Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

rébellion

Gratifiez n’importe qui d’un « Salut! Alors? La vie est belle? » et vous aurez rarement droit à un oui franc et massif. C’est comme si nous avions appris à nous méfier du bonheur, à nous considérer comme n’en étant pas dignes.
Cela dit, il faut bien admettre - que cela soit facile ou non - que le sort des vivants n’est pas drôle : accidents, maladie, souffrance (et pour les organismes évolués, cela va bien plus loin que le corporel), vieillesse, mort, voilà notre lot. Le Bouddha avait fait cette terrible découverte dès sa première échappée du cocon familial et nous, nous le constatons également, surtout si nous avons atteint l’âge où « le génie de l’espèce à l’œuvre dans la sexualité* » fait un peu moins de nous des membres d’espèce (soucieuse de sa perpétuation) et un peu plus des individualités (ces humains quelque peu déconditionnés).
Ibsen disait que « chercher le bonheur dans cette vie, c'est là le véritable esprit de rébellion. »
Ne pas se résigner, se rebeller même, n’est ce pas au fond ce que fait celui qui s’assied et réfléchit?

 

 


 

* : Délicieuse formule schopenhauerienne

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article
C
s'assoir au fond d'un siège pour réfléchir et se rebeller, ce serait bien un truc qui dérange ça dans le fond! s'assoir pour se fusiller les derniers neurones qui restent devant le programme télé, là d'accord! mais réfléchir...;-)
Répondre
C
Vous méditez, je rêve.Nous allons bien.Et dans les pas d'Ibsen, semons la rébellion.Je trouve vos propos très justes, monsieur Marc.
Répondre
J
Tu cites schopenhauer. Chez les nihilistes, le bien et le mal, le bonheur et le malheur sont intimement mêlés. L'un ne va pas sans l'autre.
Répondre
M
Voici comment on passe du bonheur au malheur, selon lui:« Quel abîme entre le commencement et la fin de la vie! Elle commence dans la chaleur et l'enchantement voluptueux; elle s'achève dans la destruction des organes et dans l'odeur de pourriture des cadavres. Le chemin qui mène de l'un à l'autre est un déclin sous le rapport de notre plaisir et de notre jouissance vitale: l'enfance est bienheureuse, la jeunesse est heureuse, l'âge adulte est pénible, la vieillesse est lamentable.Tout se passe comme si l'existence était une erreur dont les conséquences deviendraient toujours et davantage patentes. »(Schopenhauer. In Le magazine littéraire. Janvier 95, p.53)
D
Se donner le droit de s'aimer simplement voilà un bon début . Bonne journée.
Répondre
M
S’aimer, oui, s’accepter du moins. Comme je l’avais dit dans une réponse à un commentaire en date du 13/10 : Peut-on aimer le monde quand on se déteste soi-même ? Mais attention cependant aux pièges du nombrilisme (new-age ou autres) et de l’auto-satisfaction. « A ce dont un homme se satisfait, on mesure la grandeur de sa perte », disait Hegel.<br /> Merci de ton passage ici et au plaisir de te lire encore...
L
L'humain a une profonde tendance à ne pas accepter ce qu'il traverse.  Opportunité d'évolution pour l'âme. En ce sens, la non-acceptation de sa condition et l'acceptation du courant qui le traverse pour le faire soi est une rebellion. Pas une résignation. De ce qu'il en fait naît sa richesse.<br /> Merci pour tes mots, Petite cerise
Répondre
M
Evolution, oui. De l’âme, cela reste à voir, Petite Cerise. Peut-être est-elle, elle, de tout temps parfaite.