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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

neutralisation

Y aurait-il quelque chose dans la posture du lotus (padmasana) qui, physiologiquement, compense le fait que s’y mettre implique de l’intention et par là même crée un obstacle à la méditation qui est absence de désir?

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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L
Marc,Tout amicalement et sans vouloir te heurter ni faire de théories dans l'air, le mieux que tu puisses faire c'est d'expérimenter avec un moine bouddhiste une technique de méditation.Je ne sais pas comment te l'exprimer, mais à la lecture de tes remarques je ne peux que ressentir qu'une pensée toute cartésienne.
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M
Pour arriver à quoi, Lancelot, cette technique?
L
Merci Marc pour les précisions fort intéressantes. Pour ma part quand je m'assieds c'est pour mon propre bien ou parce que j'en ai envie ou que j'en ai besoin et je ne pose pas plus de questions.Quand j'ai des fourmillements dans les jambes je me concentre à fond sur ce mal comment il apparait, de quelles façons il se mute et comment il s'en va. A un certain moment les fourmillements ou le mal aux jambes s'en vont. C'est aussi vrai quand j'en ai un peu marre je me mets debout et je sors de ma posture de méditation. Tout simple.
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M
Tout étant possible, Lancelot, c'est peut-être lorsque tu sors de ta posture de méditation et te mets debout que tu médites. L'esprit alors se relâche et fait relâche: tout est possible alors. Il n'y a peut-être de réelle méditation (mais que veut dire réelle?) que lorsqu'il n'y a pas l'effort de méditer et même la conscience de méditer.
L
Hier dilemme, aujourd'hui neutralisation. Des thèmes et contenus dignes de koans et qui me rendent perplexes. Tu poses des questions là où les gens passent sans y faire attention. Des questions pertinentes sur des faits anodins.A bientôt Marc.
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M
Cat, Jungne, Céleste , Mind, Lancelot, je vous remercie pour vos commentaires intéressants.Je vous dois ici deux précisions:<br /> 1) Concernant la posture.<br /> Maîtriser padmasana est peut-être moins affaire de physiologie (la fameuse souplesse orientale n’est déjà plus qu’un mythe dans leurs métropoles) que de style de vie (padmasana est l’enfance de l’art pour un professeur occidental de yoga ou de stretching ou encore pour un danseur classique comme il l’est pour certains Indiens, Chinois, Japonais - mais pas tous, et cela indépendamment de leur style de vie car il faut aussi compter sur la souplesse dont on hérite).<br /> Un problème autrement sérieux avec l’assise est sa durée (on le rencontre aussi si on s’assied dans une posture moins académique): On se rend vite compte là que le vrai problème c’est moins le corps que la tête (pour faire bref). Cette tête qui fait - parfois mais pas toujours - dire au corps qu'il a mal. (D’où la nécessité d’une pratique assidue pour "soigner" la tête et en arriver au confort.) <br /> Concernant la particularité physiologique de padmasana, je  pense qu’elle résiderait peut-être dans le fait que lorsque les genoux sont bien plaqués au sol et que le corps repose sur le triangle constitué par ceux-ci et le périnée, la colonne est automatiquement droite et on a alors l’exquise sensation de s’adosser au vide. Et on peut maintenir cette posture parfaitement moyennant une vigilance (sinon les genoux décollent dès que l’on s’adosse « trop ») qui a beaucoup de vertus car elle préserve du rêve et d’autres pensées et permet de rester totalement présent à la réalité de l’instant de son corps ainsi disposé. On peut alors goûter au temps sans avoir la moindre envie de le tuer…<br /> 2) Concernant l’attitude dans la posture. <br /> C’est surtout sur ce point que portait la fulgurance: je me demandais comment concilier la décision de s’asseoir et de rester assis avec une non-volonté d’en faire quelque chose, d’en tirer un quelconque profit, bref comment joindre l’inutile à l’agréable sans se dire que l’on est ridicule (car n’est-il pas en apparence ridicule de faire quelque chose qui ne sert à rien ?). C’est peut-être là que résident toute la beauté et tout l’art de l’assise: à transcender le conditionnement que si l’on est là c’est forcément pour quelque chose. Et comprendre dans la foulée combien ils sont tenaces, ces conditionnements (pour faire bref ici aussi: existence de l’ego, du temps, du désir, dans l’ordre) pour réaliser enfin ce qu’action désintéressée veut peut-être dire, ce qu’être là veut peut-être dire: être là pour rien et strictement pour rien.
C
Je reviens rapidement sur le sujet car la position du lotus ou tout autre posture enseignées majoritairement par des maîtres orientaux ne nous sont pas coutumières et je dirai même qu'elles peuvent représenter un frein dans certains cas. La montée de la Kundalini est possible évidemment, tenir la position du lotus aussi, méditer parfaitement sans aucun doute après des années et des années d'exercices longs, fastidieux, souvent décourageants. j'ai été boudhiste longtemps et j'ai pratiqué, y compris les génuflexions (ce n'est pas le mot qui convient naturellement mais c'est ça) pendant des heures et des heures, ou accroupie au sol pendant des heures et à chaque absence voir même endormissement, un petit coup de baguette pour me rappeler à l'ordre. Globalement, j'ai tendance à dire que cela m'a plus épuisée qu'autre chose car ce n'est pas fondamentalement ma culture pas plus d'ailleurs que l'enseignement en lui-même, même si j'y ai trouvé énormément d'avantages et d'intérêt.<br /> Aujourd'hui je médite en marchant, en me douchant, en dormant même dans certains cas, en buvant mon café etc. et cela fonctionne parfaitement, la vacuité est présente, le vide plein d'un rien qui es tout. Mon approche n'est évidemment par orthodoxe mais elle a le mérite d'être adaptée à qui je suis, occidentale donc, et à fonctionner aussi bien que celles qui sont enseignées par ailleurs. Et je ne me casse pas le dos, les genoux etc. dans des positions qui ne me sont pas habituelles.<br /> Chacun je pense doit trouver ce qui lui convient en dehors de tout enseignement, ce n'est naturellement que mon point de vue, mais Dieu ne se trouve pas à travers un enseignement quelconque, il se trouve par une volonté délibérée et peu importe la méthode.<br /> cat 
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M
Bonsoir Marc,Oui ,la pose du lotus, si elle est d'un maintien naturel, sans affirmation, procède de la montée d'énergie. Ce n'est pas une pose qui est prise mais c'est l'énergie qui la réclame. De plus l'individualité qui prétend se trouve brûlée par le souffle qui monte, un sacrifice au rien, au Soi...pour cela, il ne peut y avoir que personne !
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