méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Vendredi 5 janvier 2007

Il semble que seul ce qui est concevable par le mental puisse être qualifié par lui.
Si c’est le cas, la Réalité Ultime (Brahman) dont devisent Shankara et tous les non-dualistes n’a d’ultime que le nom. Et la toute ultime réalité, celle qui ne sera plus délogée par aucune autre encore plus inconcevable et surprenante qu’elle, n’a pas de nom. Le mental ne peut ni la concevoir ni rien en dire. En parler, c'est ne pas parler d’elle.
Bien avant Shankara, Lao-tseu, lui, parlait de Tao. Il le non-définissait ainsi: le Tao dont on parle n’est pas le Tao...
Déjà alors, le silence aurait suffit.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

Cela qui n'a pas de nom, au-delà de Brahman est Parabrahman...

commentaire n° : 1 posté par : PhÚne (site web) le: 05/01/2007 14:41:47
Soit, mais qu'en est-il de ce qui est inconcevable car au delà de ce qui porte le nom de Parabrahman?
réponse de : Marc (site web) le: 05/01/2007 19:43:43

Oui , on  peut  dire ça...ou ,comme  Aristote, dire : "l'élève devient  l'égal  du  maître,quand il a  compris  que le maître ne sait  rien "!!


est ce un rapprochement  choquant..???


amicalement ,Patrick C.

commentaire n° : 2 posté par : patrick chapiro (site web) le: 05/01/2007 14:52:46
Si le maître est un métaphore dans la bouche d'Aristote, alors il a sans doute raison. De même s'il a pour nom Socrate - et seulement lui - dont la pythie de Delphes avait bien dit qu'il était le plus intelligent des hommes.
Choquant? Seulement pour ceux qui ont peur du vide.
Amicalement, Patrick,
Marc
réponse de : Marc (site web) le: 05/01/2007 19:51:18
La vérité relative ne sera toujours qu'un moyen pour se donner une chance d'atteindre l'absolue. On peut réfléchir sur ce qui est conçut, ou bien réfléchir sur ce qui conçoit, mais ce ne sera toujours que des moyens.

amicalement,
commentaire n° : 3 posté par : genfi (site web) le: 05/01/2007 22:36:50
Parfois le silence provoque le vacarme.
Parfois, une seule phrase amène le calme.
commentaire n° : 4 posté par : jungne (site web) le: 06/01/2007 12:55:56
Le silence lui-même serait tonnerre; et l'ignorance, illumination.
réponse de : Marc (site web) le: 10/01/2007 19:51:15
Les paroles qui défient  l'omerta apaisent le silence .
commentaire n° : 5 posté par : Larma le: 06/01/2007 14:20:33
Comme la lumière ne peut exister sans l'obscurité et le bien sans le mal, peut être que l'inconcevable ne peut exister sans le concevable ?

Charmant blog de méditant pratiquant, ce qui est rare de nos jours. Quelle technique de méditation pratiques tu ?
commentaire n° : 6 posté par : lancelot (site web) le: 10/01/2007 01:42:49
1)  Peut-être, en effet.

2) Revenu de toutes les techniques (qui n'ont pas été inutiles), Lancelot, je revendique un certain dillettantisme en la matière. Pourquoi employer un technique? Y aurait-il quelque chose à atteindre? Méditer, c'est vivre. A-t-on besoin d'un mode d'emploi pour respirer?
réponse de : Marc (site web) le: 10/01/2007 19:46:46

Et la toute ultime réalité n'a pas de nom car elle est innommable, elle est le vide, le rien dans lequel tout se contient !


Cat

commentaire n° : 7 posté par : cat (site web) le: 10/01/2007 20:22:21
Il y a 84'000 façons de pratiquer le bouddhisme (je dis bien: pratiquer). Tu ne peux pas pratiquer sans avoir une base, sans comprendre. C'est pourquoi je me réfère à la technique.

Mais rien ne t'empêche d'avoir une technique à toi.
commentaire n° : 8 posté par : lancelot (site web) le: 10/01/2007 23:09:57
Le Bouddha lui-même pratiquait-il le bouddhisme et si oui, de quelle façon, parmi celles que tu dénombres? Quant à la méditation, se réduit-elle à ce que le Bienheureux en a dit? Il est des contre-vérités dont je ne veux pas me rendre complice, Lancelot, et sur ce blog, il n'est fait de propagande pour aucune chapelle.
Tu pratiques le bouddhisme et c’est très bien, quoi que tu veuilles dire par là, je suis sûr que cela t’est profitable. Quant à « ma » méthode, puisque tu estimes bon que j’en aie une, ce serait à l’extrême limite, la méthode de la non-méthode; et toute la difficulté, en ce qui me concerne, serait alors de ne pas faire de cette non-méthode une méthode, une recette, une technique.
Amicalement,
Marc
réponse de : Marc (site web) le: 11/01/2007 11:39:57
C'est bon, c'est bon ... merci pour ta réponse. Je commence mieux à te comprendre, et ce que tu me dis rejoins mon ressenti.

Je t'avais dit que je pratique Vipassana mais je ne t'ai pas dit comment je le pratique, ou exactement comment je ne le pratique pas de la façon qu'il faura que je fasse.  :-)
commentaire n° : 9 posté par : lancelot (site web) le: 12/01/2007 01:23:45
Je m'en voulais un peu de ma réponse et j'espérais que tu ne l'aies pas mal prise. Je vois que ce n'est pas le cas et suis heureux de ce que tu écris. N'hésite pas à t'exprimer ici, tu es vraiment le bienvenu.
réponse de : Marc (site web) le: 12/01/2007 11:53:49

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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