faute de mieux
"ουτε τι των ανθρωπινων αξιον μεγαλης σπουδης"
Rien des choses humaines n'est digne d'un grand empressement.
Platon, République, X, 604
"Passé la trentaine, on ne devrait pas plus s'intéresser aux événements qu'un astronome aux potins."
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
Si consommer est un des maîtres mots de la société capitalisto-libérale dans laquelle, hélas, nous sommes, alors le méditant est forcément un hors système (« hors caste » pour reprendre le thème du billet du 16 octobre dernier) en cela déjà que si aujourd’hui, alors que tous les indicateurs de notre folie destructrice sont dans le rouge, consommer mieux c’est évidemment consommer moins (et cela de façon radicale et inconditionnelle), à son extrême opposé, méditer mieux, ce fut, c’est et ce sera jusqu’à la fin (proche) du temps de l’homme, méditer plus*.
P.S.: Le billet du 2 novembre 2007 initiait une série de six billets sur le temps aisément retrouvables en cliquant sur "suivant" en fin de chaque billet.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
détachement plus que nécessaire pour ne pas en faire un étendard, une révolte, une colère, une profonde solitude ou tristesse.
---> Bonjour, cher Marc,
Votre billet me parle pour me rappeler ce que dit Nicolas Hulot dans son dernier livre « Le Syndrome du Titanic » que tout le monde devrait lire, et ici, il dit :
« J'entends parfois dire que la recherche de la sagesse, aujourd'hui, se fait rare. Une telle démarche n'aurait plus sa place dans des sociétés techniciennes tout entières tournées vers la production et la consommation... »
Je rejoins sa pensée et comme il le dit encore « Si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire “mieux avec moins” et mettre l'écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons inéluctablement. »
Ainsi, il est plus que temps que chacun devienne plus sage, plus responsable si nous ne voulons pas que les générations futures nous reprochent de l'avoir su, mais de n'avoir rien fait pour changer le cours des choses.
Bien à toi et douce continuation, chaleureusement, Jack.
Amitiés, Jack.
radical... chacun doit se sentir concerné, si l'on veut avancer...