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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

sabotage

Dieu tout puissant, ayant créé ce monde dont la tonalité est manifestement la souffrance (alors que, tout puissant, il était en son pouvoir de lui donner une tonalité moins déplaisante, voire neutre ou pourquoi pas, s'il eût été bon, d'extase), la finalité* de l'humanité serait peut-être alors, hypothèse neuve et découverte ce matin-là de façon fulgurante (lors d'une conversation avec ma femme en fin de petit-déjeuner), de contrecarrer le Créateur et de faire tout (dans notre infiniment modeste mesure, eu égard à sa mesure à Lui) pour rendre le monde bienveillant et vivable**.
(Auquel cas, dit en passant, la méditation trouverait ici sa justification première, supplantant de façon évidente ce que les génuflecteurs de Dieu appellent la prière.)




*: Décidée par Lui ou malgré Lui, encore faudrait-il réfléchir à la plausibilité de cette seconde hypothèse qui donne à l'homme une certaine autonomie, autonomie étrangement revendiquée par les zélateurs de Dieu pour expliquer l'imperfection (seulement en apparence selon eux) de son œuvre.
**: Et cela malgré ce qui n'est pas en notre mesure de modifier: l'impermanence qui caractérise le monde et la finitude de toute existence de ce que l'homme appelle le vivant, y compris de la sienne, deux sérieux handicaps parmi d'autres.
P.S.: S'asseoir en méditation, ce serait... Le billet du 5 février 2008 proposait une réponse: pénétration.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Juliette 12/02/2009 11:57

Mais tu sais bien que Dieu avait d'abord créé le paradis, avec pour simple défense de croquer une pomme, et c'est cette pauvre Eve qui a transformé le monde idillique en monde de souffrance.C'est ce qu'on dit///

Marc 12/02/2009 22:16


Encore une bonne raison pour ignorer l'innommable bouquin qui le prétend.


Francoise -Louise 06/02/2009 12:16

Je suggère encore cette hypothèse : Notre Vie a un sens, une trajectoire, mais si nous arrivons à en imaginer, parfois, le sommet, pour le chemin nous ne le découvrons qu'au fur et à mesure.La souffrance serait alors un signe de piste (repêchage) quand on a raté celui initialement prévu, vraisemblablement plus doux (ce qui n'est pas rare, surtout au début de la rando.)Quand on sait qu'il y a des signes, alors il est nettement plus facile de les voir.

Marc 08/02/2009 16:53


Merci, Françoise-Louise, pour tes propos toujours sages.


marta 05/02/2009 12:02

J'ajoute la mienne (citation) de e.Cioran
Je ne puis comprendre la raison de la souffrance dans le monde ; qu'elle dérive de la bestialité, de l'irrationalité, du démonisme de la vie, en explique la présence, mais n'en fournit pas la justification. Il est donc probable que la souffrance n'en a aucune, de même que l'existence en général. L'existence devrait-elle être ? ou bien a t-elle une raison purement immanente ? L'être n'est-il qu' être ? pourquoi ne pas admettre un triomphe final du non-être ? pourquoi ne pas admettre que l'existence chemine vers le néant et l'être vers le non-être ?

Marc 08/02/2009 16:51


Génial Cioran! De quel ouvrage est-ce extrait?
Merci.


Jean 05/02/2009 09:14

Oui, ce mot d'aujourd'hui est un vrai sabotage .Ce n'est pas sérieux .Vous parlez de méditation...Je me pose des questions sur ce que vous appellez méditation .Déjà , dans votre texte écrit sous le titre " fulgurances " j'étais très étonné : comment pouvez vous parler de fulgurances en méditation alors que le propre de la méditation est le SILENCE , le simple mais si fondamental RESSENTI de la CONSCIENCE .Comment pouvez vous vous poser la questin d'écrire ou de ne pas écrire ces fulgurances ?Le silence du sans forme ne peut être écrit avec des mots .Je ne reviendrai plus sur ce blog .

Marc 05/02/2009 10:35


"Comment pouvez vous vous poser la questin d'écrire ou de ne pas écrire ces fulgurances ?", demandez-vous. Le texte que vous incriminez donne précisément la réponse à cette question:

"La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant
d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à
l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix."

Mais en ce qui vous concerne, je vous propose d'en rester là. Cette précision en bleu que vous ne saurez comprendre est pour ceux qui me lisent, ce qui n'est pas toujours évident, comme c'est le
cas avec le billet de ce matin, un peu dur je l'admets, comme il n'est pas aisé non plus d'entendre des propos comme ceci (cités sans soucis de chronologie et sous réserve d'imperfections de
recopiage), allant quelque peu dans le même sens:

"Hindus and Buddhists share the Christian belief in our essential misery, but their explanation for its causes is quite different. It can be summarized by two terms:
samsara (the cycles of existence) and karma. These two words occupy the same place in indian thought as the creation of man and original skin in christianity. The christian triad: creation,
original skin, redemption. The indian Triad: Samsara, karma, moksha."
(In Light of India. Octavio Paz, Harcourt and Brace Company).

