Bye bye Charlie.
P.S.: Le billet du 17 juin 2008 parlait de démystification de la Réalité Ultime, ce Brahman cher à l’Inde.
faute de mieux
"ουτε τι των ανθρωπινων αξιον μεγαλης σπουδης"
Rien des choses humaines n'est digne d'un grand empressement.
Platon, République, X, 604
"Passé la trentaine, on ne devrait pas plus s'intéresser aux événements qu'un astronome aux potins."
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
P.S.1.: Le billet du 17 février 2007 évoquait la mémoire d’un tout grand homme: Lewis Thompson. Vous connaissez?
P.S. 2 : Et comme c’est dimanche, que Marc (Ysaye bien sûr) a vingt ans (quand on aime…) et que le dimanche, il nous fait mieux que la
messe, je vous offre dix minutes trente de bonheur.
Tout créateur extrait du monde quelque chose qui le révèle.
Tout méditant extrait du silence…
(Et pendant que vous réfléchissez, les yeux fermés, voici - non, Saint-Nicolas ne vous pas oublié - le soleil, un jour de pluie.)
... Come up crash with the muses fells dust into ash
Come so close that I might see the light inside me, I might see
Let me hold you tight and arms tight and arms you lost your chance
Come so close that I might see the crash of light come down on me
With good luck Ill find the dark, stop me now
Find me to your heart
Let me hold you tight like rain and sunshine on a rainy day
See the lights
Come so close that I might see, see the light come down on me
Searching like the fresh goes by small like wind refuse to die
Free me now so I can see the taste of wind who lock me
Does the wind indeed like me
Does the wind indeed like me
With good luck I find the dark stop me now
Find me to your heart
Let me hold you tight like rain and sunshine on a rainy day
Let me hold you tight and arms tight and arms you lost your chance
Come so close that I might see the crash of light come down on me
The crash of light come down on me
The crash of light come down on me
Let me hold you tight and arms tight and arms you lost your chance
Come so close that I might see the crash of light come down on me
With spin luck Ill find the dark stop me now find me to your heart
The crash of light come down on me
So tonight the crash goes by
Small like wind and refuse to die
The crash of light come down on me
Come so close that I might see, see the light come down on me
I hold you tight like rain
Sunshine on a rainy day
Sunshine on a rainy day...
Joe Zawinul est parti ce matin pour le pays de l’oiseau. Il était entré à l’hôpital début août.
Télépathie peut-être, j’avais beaucoup écouté Weather Report le mois dernier et bien entendu son "second"
dimanche. J’ignorais que ce serait le dernier de ce tout grand du jazz rock méditatif.
Jazz à fip lui rend hommage demain soir.
Quelle place occupe la spiritualité dans la musique aujourd'hui?
Arte tente de répondre à cette question ce soir à 23h30 dans un documentaire programmé dans le
cadre de son été Summer of love, où il célèbre intelligemment depuis juillet, les mardis, le quarantième anniversaire du seul raz-de-marée salutaire du vingtième siècle, cet été
67 qui partit de Californie pour marquer un certain temps le monde et lui faire apprécier l’amour, les fleurs et même les mantras de l’Inde.
Ajout du 16/08 : vous trouverez en commentaire quelques perles entendues lors de cette émission.
P.S.: Et pour la vivre, cette euphorie dominicale, pourquoi ne pas réécouter aujourd’hui même le saxophone de Wayne Shorter dans le magnifique Second Sunday in August de Joe Zawinul (Weather Report, 1972)? (Une perle hélas introuvable sur la toile.)
Le web offre parfois des surprises mémorables.
Hier soir par exemple, le festival de Verbier proposait de vivre en direct depuis l'écran d’ordinateur un concert que l’on n’oubliera pas de sitôt: dans une sobre église de montagne, Anoushka
Shankar, la fille du Pundit himself, une Sarasvati de 26 printemps et de toutes les candeurs, débarquée dans ce paradis pas seulement fiscal
que sont les Alpes suisses et bien prise en mains par les tablas de Tanmoy Bose, dialoguait à la cithare avec le violon d’une réincarnation de Yehudi Menuhi, Joshua Bell. Prodigieux!
On a eu droit à seulement du nectar: depuis la méditation de Tchaïkovski, jusqu’à une composition de Ravi Shankar, Vachaspati, créée à l’intention exclusive de ce couple de
surdoués et jouée là pour la première fois, en passant par d’autres soma, comme ce Mishra Pilu dont on fêtait les quarante ans, joué en ces temps bénis où les
fleurs disaient la paix et l’amour par Yehudi Menuhin et Ravi Shankar dans le cadre d’un fameux West meets East (à moins que ce ne soit l’inverse, comme le pensa un instant
Joshua Bell, quelque peu brouillé avec l’histoire, il faut dire qu’il ne doit pas avoir quarante ans, lui, ou alors depuis peu). De quoi donner envie de relire des passeurs de pont comme Verrier
Elwin, Lewis Thompson ou Allen Ginsberg, ces antithèses de Kipling qui prétendait que ces deux mondes-là ne se rencontreraient jamais…
Vous pouvez vivre ce concert (en streaming, pas de possibilité d’enregistrement) sur le site de medici-arts.tv. Et il y a là d’autres trésors à portée
d’oreille comme cette majestueuse cinquième symphonie de Sibelius dirigée par un E-P Salonen en grande forme (reportez-vous au 26/07 pour cela)…
Peut-être regardent-ils trop haut ceux qui croient que le paradis est dans le ciel (« Notre Père qui êtes aux Cieux! »).
Certains pensent, eux, qu’il est à mi-chemin, dans les divines Alpes si bien dites par Richard Strauss*. Des Dieux y vivraient. Ceux qui savent goûter ces moyennes hauteurs ont trouvé leur
Olympe.
*: Dans sa symphonie alpestre notamment.
Ce matin, miracle des ondes.
En allumant la radio, le guitariste John Fogerty et le batteur Doug Clifford dialoguent, hallucinés. Avez-vous déjà entendu leur symbiose dans I heard it through
the grapevine? Déjà à jeun, cela vous soûle. Le silence d’une écoute attentive, ravie. L’extase.
Et si la méditation procédait aussi d’un dialogue? De soi à soi, peut-être, avec la respiration comme seul instrument.
P. S.: A la fin, la présentatrice, d’habitude peu encline à la poésie, a simplement soupiré: dix minutes de bonheur…
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: