méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Mercredi 21 février 2007

Quand le regard se fige et reste vague, absorbé par l’immense silence, cela, l’Inde le comprend; mais ici en Occident on vous serrera plutôt le bras pour vous faire « revenir à vous » et vous demander si « ça va ».
Et ce contestable rappel à l’ordre commence tôt: Vladimir Nabokov* et Robert Doisneau** étaient de ceux qui déploraient que l’on ne laisse pas assez les enfants rêver.




*: « Ne dites jamais: "Allons, dépêche-toi!" à un enfant ! » (Vladimir Nabokov, Autres rivages, Gallimard, p. 82.)
**: « Ne perds pas ton temps, dit-on à l'école. C'est le temps perdu qui est le plus important. » (Interview du photographe Robert Doisneau  en 1998)

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

Où est-on quand on est comme ça, indisponible ?... (le Petit Robert, reflet de nos concepts, associe sans hésiter, "disponible" et "libre")
commentaire n° : 1 posté par : Dehorsdedans (site web) le: 21/02/2007 11:23:15
Bonne question!
réponse de : Marc (site web) le: 22/02/2007 15:12:31
Note perso à Marc : je sors d'une mauvaise grippe, d'où mon silence, ça va mieux, ce" soir je lis tout ce que j'ai en retard et je commente.
commentaire n° : 2 posté par : irene (site web) le: 21/02/2007 11:39:28
Ah ces grippes! Mauvaises pour les bloggeurs, cette année. Courage, Irène!
réponse de : Marc (site web) le: 22/02/2007 15:13:35
moi c'est l'occident que j'ai de plus en plus à comprendre...
commentaire n° : 3 posté par : céleste (site web) le: 21/02/2007 21:11:42
On se comprend, Céleste.
réponse de : Marc (site web) le: 22/02/2007 15:14:20
On ne retrouve l'incandescence du temps qu'après avoir longtemps pratiqué l'art de le perdre, à nos risques et périls il est vrai  . Difficile de sautiller dans une armée au pas de l'oie sans se faire au moins remarquer ;-)
commentaire n° : 4 posté par : Larma le: 22/02/2007 14:04:42
 "The state of grace is the speech that rises in the heart of silence." (Ramana Maharshi, The collected works of Ramana Maharshi, Sri Ramanasramam, Tiruvanamalaï, p. 149)

réponse de : Marc (site web) le: 22/02/2007 15:36:22
combien j apprècie les mots et la construstion des phrases pour dire de telles pensées   je souhaite lire encore  et encore  merçi et bonne continuation   amicalement christmars
commentaire n° : 5 posté par : christmars le: 26/02/2007 20:19:46
Merci beaucoup. Bienvenue ici.
réponse de : Marc (site web) le: 01/03/2007 10:56:46

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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