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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

progression

Quelques considérations sur les agréments de l’existence soumises à votre réflexion:

Plaisir; joie; contentement; bonheur; extase

Déguster un grand sauternes apporte du plaisir. Réussir un passing shot apporte du plaisir. Retrouver un vieux Dutronc à la radio (il est maxi, docteur Schweitzer...) apporte du plaisir… Le plaisir est causal et explicable.

La joie, elle aussi, est causale et explicable. Mais elle est souvent plus raffinée que le plaisir et un peu moins éphémère: fermer son bureau un vendredi à 18h00 avec le sentiment du devoir accompli et la perspective d’un week-end de liberté procure de la joie (au moins quelques minutes).

Le contentement (santosha : Patanjali, l’auteur des yoga sutras recommande de le cultiver) est comme la joie, raffiné, mais encore plus qu’elle. Et lui aussi, explicable. Quand on est content, on sait pourquoi: on a bien travaillé, on a fait du bon boulot, un bon match, une bonne séance de hatha yoga ou encore une méditation « pacifiante ».

Le bonheur, lui, est encore plus raffiné que le contentement. Vous êtes heureux parce que vous savez que vous menez une existence en accordance avec vos valeurs. De plus, vous vous laissez porter, vous n’essayez pas de remonter le courant de la vie naturelle et bonne. C’est aussi un sentiment plus long en bouche, tout en étant plus diffus, plus mystérieux que le contentement: vous êtes absolument sûr de la raison pour laquelle vous êtes content; vous l’êtes parfois moins de la raison pour laquelle vous êtes heureux. (D’ailleurs, quand vous êtes heureux, c’est souvent à peine si vous le remarquez.) C’est sans doute parce que vous êtes là dans un état d’esprit où votre personne (ce misérable petit tas de secrets, disait Malraux) est moins prégnante.

En fait, en remontant du plaisir vers le bonheur via la joie et le contentement, vous allez vers de moins en moins de focalisation sur vous-même et vers de plus en plus d’universalité et d’harmonie. Il ne vous reste plus (si l’on peut dire) qu’à passer à la dernière tape: l’extase. Mais pour cela vous avez peut-être intérêt à prendre en considération ce que les Japonais disent du satori et les hindous du samadhi. Puis, de poursuivre vers de plus en plus de silence, vers cette dimension de vous-même où le « je » n’existe plus. C’est que la méditation la plus raffinée, qui est extase, est différente du bonheur, et encore plus du contentement. Quant à la joie et au plaisir, ils lui sont carrément inconnus. Normal, puisque dans l’extase, l’ego, seul susceptible d’éprouver ces sentiments est reconnu comme illusoire, ou mieux encore, comme non pertinent.

 

 

 

 

P.S.: Le billet du 30 janvier 2009 et celui du lendemain aussi, qui le concluait, parlaient de visions.

 

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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Saint-Songe© 04/02/2011 08:29



AH , mais il me semble que votre article résume ni plus ni moins que la Pensée 139 Pascalienne (sans divertissement l'homme n'est qu'ennui, même s'il a fonction de président !), laquelle se
trouve en votre incipit pour amorce.... La profonde tristesse nous viendrait ainsi que , sans le "divertissement" , l'individu ne "progresserait" en rien (obnubilé par le gain et le profit
seuls)...



Marc 16/02/2011 16:31



Est-ce vraiment ainsi que vous comprenez le Pascal que je cite?