méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Mardi 30 octobre 2007

Pour ce devoir de vacances d’automne, considérez d’abord, chers amis, ces réflexions glanées au fil de lectures:

« Un observateur impartial venu d’une planète plus évoluée, et qui d’un coup d’œil considèrerait cette histoire [de l’homo sapiens] de Cro-Magnon à Auschwitz, conclurait sans nul doute que notre espèce est un produit biologique admirable à certains égards, mais dans l’ensemble profondément morbide, et que les conséquences de sa maladie mentale l’emportent de beaucoup sur ses réussites culturelles s’il s’agit d’évaluer ses chances de survie. »
(Arthur Koestler, Janus, Calmann-Lévy, 1979, p.15)

« Dans « Tout change parce que rien ne change », il [J. F. Kahn] bouleverse les idées reçues que nous caressions il n'y a guère encore à propos de la notion de progrès. Il faut dire qu'elle en prend un coup, ces temps-ci. La moindre allusion à des lendemains qui pourraient encore chanter se heurte à l'incrédulité et à l'hilarité générales. Qu'il puisse y avoir un sens à l'histoire laisse sceptique le plus confiant. »
(Jacques De Decker, le Soir du 27/07/1994)

« Par ailleurs, évidemment que dans les années 80, on savait que c’était bien parti pour ne pas s’arranger. Mais il y avait encore des gens qui pouvaient croire le contraire, alors qu’aujourd’hui, il faut être balaise en optimisme pour imaginer que les décennies à venir vont être pimpantes. »
(Interview de Virginie Despentes par Philippe Manche, le Soir du 14 & 15/08/2007)

« A travers une modeste peinture accrochée à côté, où un triste cabot se laisse submerger par la pluie, l’artiste rappelle ce que l’on voudrait oublier: décidément il fait un temps de chien. Un temps à ne pas mettre une utopie dehors. Ce monde qui semble étourdiment s’élancer vers sa fin, Ardouvin sait merveilleusement en cristalliser le dernier souffle ; […] »
(Article du Monde du 27/10/2007 d’Emmanuelle Lequeux sur l’artiste Pierre Ardouvin)

Et vous, qu’ajouteriez-vous à ce florilège? Que pensez-vous du pessimisme de l’époque?

Mais surtout, surtout, pour vous qui n’ignorez pas que tout est mental - « Une chose dont on ne parle pas n'a jamais existé », disait a contrario Oscar Wilde -, le fait que l’on suggère de plus en plus ouvertement qu’est venu le temps de la fin de l’homme, qu’implique-t-il? Les pensées que nous émettons se matérialisent-elles toujours quelque part, comme le pense le poète Julos Beaucarne? Sommes-nous descendus en enfer parce que, comme Rimbaud, nous nous y croyons (et chacun sait que l’on ne sort pas de l’enfer)? Et que penser de l’observation d’Eliphas Levi  « Nous voudrions faire observer que tout ce qui porte un nom existe; on peut prononcer des paroles en vain, mais ces paroles en elles-mêmes ne sauraient être vaines, et le langage a toujours un sens  » si ce nom prononcé est fin - notre fin, par notre faute?

S’agissant d’un devoir de vacances, vous avez quinze bons jours pour affûter vos réflexions et éclairer notre - dernière ? - lanterne…

