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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

atterrissage

Lu dans le journal Le Monde du samedi 23 octobre ce billet "sans détour" de Caroline Fourest  intitulé "Les vieux et les morveux": Vieux et morveux, "ils devront être opérationnels au plus vite s’ils ne veulent pas être exclus ou mourir sur le marché", remarque-t-elle, parlant de ces jeunes Français qui manifestent ces jours-ci, et plus finement psy, elle parle du jeune (le Français toujours) d’aujourd’hui en ces termes : "On le trouve un peu vieux avant l’âge. Il manifeste pour les retraites avant même d’avoir un emploi. Ses parents ont connu l’âge d’or, le plein emploi, Mai 68 et la désillusion idéologique. Lui sait que l’avenir sera sans pitié."

Et plus psy encore (forcément), le méditant de se demander: L’avenir est-il jamais sans pitié?

Et de se souvenir de Schopenhauer qui constatait: "Quel abîme entre le commencement et la fin de la vie! Elle commence dans la chaleur et l'enchantement voluptueux; elle s'achève dans la destruction des organes et dans l'odeur de pourriture des cadavres. Le chemin qui mène de l'un à l'autre est un déclin sous le rapport de notre plaisir et de notre jouissance vitale: l'enfance est bienheureuse, la jeunesse est heureuse, l'âge adulte est pénible, la vieillesse est lamentable.

Tout se passe comme si l'existence était une erreur dont les conséquences deviendraient toujours et davantage patentes."

Et le méditant, de son siège obscur s’envolant toujours plus haut, d’appeler, pour une conclusion brève, Cioran qui disait qu’ "espérer, c'est démentir l'avenir."

Et le revoilà encore, jeune ou vieux, en face de la réalité de chaque respiration de son assise: le présent sans espoir et donc forcément extatique.

 

 

 

 

P.S.: Sous le titre rafistolage le billet du 24 octobre 2008 évoquait, et la seule circonstance atténuante qu’aurait Dieu pour sa création apparemment bâclée, et la transcendance, cette revanche peut-être possible d’une de ses "créatures".

 

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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S
<br /> <br /> Il ne dépend que de nous "de vouloir être bienheureux", voulais-je souligner avec A. Silésius ou "on a besoin de patience avec tout le monde, mais particulièrement avec soi-même" ajouté-je aussi<br /> après St François (de Sales" , et, pour ne pas faire mentir le proverbe jamais deux sans trois, pour ne pas ajouter le poids des ans à sa vie , par la troisième citation : " ajouter de la vie à<br /> son âge" (ou à ses années)... Puis vous savez bien que l'immanence du vivre est "bien percevoir ce qui se passe" (ce à quoi je m'exerce, afin de ne pas trop - vite - vieillir, puisqu'il faut<br /> passer d'âge (rester jeune par l'esprit, déjà....)<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Je vous propose aussi:<br /> <br /> <br /> "Dans la meilleure des hypothèses, le monde n'est qu'une vaste collection d'individus s'efforçant de simuler un bonheur qu'ils n'éprouvent pas."<br /> <br /> <br /> (Samuel Johnson cité par Nucéradans mes pprts d'attache, Grasser 1994, p. 157)<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> Désolée, Marc, mais je ne suis pas du tout d'accord avec ce Schopenhauer - tout philosophe qu'il soit !, et que je ne suis pas. Car enfin, voilà bien des clichés d'un autre âge : "l'enfance<br /> bienheureuse, la jeunesse heureuse, l'âge adulte pénible, la vieillesse lamentable".<br /> <br /> <br /> Celui du Paradis Perdu ne serait-il pas qu'un alibi (une peau de banane bien glissante) tourné vers le passé pour mieux excuser notre penchant naturel aux rêves (rêvasseries) autocomplaisants<br /> quant à la difficulté et au courage de s'impliquer à vivre notre vie, de se décider à en prendre vraiment soin ("L'heure vient et c'est maintenant !") ?<br /> <br /> <br /> Ayant maintenant collectionné suffisamment de balais pour pouvoir commencer à en juger, il me semble plutôt que chaque âge est un dur apprentissage, plus ou moins cruel, voire mortifère, plus ou<br /> moins couronné de succès, voire calamiteux - mais c'est à chacun de faire - à chaque âge - de son mieux sans s'attacher outre mesure au résultat final qui dépend aussi de bien d'autres facteurs<br /> hors de notre spère d'influence.<br /> <br /> <br /> Tant qu'à aller "se greffer" sur un philosophe, ma préférence va à Paul Ricoeur : "Mourir vivant !" - donc apprenti jusqu'au dernier souffle - Inch Allah ! <br /> <br /> <br /> Ps : je connais très peu Schopenhauer et P. Ricoeur ! de ce dernier j'ai seulement lu des bribes, les plus accessibles "aux lecteurs moyens", c-à-d très très peu ! Alors pardon si mes propos caricaturaux irritent les experts en la matière.<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Ricoeur a dit: "Mourir vivant!"; Schopenhauer l'a fait: Il est mort à 72 ans d'une crise cardiaque. C'était une force de la nature, un jouisseur aussi. Ce qui ne l'empêcha pas d'être lucide sur<br /> nos vies. Bien sûr, la formulation que tu contestes est un peu datée mais pas si fausse que cela, après tout.<br /> <br /> <br /> Cela dit, je  respecte fort ta vision des choses d'autant plus qu'elle semble être le fruit d'une expérience significative.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Quand il y a sans fin émerveillement, il n'y a jamais de "vieillesse lamentable" ; cette jeunesse évoquée, qui parle, je l'entends de la sorte, au pareil écho, par ici, pays de douarnenez où<br /> l'emploi est "absent" depuis les années ...70 !<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Nous verrons bien comment sera notre propre vieiliesse avant d'affirmer qu'elle sera belle.<br /> <br /> <br /> D'autre part, je vous remercie de confirmer la constatation de Madame Fourest depuis votre région.<br /> <br /> <br /> <br />