méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Mardi 15 avril 2008
Il y a quelques nuits, j’ai rêvé de Swami Giridjananda*, ce moine solitaire qui m’avait tant donné sur les bords de la Bhagirathi dans l’Himalaya.
Le premier jour, il m’avait dit, embrassant le paysage depuis sa cabane: « Tout est mental ». Et puis, plus tard, lorsque nous fûmes intimes, il m’avait confié que son sadhana** consistait simplement en deux choses : « Observer et comprendre ».
Il y a quelques nuits, enfin, j’ai compris, moi, à quel point cela était important. Tout était là, me suis-je dit, au sortir du sommeil: dans cette évidence philosophique et dans la recherche qui consiste à la couvrir.
Sans jamais avoir prononcé ce mot, Swamiji avait été mon gourou. J’ai dit tant de mal des gourous mais depuis cette récente nuit, plus jamais je ne le ferai. Du moins, de ceux qui le sont sans prétendre l’être et même sans le savoir; et qui vous emplissent pour toute une vie.




*: Tous les détails sur notre rencontre dans l'essai l’autre Rive de nulle part, édité chez Dricot.
**: La pratique spirituelle de chaque jour.
P.S.: Le billet du 15 avril 2007 faisait une déduction volontairement choquante.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

" sans prétendre l'être et même sans le savoir et qui vous emplissent pour toute une vie "
Tant de fois à notre insu , celui qui en nous veut briller parle à notre place .. dans notre soif de comprendre et d'être compris ..lorsqu'il se tait  il ne reste qu'une manière d'écouter la vie sans s'en rendre compte ,
commentaire n° : 1 posté par : Lilou le: 16/04/2008 10:46:33

Je me plaçais ici dans la peau de celui qui écoute l'autre. Or, c'est d'un dialogue intérieur dont je crois que tu parles, toi. Ce que tu dis n'est pas faux du tout, cela dit.


réponse de : Marc (site web) le: 18/04/2008 10:20:24
Je parlais de tout dialogue..qu'il soit intérieur ou extérieur , tout dépend de " qui parle en nous" au  moment où nous nous exprimons.
Chaque fois que nous nous adressons à l'autre ou à nous même nous avons le choix de le faire à partir de celui en nous qui veut briller à notre place ( l'égo ) ou à partir de ce qui en nous manifeste la vie .
Dans le second cas seulement, je crois , nous sommes présents, et c'est justement " sans le savoir et sans prétendre l'être ".
Et je suis bien d'accord avec toi ,cette écoute là" nous emplit pour toute une vie " car elle nous fait entrer directement dans l'expérience de la présence à soi .
La présence à l'autre passe par la présence à soi et se manifeste spontanément .

Merci à toi de me permettre par tes réponses d'ajuster  un peu plus chaque fois mon pas . C'est une manière  pour moi d'affiner , à travers ton regard, l'expression de ma pensée ..
commentaire n° : 2 posté par : Lilou (site web) le: 18/04/2008 14:30:21

Merci, Lilou, pour ces précisions circonstanciées.


réponse de : Marc (site web) le: 22/04/2008 11:22:41

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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