faute de mieux
"ουτε τι των ανθρωπινων αξιον μεγαλης σπουδης"
Rien des choses humaines n'est digne d'un grand empressement.
Platon, République, X, 604
"Passé la trentaine, on ne devrait pas plus s'intéresser aux événements qu'un astronome aux potins."
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
Hervé Kempf est depuis un certain temps déjà une des plumes les plus lucides du journal Le Monde. Il y dénonce régulièrement avec une clarté qui force l’admiration les dérives du capitalisme, capitalisme qu’il juge responsable de la gravissime crise environnementale que nous connaissons.
Je lisais ce matin l’interview qu’il vient d’accorder au journal belge La Libre. C’est sa réponse à la dernière question de Gilles Toussant qui nous intéresse ici et notamment la phase que je me permets de souligner:
Vous dénoncez aussi l'écologie bien-pensante et le mythe de la croissance verte...
La croissance verte, c’est surtout un alibi pour le capitalisme qui voit les nouvelles technologies "vertes" comme un moyen de perpétuer son système qui vise l’enrichissement et l’accumulation de capital par un petit nombre de gens. Cette obsession sur la croissance est le signe que l’on ne veut pas changer les fondamentaux du système. […] Fixons-nous d’abord comme objectif de vivre dans une plus grande sobriété, une plus grande simplicité en ayant davantage de lien social, de temps libre pour méditer, faire de la politique, jardiner... Toutes les activités humaines qui ont un impact écologique faible, mais un contenu humain beaucoup plus fort. […]
L’article est à lire ici: L'impasse du capitalisme.
Ne vous en privez pas.
P.S.: Le billet du 21 septembre 2007 parlait de redécouvertes.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: