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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

leçon

Le 2 juillet de cette année, nous visitions le chef-lieu de l’île de Fehmarn dans la Baltique et dans la rue principale pleine de charme j’ouvris le guidebook sur l’île que nous venions d’acheter. Attablé devant un mug de café bleu nuit, je cherchai ce que l’on disait sur la ville et la rue joliment pavée où j’étais. Je vis une petite photo qui montrait l’hôtel Wisser dans un plan un peu trop large à mon goût. Coïncidence: j’étais assez exactement à l’endroit où la photo avait été prise un autre matin de grand soleil (les photos dans les guides touristiques sont toujours prises des matins comme celui-là). Cherchant comme dans les jeux des sept erreurs de l’enfance ce qui différenciait la photo de la « réalité » je remarquai soudain que les voitures sur le côté droit de la photo étaient les mêmes que celles que je voyais en levant le regard (mêmes modèles, mêmes couleurs, pour les plaques je ne savais dire mais nul doute que… ). Et tout semblait changer sur la photo en même temps que hors le livre. Cette photo retranscrivait (non: retransmettait) donc la réalité d’instant en instant. Elle était la réalité, pas de l’histoire ancienne.
Mais qu’est-ce que la réalité, me demandai-je? N’est-ce pas moi qui la crée? Ou alors ce monde au départ de l’image que je contemple dans le livre, peut-être n’en suis-je que l’impuissant témoin? Témoin de choses terribles ou très heureuses que je vois se passer et que je ne peux influencer, de façon à les atténuer, pour les premières, ou à les encourager, pour les secondes?
J’en étais là, dans mes réflexions profondes, quand une portière s'ouvrit puis se referma et qu'une voiture fit une marche arrière; mais sur la photo elle se rebiffa et n’en fit rien. Le monde revint alors à la normale, ce n’est que l’espace de quelques instants qu’une image m’avait ouvert la porte à un autre champ de perceptions et de questionnements.
Restait la question sur la nature de la réalité qu’en bon (!) méditant* je me gardai bien d’oublier trop vite.




*: Et féru de l'Inde où cette question est éternellement débattue et où le mot réalité est toujours prononcé avec déférence.
P.S.: Ne lisez pas le billet du 17 août de l'année dernière, vous en sortiriez terriblement déprimé: accablement.
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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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céleste 19/08/2009 08:28

Subjective réalité...durant un mois, nous avons voyagé en Inde avec des amis, l'un d'entre eux a eu en permanence des douleurs au ventre, impossible pour lui "d'avaler" la réalité qu'il percevait.et puis un bref séjour à Madurai...j'ai pensé à toiNamaste, Marcji :-)

Marc 21/08/2009 10:55


J'ai aussi pensé à toi, céleste Céleste. Je commençais à me faire du soucis...


Juliette 18/08/2009 19:40

Importante question :"Qu'est-ce que la réalité "?Il y en a -t-il une ou comme l'eau du fleuve, change-t-elle à chaque instant

Marc 21/08/2009 10:53


Est-ce l'eau qui change ou ta conscience de ce que l'eau change qui change?