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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

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De retour de voyage, je trouve un article de Didier Pourquery dans le Monde 2 du 20 juin 2009 (je l’avais acheté sur l’autoroute qui nous amenait dans le Nord puis je l’avais laissé là, au fond de la voiture, trop ravi par ces lumières estivales que j’aime tant). Un article sur la méditation dans une revue de grande diffusion, la chose est assez rare pour être soulignée et rappelée.
L’article s’intitule « Et si nous prenions le temps de méditer » et comme vous ne l’avez peut-être pas lu, le voici pour vous:

Chronique
Et si nous prenions le temps de méditer, par Didier Pourquery
LE MONDE 2 | 19.06.09 | 19h14



Tellement dans l’air de l’époque cette tendance à faire de la méditation une activité avant tout dirigée vers un but (par exemple, le professeur de médecine Kabat-Zinn y voit un « traitement » aux « effets » bénéfiques sur l’organisme), alors que sa beauté réside à mon avis dans son caractère désintéressé (« for the sake of doing it, not for results », disait J. Krishnamurti).
Kabat-Zinn n’est pourtant pas le seul (ni le premier) à voir les choses de cette façon. En 2007, le Dr F. Rosenfeld a sorti un ouvrage intitulé de façon on ne peut plus directe Méditer, c’est se soigner (Les Arènes, Paris, 2007). Et avant lui, vous ferais-je l’injure de vous rappeler des gens comme J.C. Lilly, J. Castermane et J. Vigne que vous avez sans doute lus?
Cette aspect utilitariste de la méditation se retrouve aussi dans quasi toutes les salles occidentales où l’on s’adonne à cette « pratique » - qui, dans cette optique, ne peut plus tellement être considérée comme un art: on est si loin là de l’acte gratuit, de l’art asiatique de ne rien faire d’utile et d’en être heureux.

Pourtant et à tout prendre, je préfère encore cette démarche (et c’est là que je rejoins Didier Pourquery quand il dit qu’avec Kabat-Zinn au moins on est dans la médecine, pas dans un « rituel spiritualiste »), à celle qui consiste, en Occident plus encore qu'en Orient, à récupérer la méditation et à faire croire que ce n’est que dans un cadre étroit et emprisonnant (yoga, zen, vipassana et surtout bouddhisme tibétain*) qu’on peut l’appréhender et la « pratiquer ».

Choisir toujours ce qui libère, pas l’inverse.




*: Un certain ouvrage récemment paru en français relève de la malhonnêteté intellectuelle en faisait croire insidieusement à un lectorat naïf que la méditation, c’est bien entendu à la sauce bouddhiquotibétaine qu’elle a le meilleur goût. Un glissement dangereux et peut-être pas si innocent que cela.
P.S.: Le billet du 16 juillet 2008 parlait de communication.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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