méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Mercredi 7 mai 2008
L’extase étant (selon d’aucuns) une non-expérience*, les chemins pour y parvenir obéiraient à certaines considérations paradoxales. Ils pourraient être suivis mais en aucun cas suggérés, indiqués ou dirigés.
Au fond, peuvent-ils seulement exister, ces chemins, alors qu’ils impliquent une destination, et qu’ici la destination est une non-destination, l’autre rive de nulle part?
Dans l’absolu, la volonté d’atteindre cette destination serait même inexistante.
Quant au non-but, la non-expérience elle-même, elle ne pourrait être désirée. Par qui le serait-elle?




*: En ce sens qu’elle n’est pas ressentie par un « je ».
P.S.: Le billet du 7 mai 2007 parlait de la plénitude, ce bonheur qui ne serait accessible que par le non-effort (encore lui).
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

Juste une suggestion amicale

Se renseigner sur ce qu'étaient les extases de Sainte Thérèse d'Avila pourrait encore élargir la réflexion.
commentaire n° : 1 posté par : catherine (site web) le: 07/05/2008 18:48:18
Je compte sur toi pour le faire. Personnellement je suis fort réservé. Des termes comme sainteté et canonisation me font fuir; et surtout, tout recours à une figure tutélaire culturellement connotée me paraît susceptible de travestir le discours sur la non-expérience. En Occident, je chercherais plutôt du côté du chamanisme et de ceux que le discours officiel (les Eglises) a bâillonnés.

L’Asie a bien plus de ressources. Le quatrième état de la conscience (turya) y est décrit de façon exhaustive. Quasi scientifique chez un Patanjali, quelque peu lyrique (mais convaincante) chez Ramana Maharshi et Nisargadatta Maharaj, par exemple.
Une bonne évocation se trouve dans The discipline of transcendence  (Vol II) de Rajneesh: le chapitre intitulé Spiritual enlightement en fin de volume, Rajneesh foundation 1978; aussi aux pages 123 et 124  (l’histoire de Xiangyan Zhexian) de La Vision immédiate, de Bernard Faure, Editions Le Mail, 1987, et encore, mais plus modestement, dans mon ouvrage édité chez Dricot en 2000: L’autre Rive de nulle part.

A bientôt.

réponse de : Marc (site web) le: 08/05/2008 10:24:21
le paresseux fournit-il un effort pour ne rien faire ?
 tout ce que je fais avec amour, ne me demande aucun effort
quant à rechercher avec effort le chemin de l'extase ...
      peine perdue !
bonsoir Marc :)
commentaire n° : 2 posté par : Leloire Marie-Claude (site web) le: 08/05/2008 00:00:21

Entièrement d'accord. Sauf que ce que tu dis demande un fort contexte pour éviter les malentendus. Bonjour Marie-Claude..


réponse de : Marc (site web) le: 08/05/2008 10:28:31

tant que " je " médite ..
il dit comment est la présence .

Quand la Présence s'installe
"je " se tait .

et l'idée fait place à l'état

commentaire n° : 3 posté par : Lilou (site web) le: 08/05/2008 07:54:22

Et celui qui respire fait place à la respiration. Et... Et...


réponse de : Marc (site web) le: 08/05/2008 10:30:55
Je suis une spécialiste de Thérèse d'Avila. La canonisation de Thérèse est arrivée bien après ses extases et d'ailleurs, l'eglise catholique a horreur de ces manifestations et ne canonise jamais pour raisons d'extase .L'extase existe dans toutes les spiritualités . Elle est très présente dans le soufisme aussi. j'ai souvent constaté que les manifestations en étaient exactement semblables quelque soit la spiritualité du concerné. Je n'aime pas trop m'encombrer du carcan d'une religion quel quel soit. Je regarde les faits et la personne, peu importe sa religion. Thérèse est allée si loin...
J'aime beaucoup partager sur ces questions...
Bonsoir Marc
commentaire n° : 4 posté par : catherine (site web) le: 08/05/2008 21:53:06
Merci, Catherine. Ces précisions sont intéressantes et je comprends mieux ton premier commentaire aussi. Cette Thérèse m'est sympathique, maintenant.
Grand bonjour.
réponse de : Marc (site web) le: 09/05/2008 10:58:57
Je suppose que l'extase est l'union intuitive directe avec l'essence divine; Je suis infiniment bien seule.
commentaire n° : 5 posté par : Sylvie le: 09/05/2008 16:35:10

S’agissant de non-effort, d’abord mettre le je entre guillemets et puis se rappeler le grand Ramana:

“So long as the ego lasts, effort is necessary. When the ego ceases to exist, actions become spontaneous*.”
(Ramana Maharshi, The Teachings of BSRM in his own words, p. 85)

Plus seule à être seule...

 

 

*: "Aussi longtemps que l’ego est là, l’effort est nécessaire. Quand il cesse d’exister les actions deviennent spontanées."

réponse de : Marc (site web) le: 09/05/2008 21:29:31
très beau site
commentaire n° : 6 posté par : marc (site web) le: 11/05/2008 06:40:21

Grand merci.


réponse de : Marc (site web) le: 13/05/2008 15:22:42

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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