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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

ridiculisation

Pour une fois qu’on parle du yoga, c’est pour en donner une image navrante: lisez cet article trouvé sur lalibre.be:

 

Du yoga sauce américaine

AFP

Mis en ligne le 06/03/2011

Des dizaines d'élèves courent en hurlant sur l'esplanade menant au Gange avant de danser sur de la musique indienne à plein volume: voici le cours d'une gourou américaine du yoga invitée à un festival en Inde, berceau de la discipline, et qui indispose les puristes.

A Rishikesh, une ville sacrée du nord de l'Inde considérée comme la capitale mondiale du yoga, Gurmukh Kaur Khalsa, adulée par des milliers d'adeptes dans le monde entier, figure parmi les professeurs invités au festival international du yoga, une discipline et une philosophie indiennes connues pour leur ascétisme.

Depuis des millénaires, le yoga s'exprime par ses méthodes rigoureuses d'unification de la conscience avec un contrôle graduel du corps, du souffle et de l'esprit. Mais le yoga enseigné aux Etats-Unis, notamment en Californie, fait souffler une nouvelle tendance mêlant gym, new age et discours sur le divin.

Lors d'un cours consacré aux "dons de la tête et du coeur", l'assemblée hétéroclite, formée d'Européens, de moines bouddhistes ou de Japonais, doit se tenir la main et chanter "Alléluia" pendant une dizaine de minutes en oscillant le corps. Certains pleurent, d'autres ont un visage extatique.

"Gurmukh", née Mary May Gibson, dirige à Los Angeles un centre de kundalini, une forme de yoga exportée dans les années 60 aux Etats-Unis par un Indien Sikh, Yogi Bhajan. Elle lui a emprunté le turban, qu'elle porte immaculé, comme sa tunique.

A la fin du cours qui a enthousiasmé nombre d'Occidentaux ravis d'avoir enfin vu celle qui donna des cours particuliers à Madonna et Courtney Love, un participant indien fait une moue sceptique en repliant son tapis de sol. "Cela fait 20 ans que je pratique le yoga. Pour moi, tout ça c'est superficiel, il n'y a aucune profondeur, c'est comme faire du sport", assène Kamal Deep Ohlan, 35 ans, lui-même professeur de yoga. "Aujourd'hui, le yoga est devenu un +business+ alors qu'il devrait être un voyage vers soi, une philosophie", juge ce jeune homme diplômé d'un master en sciences du yoga et conscience humaine à l'université de Haridwar (nord).

"Gurmukh" n'est pas la seule à venir troubler certains chakras. "Shiva Rea", blonde Américaine d'une quarantaine d'années moulée dans un pantalon blanc taille basse, enseigne habituellement à Santa Monica son "Yoga Trance Dance for Life" qu'elle a créé et qui vise à intégrer des mouvements de danse hypnotique dans les asanas (postures) et les exercices de méditation.

Elle vient de donner un cours en tenue légère qui a choqué plus d'un participant: une vingtaine a claqué la porte avant la fin. "J'ai eu l'impression d'être devant Jane Fonda (actrice américaine célèbre pour ses cours d'aérobic, ndlr). Ce n'est pas du yoga, c'est juste un +show+ mais pour réussir en Californie, c'est ce qu'ils doivent faire", dénonce Florian Palzinsky, professeur de yoga autrichien de 42 ans.

"Les maîtres indiens restent plus traditionnels. Ils sont authentiques, n'emploient pas de mots savants, il n'y a pas de musique. Et surtout, ils n'ont pas besoin de prouver quoique ce soit", ajoute sa femme, Daniela Wolff, une nutritionniste allemande de 50 ans.

D'autres Américains sont venus enseigner leur propre version du yoga, comme "Bhava Ram", qui a co-fondé à San Diego le mouvement "Deep Yoga", fondé sur la relaxation profonde. Ces stars invitées à la 12e édition du festival organisé par un centre spirituel co-géré par une Américaine, l'ashram Parmath Niketan, réussissent à éclipser des professeurs étonnants tel ce gourou indien de 103 ans, Swami Yogananda, qui donne chaque jour un cours à 06H00 du matin.

Pour Hikaru Hashimoto, professeur japonais de yoga également invité, "les Américains sont très doués pour faire évoluer le yoga et inventer de nouveaux styles qui se répandront ensuite dans le monde entier". "Mais l'Inde est le premier pays du yoga. La base du yoga, c'est ici", martèle-t-il.

 

La sauce américaine dénature décidément tout.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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mamalilou 20/03/2011 02:31



"meilleure"??!!


souvent le rire vient apaiser la révolte...


parfois il l'empêche...


que vaut la révolte seule, si elle ne propose pas même la patiente compassion?


au fond, ce dévoiement même des rares opportunités, n'est-il pas encore un dernier filtre?... un ultime test de la pureté du désir, du discernement... de la sincérité de la démarche...un jeu...


quête du Soi ardente et discrète


ou quête de "bien-être perso encadré immédiat et sous le regard d'autrui"...?


une opportunité de prendre sa part dans ce chemin... d'être vraiment (vs paraître, éprouver, montrer...)



Marc 22/03/2011 18:22



Encore d'autres considérations à débattre; et tu as de nombreux arguments...


Amitiés.



mamalilou 08/03/2011 15:27



je souris... oui ya quand même beaucoup de folklore... et de commerce...


on peut effectivement arguer des nécessités d'adaptation culturelle... mais pour celui qui se pose en guru, que lui importe la quantité d'élèves... s'impliquer dans la séduction n'est pas très
compatible avec la nature du projet, à bien y réfléchir...


 


de la même façon qu'il y a la trash food, il y a à présent de la trash méditation!!!


grand lol compassionné, gageons qu'une fois l'euphorie gestuelle exutoire dépassée (peut-être nécessaire après tout...), ceux qui aspirent à l'élévation saurons rapidement trier le bon grain de
l'ivraie et se centrer en toute dignité retrouvée :))



Marc 10/03/2011 09:52



La voie du sourire est-elle meilleure que celles de l'exaspération et de la révolte? Le tout est de savoir ce qui est réellement perdu pour l'affranchissement de l'homme lorsque ses meilleurs
chemins - si rares- sont détournés. A débattre.



celeste 06/03/2011 21:26



Affligeant!


Au Kerala, sur la côte, multiplication de resort chics, proposant des séjours, massages, soins ayurvédiques, yoga, méditation et ballade en éléphant. Tout compris.  Contacts avec la
population locale soigneusement évités!


La où le consumérisme passe, la raison trépasse!


 


Baci baci



Marc 08/03/2011 12:13



Après le tourisme de luxe il y aura celui de masse, comme en Tunisie et en Egypte, avec un bénéfice réel  pour la population locale tout aussi égal à zéro et une acculturation tout aussi ô
combien regrettable...


Baci, molti...