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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

suppressions

L’écrivain relit sur l’écran son dernier paragraphe. Il le juge mauvais. Delete. L’avant dernier. Mauvais aussi. Delete. Et ainsi de suite. Jusqu’aux premiers mots. Qu’il efface, eux aussi. Jusqu’au fichier. Jusqu’au logiciel. Jusqu’à l’ordinateur. Jusqu’à son siège. Jusqu’à lui.
La méditation, ce serait un peu faire comme ça. Soustraire jusqu’à l’essentiel dont il ne peut être rien dit, écrit, pensé.




P.S.: Le billet du 18 janvier 2007 parlait de rapprochements.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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Dominique Boudou 19/01/2008 21:45

Entièrement d'accord avec ces suppressions, en littérature tout au moins. Ponge déclarait écrire avec une gomme. Au plan humain, poussées à l'extrême, ces suppressions pourraient conduire au suicide, la seule question philosophique qui vaille, selon Camus.

Marc 22/01/2008 11:10

Conforter Ponge: « Qui ne sut se borner, ne sut jamais écrire. » Boileau « Le secret d’ennuyer, c’est de tout dire. » (Voltaire selon le Magazine littéraire de déc. 2005, p. 14) « C'est le défaut de quelques écrivains excellents - les impressions de Quincey sur Londres me suggèrent cette pensée - de s'exprimer trop complètement et avec trop de détails. [...] Composer des phrases qui suggèrent beaucoup plus qu'elles ne disent, qui soient évocatrices, qui ne décrivent pas simplement une impression connue, mais en produisent une nouvelle, des phrases aussi suggestives et durables qu'un aqueduc romain: ciseler de telles phrases, voilà l'art d'écrire. » H. D. Thoreau. Un philosophe dans les bois. Pages de journal, 1837 -1861. Vent d'Ouest. Seghers 1967. P. 99 « La bêtise insiste toujours. » Camus « [...]: l'insistance sans économie - assez bon critère de la mauvaise littérature. « Un moyen d'économiser consiste à "laisser de côté" d'abord tout ce qui est inutile d'après les normes de l'écrivain, ensuite tout ce qui est évident, c-à-d tout ce que le lecteur peut et doit imaginer lui-même. "Plus vous couperez de bons passages, plus vous améliorerez votre bouquin," conseille Hemingway à un jeune écrivain. » p. 320 « [...] les œuvres explicites au message bien net et bien souligné contiennent, prêts à la consommation, tous les éléments que le lecteur devrait fournir. Qu'un art ne laisse rien à l'imagination, c'est un symptôme certain de décadence; la muse dénude son sein flétri comme une catin trop obligeante; il n'y a plus de promesse voilée, plus de mystère, rien à deviner. » p. 323 Ces extraits de "le Cri d'Archimède" d'A. Koestler « The taoïst artist deliberately leaves his work unfinished that the viewer may complete it from his own intuition.” Taoïsm. J. Blofeld. p. 8. Le Monde du 27 janvier 2006 fait part de la disparition de l’écrivain Michèle Desbordes ; et Xavier Houssin en retrace l’existence : « Pour y parvenir [écrire dans la distance. Paradoxe d’un recul qui permet une indicible proximité avec des personnages qu’elle laisse le soin au lecteur d’approcher lui-même.], elle s’impose une épure. « Quand je trouve que c’est trop « beau », trop « bien », expliquait-elle, je casse, j’élimine, je rogne, les mots, les adverbes, les adjectifs, jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus rien. » On est alors emporté dans une compassion sans réserve. Immédiate. C’est saisir l’inaccompli. Y apporter une suite. »

Lung Ta 18/01/2008 21:22

Le méditant bloguedes 0 & des1 plantageLe méditant arrosedes plantes et des légumessécheresseLe méditant gèredes humains, des chosesamnésieLe méditant parlechante, crie, chuchotteperte de la voixLà où on met du tempsle méditantméditetout le temps ;-)

Marc 22/01/2008 10:51

Joli!

Djangsem 18/01/2008 15:12

Bonjour,Alors là j'aime !Et je pense que, le plus facile à effacer, c'est l'effacement, la continuité dans cet instant d'effacement ; on revient à nos pensées et tout est à recommencer.Chaque jour je me demande pourquoi, pour qui je passe des heures sur mon blog à le remplir, à m'obliger à avoir des idées, à attendre l'intuition venue du plus lumineux de ce qui me compose, moi qui à bien du mal, non pas à accepter mentalement la dés-identification, mais inconsciemment sans aucun doute...N'est-ce pas simplement pour avoir l'impression d'exister, alors que le discourt évoque le contraire ?"Ce qu'il est difficile de rentrer dans le royaume du méditant, dans la non-pensée, la non-action ; mais si par la grâce, ou l'effort de la continuité, nous y parvenons, il est encore plus difficile d'y rester.

Marc 22/01/2008 10:51

Mon billet rejoint la conclusion de l'article de toi que tu m'a donné à lire, Djangsem.

lilou 18/01/2008 13:21

Ah Marc..que ce que tu écris là me passionne !N'est ce pas un peu mon chemin, moi qui un jour me suis retrouvée..effacée .Alors voici ce qu'aujourd'hui tes mots éveillent en  moi comme un questionnement infini ..dont je te remercie.Ce qui peut être effacé avait il une  quelconque raison d'exister?Celui qui efface a t il une quelconque raison de décider ?S'il efface tout que reste t il ?Peut être juste une pensée ..toujours la  même , celle qui depuis le début le pousse à chercher .Tout au bout est il plus Vrai..plus proche de la Vérité ..ou seul avec sa Pensée ?

Marc 22/01/2008 10:48

Première question: Leibnitz l'a posée aussi. Les autres sont encore plus difficiles...

irène 18/01/2008 12:53

je ne sais pas ce qui est le plus facile à effacer pour l'écrivain ou le méditant...

Marc 22/01/2008 10:38

L'écrivain est ici métaphore mais rien en t'empêche d'inverser les rôles.