méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Samedi 17 novembre 2007
L’humain, contrairement aux autres mammifères, peut prendre du recul par rapport à sa pensée.
Un chat qui ronronne ne se rend pas compte qu’il trahit sa bonne disposition d’esprit. Il ne peut penser qu’il donne à penser qu’il est bienveillant. On rétorquera qu’il veut montrer sa bienveillance en ronronnant, ce qui est peut-être parfois le cas, mais pas toujours*; et de toute façon, même si c’était toujours le cas, cela ne changerait rien au fait que l’homme, lui, a la faculté de s’extraire du premier degré de la pensée.
Encore que le sens du ridicule échappe souvent à ce dernier. Pensez aux légions qui se prostituent pour le paraître alors que le bonheur est dans le silence de l’être, et que l’argent qu’elles gagnent à n’importe quel  prix, elles s’en délestent en pure perte.




*: Un doute me vient: de quel droit au fond est-ce que je me permets de parler au nom de Ricardo**?





**: Ricardo, c'est mon chat.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

Je me dis que ce recul par rapport à sa pensée ne pourrait bien n'être dans la plupart des cas qu'une arrière-pensée...
Le chat a cet avantage remarquable qu'il est en adéquation avec ce qu'il éprouve, il ne ment pas. Même si il peut ruser.
C'est donc la question de savoir si tout contenu de la pensée propre à l'homme est INTELLIGENCE...Ou si au contraire, une folie est une folie supérieure quand elle est plus guidée par une intelligence plus sophistiquée.
Les chats ont pour coutume de s'écharper entre eux gaillardement
quand une femelle s'aventure dans le coin aux moments les plus romantiques. Mais les chats n'en font pas pour autant des bombes atomiques ou des bombes à fragmentation...
A croire que la possibilité du meilleur (la pensée) a pour ombre portée celle du pire = la pensée toute entière au service de la connerie  ;)))
commentaire n° : 1 posté par : joruri (site web) le: 17/11/2007 15:22:05
je reviendrai méditer ICI -

un jour en pleine périodes gros pb avec mon fils adopté en polynésie, le psy me dit : "prenez du recul"
euh...
- pensez-y comme si cela arrivait à votre voisin, pour mieux y penser ;

ça ne m'a pas vraiment aidée !!!
commentaire n° : 2 posté par : Melly (site web) le: 17/11/2007 19:47:24
C'est en observant mon chat en train de ronronner que j'ai compris qu'il était plus présent que moi qui cherchais à l'être..
Peut être justement parce que il ne " pensait pas sa vie " mais ce contentait d'exprimer celle ci.
Depuis je suis son exemple ..de mon  mieux .
commentaire n° : 3 posté par : lilou le: 17/11/2007 20:57:25
"le bonheur est dans le silence de l'être"
et pas dans la possession, entièrement d'accord

les achats comblent un manque.

ce manque qui troue qui perce qui vide.

le néolibéralisme a conduit là: créer le manque, l'insécurité et ne proposer comme remède que le consumérisme.
pas la méditation, pas la prise de conscience, pas la création

non, l'achat compulsif.

je suis consternée par la  bêtise sous-jacente à ce système.
Un individu aussi méprisable et nuisible que l'être humain est certainement condamné à disparaitre
commentaire n° : 4 posté par : céleste (site web) le: 18/11/2007 18:59:17
nous aurions tort de croire que les chats ignorent la pensée ! Ils savent nos gestes pour nous épier, nous connaissent si bien qu'ils usent de nous sans vergogne, s'ils ronronnent parfois c'est pour mieux nous ensorceller ... Comme je les aime !
commentaire n° : 5 posté par : Leloire Marie-Claude (site web) le: 18/11/2007 23:39:38
Merci à vous cinq pour vos commentaires. En comparant félins et humains mon propos était simplement de souligner cette faculté humaine particulière (bien que peu utilisée): s’extraire du premier degré de la pensée et prendre du recul. On pourrait appeler cela méditer, un thème dont ce blog s'éloigne rarement (même quand il rend hommage aux Ricardos).
réponse de : Marc (site web) le: 19/11/2007 11:17:56

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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