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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

gribouillis

À ce concert de Lou Reed, je battais la mesure sans penser à rien. Puis je me suis dit: suis-je bien en mesure? Et je ne l’étais plus.
Conclusion: si nous battons la mesure en écoutant de la musique, le seul fait de penser à ce que nous faisons nous met hors rythme.
L’extrapolation faite alors est plus intéressante. Je me suis dit que cette constatation pouvait mener loin. Nous nous mettons en effet très souvent hors mesure, hors harmonie, dès que nous pensons, dès que le « je » entre en scène.
J’étais ravi de ma trouvaille. Ce qui me semblait être une loi, je la griffonnai dans mon carnet avant de m’immerger à nouveau dans le blues. 

À la fin du récital, relisant mon trésor, j’en découvris un autre, une autre loi: nous pouvons apprendre de tout. Dattatreya le yogi n’eut-il pas, lui, vingt-quatre gourous, de la terre mère de l’Inde ancienne au ver de terre?
Bien sûr, d’autres avaient découvert ces deux lois bien avant moi. Dattatreya, par exemple, n’ignorait rien de la seconde.
Mais Dattatreya n’est pas moi. Rien ne vaut l’expérience personnelle de ces choses. Cela, ce yogi le savait aussi.
(Et j’eus à ouvrir mon carnet à nouveau en ce 15 septembre 2000. Cette fois, c’était à la sortie du concert.)
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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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Y
Bonjour Marc,alors peut-on être en mesure et se rendre compte qu'on l'est ? En tant que musicien, je ne peux que répondre par l'affirmative, mais ceci demande un certain travail qui consiste finalement à avoir la capacité à agir, rester centré sur l'acte, tout en devenant observateur conscient de ce qu'on fait. Il est alors possible d'être en mesure et d'avoir conscience de l'être. Mais en ayant conscience de l'être, la conscience de soi peut alors disparaitre. Le musicien absorbé par l'acte musical, perd son identification, il y a absence de soi pour n'être plus que présent à la musique.Pour continuer dans le raisonnement de cette fulgurance, je dirais que le problème surgit non pas lorsqu'on tente de savoir si on est en mesure, mais plutôt lorsqu'on tente d'évaluer, de situer le "je" par rapport à ce qu'on est en train de faire. Le "je" nous déconnecte alors du présent. Peut-être parce que le "je" n'est finalement qu'identification et donc en rapport avec la mémoire et le passé.Amicalement,Yog
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M
Un de ces raisonnements pertinents et fouillés dont tu as le secret. Merci, Yog. (Je ferais peut-être plus la distinction entre travail et expérience - ou habitude...)Amicalement.
L
Si simple..et justement ce simple ne se cherche pas ..il se cueille.Cela me fait penser aux cueilleurs de champignons..il y a ceux qui les trouvent et ceux qui les cherchent.Tous deux désirent la même chose ,renconter des champigonsmais les uns y pensent ,les autres le vivent ..par cette simple différence.. leur capacité à acueillirce qui surgit .
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M
Du blues aux champignons, il n'y a qu'un pas - que tu es capable de franchir.Merci, Lilou.
C
se laisser aller à être en harmonie, ne plus être le "soi" unique mais partie de l'univers, de l'humanité.finalement, je l'ai compris, et parfois ressenti  ressenti, quel repos, quel bien être...tout apprendre de tout, j'en suis convaincue je dis souvent "tout m'intéresse" et comme c'est vrai j'ai fort à faire.c'est une des raisons pour lesquelles j'aime tellement Internet.c'est une mine de découverte, et tes fulgurances sont une des plus belles :-)
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M
Aimer et apprendre: les plus...Baci, Céleste
C
Apprendre de tout et être en mesure sans pour autant être dans le mental ... voilà une belle trouvaille,merci Marccat
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M
Apprendre et aimer: les plus beaux verbes...Hello, Cat.