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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

déblogage

Une cure de quelques jours d’horizons peu trahis (quelques bateaux…), de silence et peut-être de vent. Je n’emporte que l’ouvrage de Dhiravamsa sur "La Voie du non-attachement", choisi parmi ceux que vous aviez conseillés (voir la liste ici, en bas du commentaire 41) lorsque je vous avais demandé quel livre vous emporteriez dans votre sac de voyage. Je vous laisse avec mes remerciements pour vos lectures et sept fulgurances de plus, qui n’attendent que votre attention et, pourquoi pas, vos commentaires…


***


La pratique de la méditation (le sadhana): apprendre à désapprendre.

 

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Les pensées voilent la Réalité; cette Réalité devient alors le monde tel que notre mental agité le perçoit et le crée.
Ramana Maharshi disait que les pensées atténuent la beauté fondamentale. Pour lui, il n’y avait pas de laideur. Pour lui, tout était pur. Il savait que les pensées sont des impuretés et que le mental est un filtre qui ne laisse passer le Réel qu’à travers les rares moments de total silence et d’extase au sortir desquels des fulgurances, qui en sont le résidu, peuvent être récupérées (pour L’évoquer).

 

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Tous les discours, même les plus inspirés, sont probablement inefficaces pour vivre cette existence dès qu’il s’agit de nous mener à l’Ultime.
Pour cela, nous avons peut-être besoin d’une discipline de vie dans laquelle, paradoxalement, nous ne recherchons rien. Cette discipline n’est pas un moyen d’atteindre quoi que ce soit. Nous savons qu’il n’y a sans doute rien « à la fin »… le vide seulement.

 

***

 

Cultiver le désintérêt pour tout résultat. S’accommoder du caractère insensé de l’existence. Côtoyer le silence. Bref, méditer.

 

***

 

Évoquer le vide (sunyata), c’est arrêter de parler et sombrer dans le silence.
Tout comme peut-être, dans l’espace intersidéral, prendre conscience d’un trou noir, c'est devenir soi-même invisible et silencieux...

 

***

 

Quand nous avons consciemment et inconsciemment acquis la sagesse de ne vraiment rien rechercher en « méditant », alors, si c’est encore possible, nous pouvons utiliser une méthode pour rendre cette « méditation » plus vide, plus inutile, plus totale encore.
Avant d’atteindre cette sagesse, nous utiliserons des recettes pour arriver à « quelque chose », et celles-ci nous feront vraisemblalement régresser sur ce chemin qui, paradoxalement, pour celui qui est à même de ne rien attendre de sa pratique ou plus exactement de sa non-pratique, est un non-chemin, un non-chemin emprunté par un non-utilisateur.

 

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Qui sommes-nous?
Se poser cette question, c’est reconnaître notre ignorance. On pressent d’ailleurs que l’on ne pourra sans doute jamais lui trouver de réponse.
Sublime, cette situation.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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A
Etre conscients  du caractère, en apparence,insensé de l'existence, et sous l'absence de sens voir émerger des magnificences encore plus insensées, voilà un beau sujet de méditation.
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M
Merci à tous pour vos souhaits et commentaires. Me voilà revenu, toujours aussi ravi de vous lire...
M
Permettez-moi, Marc, de ne (vous ?) préférer qu'un morceau : que je cite : " Qui sommes-nous ?" : d'emblée, le dialogue impromptu est ici donné comme base et préalable de toute donnée. Ah ! Que tout ceci semblait donc jovial... cordial et amical, n'est-ce pas ? Certainement le terrain moins glissant d'un singulier "qui suis-je ?"... incorrigible cette honte à ne le savoir pas, seul et face à soi-même.Bonne marche ? Et à bientôt,
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M
Ne pas inclure (par le pluriel) chacun dans cette formulation serait suggérer que peut-être certains ne se la posent pas, cette question qui nous rend homme (ou, dit autrement, "nous"). Ce qui est peut-être vrai. Comme il est peut-être vrai qu'il y a une part de honte à dire "je", particulièrement ici. "Je" n'ai pas honte de cette honte-là, cependant...A bientôt, Marie-Gabrielle.
M
depuis le 010307 j'ai pointé mon nez chez lungta , et signé de mon prénom, qui est aussi le tien. pardon pour la confusion. dorénavant puisque tu signes Marc, je serais marc. un lotus,....marc.
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M
Pas question, Marc. Marc, tu es, Marc tu restes. Pourquoi se découvrir? Que dirait ta maman? Il y a de la place pour deux Marc dans ce vaste monde. Et tant pis si l'on nous confond. Pour ma part, ta délicatesse fait que je ne m'en formaliserais pas.
C
Cher Marc,<br /> Je pense au contraire que tout ce qui nous arrive est Expérience pour nous amener vers la Karuna et à l'humilité. La méditation et le vide sont certes des techniques pour atteindre ce "quoi que ce soit", "vide sidéral", invisible et silencieux.<br /> Ainsi dans le Banquet de Platon, Socrate demande qu'est ce que l'amour ? L'amour est le désir et le désir est manque. Pourtant bien souvent les désirs sont comblés, le vrai désir ne manque de rien. Ainsi notre vie oscille entre souffrance et plénitude.<br /> La méditation servirait à supprimer ce désir engendrant souffrance et plénitude pour nous mener vers un vide universel. Cela me semble mortifère et nihiliste. Pourtant Boudha parle de suprimer le désir lorsqu'il est manque, mais il l'appelle soif et en ce, il le génère comme puissance à l'existence, il le transforme en positivité. C'est le manque qui nous attache, il faut donc le transformer en puissance, jouissance de l'action en joie et en plénitude. A nous de la distribuer aux autres et de transmettre ce savoir.<br /> Le désir est une espérance lorsqu'il n'est pas manque, il mobilise la raison, il est VOLONTE ET AMOUR. La volonté est un désir qui dépend de nous (Aristote).<br /> Convertir le désir c'est se convertir aux autres et s'ouvrir vers le monde. Ainsi nait la Karuna. Un sevrage qui nous amène à devenir ce que l'on Est. Des êtres d'amour et de Partage. <br /> Merci Marc, je reviens de 15 jours de vacances plus des conférences, mais je suis là en fan assidue.<br /> Tendre amitié
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D
"Apprendre à désapprendre" et se déprendre de soi. Oui. C'est une solution pour y voir plus clair sur le chemin.
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