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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

méprise

Dans le supplément en anglais du Monde du 2 juin, le New York Times nous proposait un article au titre prometteur pour tout méditant: In a Digital Click, The Moment Is Lost Forever.
Je me réjouissais à l’avance de lire un texte (ils sont si rares) qui allait faire l’éloge du moment « non perdu » lorsqu’on s’abstient de le retenir dans une boîte noire, numérique en l’occurrence mais bon, rien n’interdisait à l’auteur d’extrapoler au cerveau humain puisqu’il est, lui aussi, pourvu d’une mémoire.
Hélas, il me fallut déchanter à la lecture. Damon Darlin expliquait en réalité (et pour faire bref) que nombre d’appareils numériques ont de grandes difficultés à immortaliser un sujet en mouvement, le temps de réponse du « Digital Click » étant trop long. Une autre façon, vous en conviendrez, de concevoir ce qu’est un moment perdu, et dans la foulée, un moment tout court, une respiration retenue, un ouf, un simple et merveilleux instant d’une conscience humaine.
Regrettable et surtout futile par rapport à ce qu’on aurait pu tirer d’un tel titre: une apologie (ici encore pour faire bref) de l’instant dégusté sans esprit appropriation, intensément vécu, réel et pour tout dire: éternel autant qu'éphémère.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Maxime 09/06/2007 10:40

Merci d'avoir répondu, Marc... "MEDITER faute de mieux" En te lisant, je me suis dis : et si Marc n'avait pas lu Hermann Hesse, quel tître aurait-il choisi ? Peut-être cela n'a-t-il guère d'importance...(?) --- Je te rejoins dans la réponse que tu as donnée à Marie-Claude. Parallèlement, j'ai pensé le "figé " ne saurait alimenter le "mouvement ".

Marc 12/06/2007 10:52

Sans avoir lu Hesse, quel titre aurais-je choisi?Il faut veiller à mon humble avis 1) à privilégier le second degré, 2) la concision, 3) la pertinence, 4) des mots sans accent. Cela laisse peu de choix; "Maximes", peut-être? ;-)

Leloire Marie-Claude 07/06/2007 22:53

Je date, j'en suis encore à cet appareil photo traditionnel qui fut nouveau un jour je vous l'affirme ! Capable d'un seul mouvement du doigt d'immortaliser l'instant fugace désiré . Et grâce au cliché figé, ma mémoire capte à jamais le moment d'émotion ressenti lors de sa prise !

Marc 08/06/2007 10:45

Changer d'appareil ne change rien: une simple question de technique qui ne vaut même pas un discours. Mais on oubliera encore et toujours ce que l'instant avait de sacré pour avoir voulu le retenir.

céleste 07/06/2007 19:15

"éternel autant qu'éphémère" comme c'est joli!passer chez toi est une pause au milieu d'une série de turbulences (mineures mais persistantes), de désenchantements, de lassitudes;mais les creux des vagues sont inévitables, comme l'océan, la vie a des remous, suffit de savoir nager, ou simplement flotter

Marc 08/06/2007 10:40

Par gros temps c'est alors qu'il faut penser à l'ailleurs. L'Inde t'attend et bientôt les turbulences seront oubliées à l'ombre des cocotiers et parmi les sourires candides de tes amis, là-bas.

Maxime 07/06/2007 11:37

(Ne sachant où écrire ceci...)Bonjour Marc,MEDITER faute de mieux MEDITER faute de dieux  ? C'est un peu comme cela que je ressens cette expression... Lorsque aux subjectivités l'on a cessé de croire... Dans le "faute de ", faut-il y voir une sorte de dépit ?

Marc 08/06/2007 10:33

Bonjour Maxime, Il ne faut pas croire que j'aie été tenté par le second titre que tu suggères. Ma position sur le Dieu ou les Dieux est bien résumée par Rajneesh (je le cite souvent ces jours-ci, mais ne va pas croire que je le mets ainsi sur un quelconque piédestal, c'est le pur hasard des associations de pensées) dans Words from a Man of no Words, Rebel Publishing House, Cologne, p. 65: “When I say God is a fiction, please do not misunderstand me. God is a fiction but godliness is not a fiction; it is a quality. “God” as a person is a fiction - there is no God sitting in heaven creating the world. And do you think a God will create such a mess that you call the world? Then what is left for the Devil?If anybody has created this world, it must be the devil, it cannot be God." D'autre part, nul dépit dans "faute de". Je dois le choix de cette expression à avoir relu Hermann Hesse en juillet dernier, au moment de commencer ce blog. Dans Le Dernier Eté de Klingsor on trouve un dialogue entre deux peintres, Louis et Klingsor. Le premier dit: "- On peint faute de mieux, tout simplement, mon cher."L'expression "faute de mieux" se trouve dans l'original allemand. Elle était donc connue de Hesse. Un bonne raison déjà, à mon sens, moi qui le place si haut...Et comme j'avais envie de parler de la méditation comme de l'art peut-être ultime, comme de la peinture du vide à mains nues...