faute de mieux
« ουτε τι των ανθρωπινων αξιον μεγαλης σπουδης »
Rien des choses humaines n'est digne d'un grand empressement.
Platon, République, X, 604
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
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Je me suis fait tagué par mon ami Yog :
"Alors les règles du tag :
* Mettre le lien de la personne qui vous tague
* Mettre les règlements sur votre blog
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées"
Six choses/habitudes/tics non importants sur moi-même :
1) Comme je suis philosophe (c’est sans importance mais je vais me faire prendre : je vais prendre au sérieux ce travail, narcissisme quand tu nous tiens !), je réfléchis sur
tout : Par exemple, cela veut dire quoi "non important" ? Si c’est non important ce que l’on me demande, quelle importance d’en parler ? Ce ne serait pas que l’on nous convierait à dire
des choses sur nous que l’on veut faire passer pour non-importantes ? Bah, on s’en fiche !
2) J’ai bien connu un petit-fils de Gandhi, Ramachandra. Il enseignait la philo à Shantiniketan. En 87, on discutait souvent en se baladant sur les rives de l’Adyar au Sud de Madras (maintenant
Chenaï). Tout le monde s’en fiche !
3) J’ai été un fan de J. Krishnamurti. Jusqu’à ce que je lise le bouquin de Radha Rajagopal Sloss. J’ai alors réalisé que je m’étais bien fait avoir ! Mais on s’en fiche !
4) La seule pièce dans laquelle j’aie jamais joué s’appelait « Blanche Neige et les sept nains ». Je vous laisse deviner quel rôle j’avais (non, ce n’était pas Blanche Neige, d’ailleurs
on s’en fiche).
5) Ricardo est le nom de mon chat. J’aime beaucoup l’accent (et le radicalisme) de Riccardo Petrella. Je n’ai mis qu’un c à mon Ricardo parce qu’il n’a pas d’accent, lui. Mais on s’en fiche,
hein !
6) J’ai mangé du chien aux Philippines, à Luzon. C’était il y a longtemps, du temps où les guérisseurs étaient à la une. Maintenant je tire mes protéines des légumineuses. On s’en fiche! (Sauf
les chiens.)
7) J’ai failli sombrer entre Rodos et Marmaris et entre Sibolga et Telukdalam. Ah, ces bateaux de fortune sur les chemins de traverse du monde ! On s’en fiche encore !
8) Zut, je suis déjà à huit (je m’en fiche). Bon, je passe le flambeau à quelques victimes dont j’aimerais savoir certaines choses, mine de rien, même (et surtout) si elles s’en fichent: Céleste, Eric, Genfi, Joruri, Caillou et tiens tiens, Marie-Claude, elle n’est
jamais d’accord avec moi, Marie-Claude.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: