Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

non-conformisme

On entend parfois dire que l’Inde déboussole beaucoup de ces Occidentaux qui se retrouvent dans ses ashrams à s’asseoir en silence en sirotant les aubes lentes.
Certes, il faut un brin de folie pour s’abstraire ainsi de nos villes d’Europe ou d’Amérique dont l’agitation est si bonne à vivre. Mais faut-il pour autant parler d’égarement?
 
La réponse se doit sans doute d’être nuancée. Ne faudrait-il pas plus d'indulgence pour ces masochistes qui refusent le bonheur que l’Occident leur offre? Et s’ils sont lâches à nos yeux de battants, pourquoi ne pas le leur pardonner? Les braves que nous sommes ne se doivent-ils pas d’être magnanimes?
Laissons cela et remarquons que le dénigrement de « ces doux rêveurs » qu’hébergent les ashrams du pays du dharma éternel procède peut-être d’une volonté inconsciente d'oublier nos racines. Ceux qui les persiflent sont apparemment bien aidés par l'entreprise de conditionnement de la chrétienté, cette tradition sémitique qui, depuis deux mille ans, voudrait nous faire oublier notre fond « indo-européen ». Ce fond, qui était caractérisé par la primauté qu’il accordait au sacré (les guerriers et les fermiers venaient après les religieux), ne survit plus qu’en Inde*.
Quant à ceux qui, aujourd’hui encore, refusent à l’Inde son statut d’authentique berceau de la contemplation et de la  philosophie (ils préfèrent parler de la misère ou de « l’Inde des castes », c’est plus confortable), ils me paraissent être les victimes de ce lavage de cerveau bimillénaire qui, selon Roger-Pol Droit**, s'est accentué en France depuis le siècle dernier. Ils contribuent à ce qu'on n'y voit pas l'essentiel.




* : Dans de moins en moins de lieux, hélas. L’Inde aussi entre dans la nuit.
** : Auteur de « L’oubli de l’Inde », Ed. Poche, « Biblio-Essais », 1992.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article
L
Tout à fait Marc..C'est bien ainsi que je l'ai compris..et que j'ai tenté de l'exprimer .
Répondre
L
Habitude..Notre regard a souvent l'habitude  de dire non..en pensant décider du oui..Quel que soit le lieu où il se pose...nous n'aurons  alors peut être fait que changer de décor .L'essentiel restera à poser en nous ..pour découvrir qu'il y a du sacré dans le mouvement .
Répondre
M
On ne parle pas de sacré dans les ashrams que je fréquente. On y respire avec le ventre. On bouge.
J
Je ne partage pas le point de vue de cat... :-))C'est séduisant, mais...Comme ça nous emmènerait sûrement un peu loin, et vu l'heure tardive, juste cette idée: Je me demande plus souvent où conduit une chose que plutôt que d'où elle vient.L'adulte que je suis aurait bien de la peine à s'amuser de ce qui l'amusait enfant...Avant l'Inde, il y avait l'animisme, et l'on peut remonter ainsi à perte de vue...Et il y a un point sur lequel je porte une attention continue, c'est la croyance ou non en une conception cyclique de l'univers et de la vie.Cyclique, ou oblique ? Voilà la question la plus lourde de conséquences que je connaisse...
Répondre
M
Nietzsche aurait sans doute été d'accord avec ta conclusion. Il ne connaissait pas de plus bel ashram que la presqu'île de Chasté...
L
très bien dit Cat !
Répondre
M
Cat, Irène, Marie-Claude,Qui parle de nécessité?Rejoindre un ashram n'est pas nécessaire, c'est un luxe, un luxe éhonté.
I
je partage tout à fait le point de vue de cat.
Répondre