"La seule chose incompréhensible pour notre vision anthropomorphique du bien et du mal, c'est que cette biosphère soit un immense charnier où chaque espèce se nourrit de la souffrance, de la mort
et de la chair d'autres espèces, le plus naturellement du monde.>>
(La vie antérieure, Henri Laborit, p. 262, Grasset)

"Une espèce dont chaque élément souffre, individuellement ou en groupe, sans comprendre que sa souffrance, c'est de lui qu'elle naît, s'épanouit et s'étale à travers le monde. Seule espèce à avoir
établi le meurtre au sein d'elle-même, comme seul moyen d'atteindre un bonheur inaccessible. Une espèce dont on manipule les foules avec des mots d'abord, et quand ceux-ci ne suffisent pas, avec
des armes meurtrières. Une espèce dont chaque élément ne cherche plus à savoir pourquoi il est venu en ce monde, pourquoi les autres y sont aussi, à savoir ce qu'il y fait, pourquoi il agit,
comment il pense et souffre, et qui se contente, s'il s'en préoccupe parfois, d'explications langagières et simplistes, croyant trouver en lui, qui n'est que le pâle reflet des paroles des autres,
les vivants et les morts, la paix du cœur et de la pensée. Même dans ce cas il est rare qu'élément privilégié, à qui une société productiviste a laissé le temps de l'introspection, il accepte de
croire qu'il en peut rien posséder, que tout lui vient des autres, sa classe sociale, ses biens marchands, ses préjugés et ses jugements de valeur que nous avons si souvent évoqués au cours de ces
pages."
(La vie antérieure, Grasset, Henri Laborit, p. 276 et 277)
"L'homme enfanté par la femme est bref de jours et gorgé de tracas."
 (Job, 14, 1-2)

 "Septante ans, c'est parfois la durée de notre vie, quatre-vingts, si elle est vigoureuse, et son agitation n'est que peine et misère; c'est vite passé et nous nous envolons."
(Psaume 90, 10-11)

"Quand nous venons au monde, nous pleurons d'être entrés sur cette grande scène de fous>>.
Shakespeare. Le Roi Lear

"I wish for death every day and night to deliver me from these pains, and then I wish death away, for death would destroy even those pains which are better than nothing. Land and sea, weakness and
decline are great separators, but death is the great divorcer for ever... Is there another Life? Shall I awake and find all this a dream? There must be, We cannot be created for this sort of
suffering."
John Keats (extract from "The Hindu", 20/11/94)

"Mais ne cherchons pas le bonheur absolu là où il ne saurait être: sur cette terre, durement conquise, dans une humanité encore inachevée. Ce bonheur - promis par tous les systèmes philosophiques
comme par tous les régimes politiques qui sont leur projection concrète et qu'aucun n'a tenu - n'est pas à notre portée. L'angoisse fait partie de la condition humaine: le satisfait, l'incurieux ne
cherchent plus. Avec la félicité s'évanouit l'effort qui est le moteur du mouvement évolutif. Notre destin est de vivre dans l'insatisfaction, à la recherche non d'un mieux-être mais d'un
plus-être, parfois entrevu, jamais atteint. Notre souffrance est la rançon du progrès: c'est elle qui nous pousse au dépassement. Seule la mort nous donnera la paix. C'est ainsi qu'elle paraît
désirable."
Le sexe et la mort. Jacques Ruffié. Ed. O. Jacob, p. 329.

"Il m'expliquait que la vie s'est pulvérisée en une infinité d'individus plus ou moins différents les uns des autres pour avoir un nombre de chances également infini de survivre aux infidélités du
milieu. [...] De cette multiplicité des individus résultait, selon lui, la nécessité de la reproduction, c'est-à-dire le passage d'un individu à un autre plus jeune, et il insistait sur le
sacrifice de l'individu à l'espèce qui est toujours secrètement consommé dans l'acte de procréation. Ainsi la sexualité était, disait-il, la présence vivante, menaçante et mortelle de l'espèce même
au sein de l'individu. Procréer, c'est susciter la génération suivante qui innocemment, mais inexorablement, repousse la précédente vers le néant. A peine les parents ont-ils cessé d'être
indispensables qu'ils deviennent importuns. L'enfant envoie ses géniteurs au rebut, aussi naturellement qu'il a accepté d'eux tout ce qu'il pouvait pour pousser. Dès lors il est bien vrai que
l'instinct qui incline les sexes l'un vers l'autre est un instinct de mort. Aussi bien la nature a-t-elle cru devoir cacher son jeu - pourtant transparent. C'est apparemment un plaisir égoïste que
poursuivent les amants, alors même qu'ils marchent dans la voie de l'abnégation la plus folle."
(Vendredi ou les limbes du pacifique, M. Tournier, p. 130 & 131)

"Dans le fond, il n'y a que deux idées qui m'auront vraiment tenu à cœur, deux idées que j'ai retrouvées chez Schopenhauer, Cioran, Thomas Bernhard, mais qui me semblaient déjà belles quand j'avais
quinze ans. La première est que l'un des privilèges de l'homme est de pouvoir mourir à volonté. La seconde est ce privilège non moins exceptionnel de pouvoir s'abstenir de procréer."
R. Jaccard, le Magazine littéraire de juillet-août 90, p. 24

"Dans la meilleure des hypothèses, le monde n'est qu'une vaste collection d'individus s'efforçant de simuler un bonheur qu'ils n'éprouvent pas."
(Samuel Johnson cité par Nucéra. P. 157)

"Après le malheur de naître je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un homme."
(Chateaubriand, Mémoires d'Outre-tombe, placardé à LLN)

"C’est dans les ports et par la suite dans les tavernes, là où tout Grec se sent chez lui que se pose la question même qui résonne au cœur de chaque rébétiko : « la nuit de l’homme finira-t-elle un
jour »" ?
(Courrier des amis de Jacques Lacarrière)

"Viendra-t-il jamais à l'esprit d'une de ces innocentes salopes de se traîner pieds nus dans les siècles pour pardon de ce crime: nous avoir enfantés?"
(Schopenhauer, cité par R. Jaccard, le Magazine littéraire de juillet-août 90, p. 25)

"Ne pas naître est sans contredit la meilleure formule qui soit. Elle n'est malheureusement à la portée de personne."
Cioran cité par Nucéra. De l'inconvénient d'être né, Folio essai,  p. 243.