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Commentaires

15 jours, il faudra bien ça.
Amitiés
commentaire n° : 1 posté par : juliette (site web) le: 02/11/2007 14:32:43
Compliqué mais essentiel, peut-être un peu effrayant aussi.
Hello, Juliette.
réponse de : Marc (site web) le: 05/11/2007 10:06:37
Ni début, ni fin, nous sommes toujours des passés, inventant un futur qui n'existera que dans des romans d'aventures que nous ne vivrons pas, notre conscience se détruit dans la recherche d'unité, dès que nous pensons, nous divisons le monde et le conduisons à la ruine, nous ne sommes que des naufragés, s'organiser nous pour partager et faire durer nos faibles ressources, pas d'autre issue. Une seule option, l'exorcisme, se libérer de nos possessions...
(Une minute de liberté délirante ... Je n'ai pas profité des 15 jours, quel sens peut-on donner à une telle durée pour considérer l'état du monde ? ;-)
commentaire n° : 2 posté par : Caillou (site web) le: 06/11/2007 13:15:22
Ni début, ni fin, nous sommes toujours des passés, inventant un futur qui n'existera que dans des romans d'aventures que nous ne vivrons pas, notre conscience se détruit dans la recherche d'unité, dès que nous pensons, nous divisons le monde et le conduisons à la ruine, nous ne sommes que des naufragés, s'organiser pour partager et faire durer nos faibles ressources, pas d'autre issue. Une seule option, l'exorcisme, se libérer de nos possessions...
(Une minute de liberté délirante ... Je n'ai pas profité des 15 jours, quel sens peut-on donner à une telle durée pour considérer l'état du monde ? ;-) J'aurais quand même pu relire...
commentaire n° : 3 posté par : Caillou (site web) le: 07/11/2007 09:33:15
il y a un sens à l'histoire , la mémoire ... 
le monde venu de je ne sais où ira avec ou sans moi là où je ne sais pas !
connaître en tant qu'homme sa progression afin d'éviter les écueils, c'est en soi agir de son temps pour créer de la mémoire aux suivants .
Quoi qu'on fasse, on ne pourra jamais empêcher l'évolution, reste aux individus à être ce qu'ils sont en conformité avec eux-mêmes 
ET JOUIR DE LA VIE TANT QU'ILS PEUVENT SANS NUIRE !
commentaire n° : 4 posté par : Leloire Marie-Claude (site web) le: 16/11/2007 23:18:47

« Quid de l’espèce humaine ? », demande Olivier Schmitt (dans le Monde2 du 1er décembre 2007) à Michel Tarrier, auteur d’un ouvrage qu’à mon avis il faut lire : « 2050, Sauve qui peut la Terre!* ». « Une bande de surdoués atteints de crétinisme qui refusent de penser la finitude du monde. Vous imaginez une planète où vivraient 7 milliards de panthères ou de rhinocéros ? Ca n’existe pas dans la nature. Or nous sommes 7 milliards d’hommes sur la Terre et nous vivons dans la croyance de notre immortalité. Notre espèce, prédatrice incommensurable, n’a peut-être plus aucune raison d’être au niveau de la biosphère. »
Ailleurs dans l’article il se déclare très pessimiste quand on lui demande si on est foutus.

* : http://users.skynet.be/jdelacre/2050/unedelecologie.html

Encore un témoignage sur ce pessimisme rampant…

Quant au véritable sujet de ce billet, je viens de trouver ceci en relisant Miller:
"Les hommes, en d’autres mots, qui ont découvert que tout est Esprit, que ce que nous pensons est ce que nous sommes, et que ce que nous avons est ce que nous désirons vraiment. "
(Henry Miller, Virage à 80, Livre de poche, 1978,  p. 84)

Je vous remercie d'avoir participé à ce devoir de vacances.

réponse de : Marc (site web) le: 10/12/2007 15:01:57
En fait, je n'ai laissé qu'une petite trace... et j'ai oublié.
Tout change, mêrme si'il n'y paraît pas
Je rappellerais simplement cette phrase :
Ce n'est jamais la même eau qui coule dans la rivière"...et heureusement, chaque jour est différent, par sa lumière simplement qui doucvement change selon la position du soleil, qui n'est plus le même depuis qu'il est apparu
....
Amitiés
Juliette
commentaire n° : 5 posté par : juliette (site web) le: 10/12/2007 17:14:17
Merci pour ce rappel de Démocrite, Juliette.
Amitiés.
réponse de : Marc (site web) le: 12/12/2007 20:03:04

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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