faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
2/2
Par sa nature propre, ce qui se passe ne peut être démontré quand cela se passe dans la conscience du méditant. On peut certes constater scientifiquement des changements particuliers de fréquence d’ondes cérébrales. Mais on ne peut affirmer que le méditant est conscient du changement d’état d’esprit que cette modification de fréquence traduit. Peut-être en est-il conscient, mais s’il veut le prouver, il annihile le changement possible. Il quitte son univers (éventuellement son extase) pour redevenir démonstrateur, comparateur, rationnel.
Tout cela (1/2 & 2/2) pourrait être par ailleurs un sujet de... méditation pour le scientifique, surtout lorsqu’il réalise que tout se passe dans sa conscience d’homme et que ce qu’il observe de façon prétendument objective n’est rien d’autre que sa propre conscience reflétée dans ses instruments de mesure. Mais cela est un autre débat que la physique quantique a introduit depuis longtemps.
P.S.: Comme hier, désolé pour le titre.
Bonjour Marc,
Après une heure de méditation à l'église St Germain, je prends enfin le temps de vous lire, puis de répondre.
Je crois qu'il y a confusion : le bouddhisme tibétain est très riche, et ce n'est pas parce qu'il y a des mantras, des rituels, des fêtes et des divinités, qu'il n'y a ni méditation silencieuse, ni yogi, etc. D'ailleurs le mots yogis est souvent utilisé dans le bouddhisme tibétain. Il est vrai que beaucoup se passionnent pour les bougies, les encens et la prière, les mandalas et les déités très colorées. Mais il faut savoir que le Vajrayana (le véhicule secret, du diamant, etc.) contient et le Théravada, et le Mahayana, c'est-à-dire autant shamatha que vipassana. Les méditations avec support intérieur et extérieur, les méditations sans support.
De plus le Vajrayana, en ce qui concerne les divinités, n'a rien à voir avec de l'animisme. Les divinités sont des représentations symboliques des différentes "facettes" de l'esprit, un peu comme les archétypes dans le sens jungien. Ce ne sont pas à proprement parlé des entités supérieures et extérieures à l'humain. Ces images peuvent se manifester concrètement dans des visions etc. car l'esprit a la capacité de matérialiser les choses. Mais toute personne familière au soutra du coeur et autre, sait que toute apparence est vide... Et le vide est apparence.
De mon point de vue, le bouddhisme tibétain a cela en plus du Zen qui permet (dans certaines conditions...) d'apprécier à la fois de la simplicité, de la nudité, de la vacuité du monde, et la fois de la complexité, la diversité, la multiplicité des apparences, des manifestations de ce monde.
Autant on peut s'attacher à la "beauté" du monde, se laisser fasciner par les images et la musique dans les religions comme le bouddhisme tibétain et l'hindouisme, autant on peut s'attacher à la simplicité et au dépouillement dans le Zen.
Il n'y a pas de raison de s'attacher plus au vide qu'au plein, et ces deux approches sont légitimes et complémentaires... je crois.
Amicalement
P.S : je ne suis pas sûr que Bouddha aurait été prêt à ce battre pour quoi que ce soit... (clin d'oeil)
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: