 30 janvier 2007 dédramatisait la pensée: orientations.
La méditation est précieuse car nulle part ailleurs le penseur ne se rappelle son existence en arrière-fond de sa pensée.
Bien entendu, il n’ignore pas non plus que l’idée de lui-même est aussi une pensée. Et cette prise de conscience le mène parfois si loin…
P.S.: Le premier janvier 2007, c’est avec ces mots que je vous présentais mes vœux. L’humain dont je déplorais la barbarie de
la mise à mort délibérée était un tyran du Moyen-Orient - déjà oublié de tous, les barbares étant partout. Pour le reste, il n’est nul besoin que j’y change une traître virgule, à ces mots, pour
qu’un long voyage plus tard, ils soient ceux du jour. Mais cela ne me dispense pourtant pas de vous redire mon amitié à vous qui me faites l’honneur de me lire et de vous souhaiter une nouvelle
fois une bonne route.
On arrive toujours à temps*.
*: Je voulais citer ma chère vieille bonne femme de mère qui hier, à Noël, nous a dit cela entre le gorgonzola et la bûche glacée; et ainsi rendre hommage à l’expérience, notre meilleur
guru.
(Et ce n’était là que la conclusion d'un testament philosophique ainsi introduit: « Faut pas s’en faire! »)
P.S.: Le billet du 26 décembre 2006 s’intitulait créativité. Révolté, pour une fois.
« Les conséquences du changement climatique risquent d'être irréversibles », disent textuellement, ce vendredi, les scientifiques du Groupe
intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat réunis à Valence.
Irréversible, le mot est lâché. Comment le rattraper alors que maintenant l’idée existe?
Quoi de plus terrible que l’irréversible? L’inéluctable sans doute, dernier tabou encore imprononcé mais sans doute plus pour longtemps au rythme où vont les choses, rythme évoqué
ici.
« La perception est la chose elle-même », disait Husserl et Saint-Exupéry pensait lui que « la vérité n'est pas ce que nous découvrons mais ce que nous
créons ». Une réalité évoquée peut-elle alors ne pas se réaliser ? Il serait bon en tout cas d’y réfléchir, et à la lumière aussi de ce que disait Félix Guattari en 1992 (le
catastrophisme déjà):
« Des accidents écologiques, tels Tchernobyl, ont certes conduit à un réveil de l'opinion. Mais il ne s'agit pas seulement d'agiter des menaces, il faut passer aux réalisations
pratiques. Il convient aussi de se rappeler que le danger peut exercer un véritable pouvoir de fascination. Le pressentiment de la catastrophe peut déclencher un désir inconscient de catastrophe,
une aspiration vers le néant, une pulsion d'abolition. C'est ainsi que les masses allemandes, à l'époque du nazisme, ont vécu sous l'empire d'un fantasme de fin du monde associé à une mythique
rédemption de l'humanité. » (Le Monde Diplomatique d'octobre 1992, p. 26.)
Tout ceci nous ramène au devoir de vacances du 30 octobre, toujours en chantier, et au sujet plus actuel - hélas - que
jamais.
« Pourrait-on supposer qu’il ait refait sa vie, sous un nouveau nom, après avoir traversé de graves ennuis ? », se demande notamment Roger-Pol Droit*, parlant de Dieu.
Espérons alors qu’il reste discret pour toujours, et qu’il ne nous fasse pas l’article un jour prochain: « Je suis silence, je ne suis rien. » On le voit déjà venir...
*: Commentant dans sa chronique du Monde des livres du 19/10/07 un ouvrage de François Gachoud Par-delà l’athéisme.
Il y a au moins dix-huit siècles, Patanjali dans ses Yoga sutra considérait qu’aparigraha (littéralement : la non-convoitise) était une des conditions sine qua non de la bonne pratique du yoga. Pour leur propre bien, il enseignait à ses disciples de ne pas accepter plus que ce qui était nécessaire à leur subsistance…
Le 16 septembre de cette année, le regretté André Gorz rendait public un texte* dans lequel il disait notamment:
« Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous production est la voie royale de la sortie du marché. Elle nous permet de nous demander de quoi nous avons réellement besoin, en
quantité et en qualité, et de redéfinir par concertation, compte tenu de l’environnement et des ressources à ménager, la norme du suffisant que l’économie de marché a tout fait pour abolir.
L’autoréduction de la consommation, son autolimitation - le self-restraint - et la possibilité de recouvrer le pouvoir sur notre façon de vivre passent par là. »
Patanjali ne l’avait-il pas déjà définie à la perfection, cette "norme du suffisant" évoquée par Gorz? Rien de neuf sous le soleil donc et je fais pour la ixième fois cette constatation
en espérant que le jury du Nobel de la paix va enfoncer encore un peu plus le clou de l'écologie dans quelques heures en couronnant enfin l'un ou l'autre nouvel apôtre du "self-restraint ". Maintenant il y a urgence…
*: Ce texte m'a été communiqué par Céleste que je remercie.
