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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

évocation

Le bon sens, ce vieux monsieur d'Évolène (Valais, Suisse) me semblait l'incarner.

Il marchait (beaucoup) pour marcher et non pour arriver quelque part. De l'exercice, couper soi-même son bois et porter l'eau. Vivre loin des vitrines du désir et des hauts murs déprimants des grises villes. Parler avec humour et pitié des jeunes gens "aux hormones" d'aujourd'hui, poteaux télégraphiques sans épaules, salades montées, cornichons - "que dis-je: concombres" - anémiques. Se coucher tôt - "les heures avant minuit comptent double" - et jouir chaque nuit d'au moins huit heures d'un juste repos.

Dans son chalet de bois, le sommeil calquait l'opacité de la nuit d'altitude; il avait une qualité particulière, à peine troublé par les craquements des planches rappelant que l'on avait dû couper de leurs racines des arbres vénérables pour jouir tant de la nuit.

C’était en 1986, par là. Son discours alors me paraissait un peu désuet. Aujourd’hui, à me souvenir de sa voix, j’entends un monde totalement disparu. Ce bon sens n’existe bel et bien plus que dans mon souvenir.





P.S.: Le billet du 22 janvier 2009 évoquait un petit coin que vous connaissez bien. Oui, oui.

 

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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marie-claude 24/01/2010 14:50


à chercher bien, il s'en trouve encore ...
amitié . 


Marc 28/01/2010 17:47


A prouver. Et puis, cela remet-il en cause l'esprit de ce billet?
Amitiés.


mirabelle 22/01/2010 22:30


Moi aussi, Evolène, Arolla ... fin des années 70 ...
Je doute qu'aujourd'hui encore, il y ait beaucoup de vitrines à lécher là-haut ! Or il est dit que le lieu (l'environnement) où se déroule notre vie nous informe l'âme. Pas très étonnant dans ces
conditions qu'il y ait des sages si près des étoiles. D'ailleurs, une fois sages, ils peuvent redescendre dans les centres villes agités sans que leur pratique ni leur sagesse soit le moins du
monde ébranlé.
http://www.voiesorient.be/Buffle/movie2.htm



Marc 28/01/2010 17:44


Des sages près des étoiles, à guetter la première dans le soir...


céleste 22/01/2010 22:12


Il y a quelques heures, je suis passée, j'ai lu. Depuis,  j'ai pensé  à celles et ceux qui ont peuplé mon enfance...et ce monde là m'a semblé terriblement lointain...

En Inde, souvent je le retrouve,

Baci


Marc 28/01/2010 17:43


En Inde, les mataji, les babaji, dans les cours de ferme, loin des villes apocalyptiques, oui...
Namaste!


Pom de l'atelierpapillon 22/01/2010 11:53


Quelle coïncidence ! Il y a quelques jours je découvre votre blog, et aujourd'hui... vous parlez d'Evolène ! J'ai passé toutes mes vacances à Evolène, dans le chalet de l'institutrice Lolita,
magnifiques ballades à Arolla, etc... en effet beaucoup de choses à apprendre de ces femmes qui fauchaient en costumes du pays et de ces hommes aussi en costumes à la sortie de la messe... Vous me
remémorez l'odeur de ces champs, ces belles montagnes... Merci.


Marc 28/01/2010 17:40


L'odeur du chalet de bois, celle du foin dans les étables...