L’année dernière, c’était le 9 octobre. Cette année, c’est encore un peu plus tôt, hier en fait.
Le 6 octobre correspond au jour (ecological debt day) où l’humanité a épuisé la production de
ressources naturelles de la Terre pour 2007. Elle en entame désormais le capital et sa biocapacité. Depuis ce dimanche, c’est terminé, nous vivons à crédit dans notre maison et quoi qu’on en
dise, nous n’avons pas la moindre intention de rembourser jamais nos dettes.
Plus mal barré que ça tu meurs!
*: Le premier mars 1983
**: «L’homme qui se respecte quitte la vie quand il veut; les braves gens attendent tous, comme au bistrot, qu’on les mette à la porte.» (Ladislav Klima dans
« Sagesse du nihilisme », article du Monde du 07/06/1991)
***: Le Soir du 26/09/07
Ahimsa (la non-violence), le concept le plus noble de l’Inde (indépendante depuis 60
ans aujourd’hui) du Mahatma Gandhi* est aussi d’une certaine façon taoïste. En effet la non-violence vis-à-vis du mental équivaut au non-effort, concept de la Chine ancienne
en l’occurrence.
L’ego étant illusoire en Réalité, toute activité de celui-ci serait donc illusoire (maya). Raison de plus pour ne pas l’impliquer** dans une démarche - attitude ou action - violente.
*: Mais aussi de Maharshi Patanjali, l’auteur des Yoga Sutra, qui, selon certains yogis authentiques, en aurait fait la clé de la compréhension de son système philosophique, raison pour
laquelle les Occidentaux non familiers avec l’Inde n’y comprendraient rien.
**: Le non-impliquant étant aussi l’ego, et la non-implication nécessitant aussi de se faire violence, c’est entendu.
Guru Purnima Celebration
On the auspicious day of Guru Purnima I wish to convey my deepest blessings to you all. Purnima, means full moon. The full moon that falls in the month of July is celebrated as Guru Purnima. This year it falls on 30th of Jul. It is a day dedicated to the worship of our Guru, the spiritual master who lights the lamp of wisdom in our hearts and leads us from darkness to Light. This was the day tradition tells us that Sage Vyasa the celebrated author of the Vedas, the Puranas and the Vedanta Sutras began writing the biggest epic in the world the Mahabharata. He invoked Lord Ganesh and requested him to write down the book on his behalf. He needed a quick writer because the book was very long 100,000 verses. Lord Ganesh agreed to do so with a condition that he will do so provided Vyasji will have to dictate so fast that he should not have to stop his writing in the middle. If his writing stops because of delay in dictating then he will write no more. Vyasa agreed to this but put a condition to Ganesh that when he writes he has to understand the meaning of what he is writing and then write and not like modern day stenos who type without understanding what they are typing. This day is traditionally celebrated to mark that occasion and with this all Gurus are reverentially worshiped.
The tradition of reverence to the Guru, worship of the Guru, ungrudging service to the Guru is a very well established one and is strongly imbedded in the culture of this land. May your own mind on this day turn and tune itself with the Guru. May you meditate more on this day to achieve the tuning and benefit from the guidance that follows. May you yourself be a Light on to others.
With much love
Swamiji
*: Vous trouverez un excellent article sur lui dans le dernier Nouvel Obs, un numéro exceptionnel qui parle
aussi du Bouddha et de Baudrillard.
Dans le supplément en anglais du Monde du 2 juin, le New York Times nous proposait un article au titre prometteur pour tout méditant: In a Digital Click, The Moment Is Lost
Forever.
Je me réjouissais à l’avance de lire un texte (ils sont si rares) qui allait faire l’éloge du moment « non perdu » lorsqu’on s’abstient de le retenir dans une boîte noire, numérique en
l’occurrence mais bon, rien n’interdisait à l’auteur d’extrapoler au cerveau humain puisqu’il est, lui aussi, pourvu d’une mémoire.
Hélas, il me fallut déchanter à la lecture. Damon Darlin expliquait en réalité (et pour faire bref) que nombre d’appareils numériques ont de grandes difficultés à immortaliser un sujet en
mouvement, le temps de réponse du « Digital Click » étant trop long. Une autre façon, vous en conviendrez, de concevoir ce qu’est un moment perdu, et
dans la foulée, un moment tout court, une respiration retenue, un ouf, un simple et merveilleux instant d’une conscience humaine.
Regrettable et surtout futile par rapport à ce qu’on aurait pu tirer d’un tel titre: une apologie (ici encore pour faire bref) de l’instant dégusté sans esprit appropriation, intensément
vécu, réel et pour tout dire: éternel autant qu'éphémère.
P.S. : « Baberie » veut dire coup bas (même porté en altitude). Je propose ce néologisme pour remplacer dorénavant « vacherie » dans le langage commun. Elles ne nous ont rien fait, les
vaches.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: